‏ Matthew 22:16-34

CHAPITRE LXXII. TRIBUT PAYÉ À CÉSAR. – FEMME AUX SEPT MARIS.

140. Saint Matthieu continue ainsi : « Alors les Pharisiens s’en allant se concertèrent pour le surprendre dans ses paroles. Ils envoyèrent donc leurs disciples avec les Hérodiens, disant : Maître, nous savons que vous êtes vrai, que vous enseignez la voie de Dieu dans la vérité, et que vous n’avez égard à qui que ce soit ; car vous ne considérez point la face des hommes. Dites-nous donc ce qui vous en semble : Est-il permis de payer le tribut à César, ou non ? » etc, jusqu’à ces mots : « Et le peuple l’entendant admirait sa doctrine a. » Nous avons ici deux réponses du Seigneur, l’une sur la pièce de monnaie que l’on doit payer à César, l’autre sur la résurrection, à propos de cette femme qui eut pour maris sept frères successivement. Ces deux réponses sont mentionnées eu saint Marc et en saint Luc, et on n’y découvre aucune différence b. En effet, après que les trois Évangélistes ont rapporté la parabole de la vigne louée, et les complots des Juifs à qui cette parabole s’adresse, saint Marc et saint Luc passent sous silence celle des invités aux noces, citée seulement par saint Matthieu, et se retrouvent avec lui pour ces deux histoires, celle du tribut dû à César, et celle de la femme aux sept maris ; c’est chez tous le même ordre, et le passage ne présente aucune difficulté.

CHAPITRE LXXIII. LE DOUBLE PRÉCEPTE.

141. Saint Matthieu dit ensuite : « Mais les Pharisiens, apprenant qu’il avait réduit les Sadducéens au silence, s’assemblèrent, et l’un d’eux, docteur de la Loi, l’interrogea pour le tenter : Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? Jésus lui dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de tout ton esprit. C’est le premier et le plus grand commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. À ces deux commandements : se rattachent toute la Loi et les Prophètes c. » Saint Marc dit ceci dans le même ordre d. Ne soyons pas embarrassés de ce qu’en saint Matthieu celui qui interrogea, le Seigneur voulut le tenter, tandis que saint Marc omet cette circonstance et rapporte même que Jésus-Christ finit par dire à cet homme, qui avait sagement répondu : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Il est bien possible que venant avec l’intention de tenter le Seigneur, il ait été converti par sa réponse. Ou bien ce n’était pas avec une intention coupable qu’il cherchait à le tenter, comme s’il eût voulu surprendre son ennemi ; la prudence même pouvait le porter à connaître de plus en plus celui qu’il ne connaissait point encore. Car ce n’est pas sans raison qu’il est écrit : « Celui qui croit trop facilement est léger de cœur et il y perdra e. »

142. En saint Luc il est question d’un fait semblable, mais ailleurs et bien loin de là f. Est-ce le même fait, en est-ce un autre où le Seigneur rappelle également les deux préceptes de la Loi ?

On ne saurait le décider. Néanmoins il parait plus probable que c’en est un autre, non-seulement parce que ce trait est placé à une grande distance, mais encore parce qu’en saint Luc le scribe répond lui-même à la question du Seigneur et expose dans sa réponse les deux commandements. De plus, quand le Seigneur lui a dit : « Fais cela et tu vivras », pour l’exciter à accomplir ce qu’il avait lui-même reconnu comme le plus important de la Loi, l’évangéliste continue et dit : « Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : Qui est donc mon prochain ? » Et le Seigneur lui fit alors l’histoire de cet homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho et qui tomba entre les mains des voleurs. Il est donc dit que ce dernier chercha à le tenter, qu’il exposa lui-même les deux commandements, et quand le Seigneur voulut l’encourager par ces mots : « Fais cela et tu vivras ; » l’évangéliste ne loue point sa vertu, car il ajoute : « Mais lui, voulant se justifier. » L’autre au contraire, dont il est question an même endroit dans saint Matthieu et dans saint Marc, se montre tellement digne d’éloges que le Seigneur lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Il est donc très-probable que ce n’est point ici le même personnage.
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