Job 17
CHAPITRE XVII. – Exhortations à ses faux amis ; la mort est l’objet de son désir
1. «Defeci agitatus spiritu. » Voici l’ordre de cette phrase : l’esprit en moi s’est éteint : Defeci spiritu; brisé que j’étais parle travail, laboribus concussus. – « Je désire être mis au tombeau, et je ne suis point exaucé ; » afin que la mort soit anéantie par la vie. Nous gémissons sous le poids de ce corps, ne voulant pas en être dépouilles, mais recevoir par-dessus un nouveau vêtement a : c’est-à-dire nous préférons changer plutôt que de mourir ; mais l’homme éprouve en vain ce désir, la mort est pour lui une dette à laquelle le péché l’a condamné. 2. « J’unis la prière au travail, et qu’ai-je fait ? » J’ai fait quelque chose, puisque j’ai été exaucé.« Les étrangers m’ont dépouillé de mes biens. » L’immortalité dont il fut dépouillé est figurée par celui que les voleurs laissèrent à demi-mort. 3. « Quel est-il ? » Celui qui doit me secourir ; il veut parler de notre Seigneur : et il dit : « Quel est-il ? » Car il sera tellement confondu avec les autres hommes, qu’à peine on pourra le reconnaître. « Qu’à ma main il soit attaché », par le lien de la charité ; qu’il me protège et me conduise où il lui plaît. 4. « Vous avez fermé leur cœur à la sagesse ; » vous les avez empêchés de le reconnaître. « C’est pourquoi vous ne les glorifierez point. » Ils ne se sont point humiliés, c’est la cause de leur aveuglement, et ils n’ont pu être exaltés dans l’humilité du Christ. 5. « Une partie a reçu les maux en partage. » Une partie en. Israël a été frappée d’aveuglement b ; c’est.oubien parce qui le regardaient comme mauvais ce que le Christ leur avait annoncé, au point de dire : « Il séduit la multitude c;» ou bien parce que les prophéties, qui prédirent à Israël son aveuglement, ne s’accomplirent point dans tout le peuple, mais seulement en une partie. « Et les yeux de ses enfants se sont obscurcis. » Ceux que les prodiges confondaient, et à qui il fut dit : « Si c’est au nom de Béelzébud que je chasse les démons, au nom de qui vos enfants les chassent-ils d. » 6. « Vous m’avez rendu fameux parmi les nations : » l’homme que vous avez racheté, c’est-à-dire l’Église, dont devaient parler les nations, ou qui devait elle-même leur parler. « Je suis devenu leur fouet ; » ou celui des Gentils qui devaient l’insulter ; ou celui des Juifs qui en parlaient aux Gentils. 7. « La colère obscurcit mes yeux. » Les yeux de l’Église, c’est-à-dire les Apôtres, sont comme obscurcis lorsqu’ils ne sont point compris de ceux qui ont mérité ce châtiment. « Et je suis vivement pressé de toutes parts. » En effet, et Juifs et Gentils, tous ont fait la guerre à l’Église. 8. « Les amis de la vérité ont été stupéfaits ; » ou de ce que les impies ont pu attaquer l’Église, ou de ce qu’ils n’ont point connu l’Évangile. « Mais que, le juste s’élève au-dessus de son ennemi : » s’il succombe pour un temps sous les coups de la persécution, il dominera ensuite les infidèles. 9. « Et que l’homme dont les mains sont pures s’arme de hardiesse », de celle que donne l’espérance pour confesser Jésus-Christ, même dans la persécution. 10. « Car il n’a point en vous trouvé la vérité. » À tous la grâce est nécessaire, non-seulement aux Juifs, mais encore aux autres peuples. 11. « Toutes les fibres de mon âme ont été vivement secouées », parce que je ne dissimule point mes péchés. 12. « Ils ont pris la nuit pour le jour », les impies. C’est pourquoi il est dit : « Malheur à ceux qui appellent mal ce qui est bien, et bien ce qui est mal ; qui changent la lumière en ténèbres, et les ténèbres en lumière e. » 13. « Si je soutiens encore, l’enfer sera ma demeure. » Si je porte le poids de mes péchés, pour ne point les avouer. 14. « J’ai appelé le trépas mon père. » Je ne serai point fils de la vie. Le Seigneur pourtant l’a appelé ainsi. « La pourriture, ma mère et ma sœur. » Entre la mort et la pourriture, il y a l’union d’une étroite parenté. 15. « Quelle est désormais mon espérance ? » Il faut sous-entendre : Si je continue à porter le poids de mes péchés. « Pourrai-je jouir de mes biens d’autrefois ? » du bonheur qui l’a séduit, qui l’a retenu dans son péché, et qui a retardé sa conversion.
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