Leviticus 6
IX. (Ib 6, 6, 10.) Difficultés littérales, touchant un des sacrifices pour le délit. – « Il offrira un bélier sans tache, pris d’entre les brebis, d’un prix, pour son délit. » Ce texte ne doit pas s’entendre en ce sens que la victime était le prix équivalent du péché, mais que le bélier offert devait être d’un prix, c’est-à-dire être acheté. Cette particularité paraît même renfermer, dans le dessein de Dieu, quelque signification mystérieuse ; car il n’a pas déterminé le prix de la victime. S’il l’eût déterminé, on aurait pu traire que son but était d’empêcher qu’on n’offrit un animal de peu de valeur, et d’obliger celui qui l’offrirait saris l’avoir acheté de présenter une victime d’un prix égal. Mais le texte porte non-seulement, pretio, d’un prix, pour signifier que le bélier offert doit être acheté ; mais encore : siclorum sanctorum, du prix des sicles du sanctuaire, car il est dit : « du prix de l’argent des sicles du sanctuaire a », ce qui signifie que le bélier coûtera plusieurs sicles : Dieu ne veut pas d’un bélier qui n’eût valu qu’un sicle. Nous avons expliqué, quand nous l’avons jugé convenable, ce qu’il faut entendre par le sicle sacré. Après avoir dit : « Il offrira au Seigneur le bélier sans tache de son délit, pris parmi les brebis à prix d’argent », l’Écriture ajoute « pour le délit qu’il a commis ; » cela veut dire : il fera son offrande en vue de son délit, pour cet objet-là même. « Et (le prêtre) ôtera l’holocauste que le feu aura, consumé, cet holocauste de dessus l’autel b. » Mais qu’en reste-t-il, s’il est consumé ? Car Dieu donne l’ordre au prêtre d’enlever l’holocauste, après qu’il a brûlé toute la nuit, c’est-à-dire, après que le feu la consume. Que signifie encore l’addition de ces mots : cet holocauste, illam holocaustosim, puisque holocarpoma κάρπωμα et holocaustosis ont la même signification ? Le mot convenable rie serait-il par celui qu’on trouve dans un exemplaire où on lit, non pas : Auferet holocarposim, mais auferet catacarposim? Ainsi portent maintenant les Septante, c’est-à-dire, il enlèvera les restes de l’holocauste livré aux flammes. En appelant holocauste ces restes qui se comprend de cendres et de charbons, l’Écriture appelle du nom de la chose à consumer ce qui demeure après que la victime a été consumée. XI. (Ib 6, 11.) Sur les cendres de l’holocauste. – « Il prendra un autre vêtement, et jettera l’holocauste, holocarpoma, en dehors du camp, « dans un endroit convenable. » Ce que l’Écriture appelle holocarpoma, c’est ce qui a été consumé parle feu : dans l’exemplaire grec précité, nous lisons katakarposis. Au mot holocarpoma quelques interprètes latins ont ajouté : quod concrematum est, qui a été brûlé, et ils ont traduit « Il jettera hors du camp, dans un endroit convenable, l’holocauste qui a été brûlé. » XII. (Ib 6, 12.) Le feu perpétuel. – « Et le feu brûlera toujours sur l’autel, étant pris à celui-là, et ne s’éteindra point », c’est-à-dire, qu’il sera allumé au feu de l’holocauste qui brûlait jusqu’au matin. Dieu ne veut pas que le feu s’éteigne jamais ; et quand l’holocauste a brûlé jusqu’au matin, et qu’on enlève les restes de la victime consumée, il ne faut pas pour cela qu’il s’interrompe ; mais on doit le rallumer au feu de l’holocauste, afin qu’il consume les autres victimes qui seront mises sur l’autel. XIII. (Ib 6, 12, 13.) Encore sur l’holocauste de chaque jour. – Nous lisons ensuite : « Le prêtre fera brûler du bois sur l’autel le matin le matin, et mettra l’holocauste dessus, et il y joindra la graisse de l’hostie pacifique ; et le feu brûlera toujours sur l’autel sans jamais s’éteindre. » Ces mots le matin le matin signifient-ils qu’il ne doit pas se passer un seul jour, saris que l’holocauste et la graisse de l’hostie pacifique soient présentés à l’autel ? Ou bien qu’au jour où on les présente, ils ne doivent jamais être placés sur l’autel que le matin ? Si nous admettons le premier sens, que devait-il arriver dans le cas où personne n’eût apporté d’offrande ? Que les prêtres aient obtenu du public ou fourni eux-mêmes l’holocauste de chaque jour, on plaçait par-dessus cet holocauste, selon l’ordre de Dieu, les victimes qu’il avait commandés d’offrir pour les péchés ; et celui qui offrait des sacrifices pour le péché n’était pas obligé d’offrir l’holocauste sur lequel on mettait les autres, à moins qu’il ne présentât deux tourterelles ou deux petits de colombes : car, en cette circonstance, on était absolument obligé d’offrir l’un pour le péché et l’autre en holocauste c ; la victime, pour le péché, la première, et l’holocauste en dernier lieu. On peut demander ensuite si l’holocauste prescrit pour le matin était le même qui brûlait toute la nuit jusqu’au matin du lendemain ; ou si l’holocauste qui devait, suivant l’Écriture, brûler toute la nuit, était celui du soir, en sorte que Dieu donnant sa loi sur l’holocauste aurait commencé par parler de celui-là il serait extraordinaire, en effet, qu’il n’en dit rien, et ne fit pas connaître l’obligation d’offrir, chaque soir, cette sorte de sacrifice. XIV. (Ib 6, 20.) Sur l’offrande du Grand-Prêtre au jour de sa consécration. – « Le Seigneur parla ensuite à Moïse et lui dit : Voici le don d’Aaron et de ses fils, qu’ils offriront au Seigneur, quel que soit le jour où tu lui donneras l’onction. » Autres sont ces sacrifices, mentionnés dans l’Exode d, et par lesquels les prêtres doivent se sanctifier durant sept jours, avant d’entrer dans l’exercice de leurs fonctions ; autre est celui que mentionne ici l’Écriture, et que le grand-prêtre doit offrir au jour de sa consécration, c’est-à-dire, de son onction. Car tel est le sens de ces paroles : « Quel que soit le jour où tu lui donneras l’onction. » Le texte ne porte pas : « Le jour où tu leur donneras l’onction ; » quoique les prêtres du second ordre dussent aussi la recevoir. Le Seigneur désigne ensuite la matière du sacrifice : « La dixième partie d’un éphide fleur de farine, en sacrifice perpétuel. » On demande comment ce sacrifice durera toujours, s’il est offert par le grand-Prêtre, au jour de son onction ; cela ne signifie-t-il pas que, dans la suite, tous les grands-Prêtres devront offrir le même sacrifice, au jour où l’onction les aura consacrés ? Ce passage néanmoins peut s’entendre encore dans ce sens que la signification, et non la réalité de ce sacrifice, est éternelle. XV. (Ib 6, 20, 21.) ▼▼Correspond au verset 13 dans les bibles moderne
Suite. – « La moitié le matin, et la moitié après midi ; » le grec porte δειλινόν, le soir. « Elle sera préparée dans l’huile, dans la poêle, le prêtre l’offrira détrempée, et par morceaux ; » il s’agit de la fleur de farine. Nous lisons fresa à la fin : ce mot traduit sans doute convenablement l’expression grecque epikta, et se trouve au pluriel neutre. Remarquons en effet, que l’Écriture ne dit pas fresam, comme si ce terme se rapportait à similaginem, aussi bien que conspersam. Ce qu’elle appelle fresa est un sacrifice composé de morceaux. Mais sont-ce ces morceaux qui doivent être réduits en poudre, fresa, ou bien ce mot s’applique-t-il à la poudre très fine de la fleur de farine ? Cela n’est pas clairement indiqué. XVI. (Ib 6, 21, 23.) Continuation. – L’Écriture ajoute : « Sacrifice d’une odeur agréable au Seigneur. Celui de ses fils qui recevra l’onction du sacerdoce à sa place fera la même chose. » Le mot perpétuel » signifiait donc probablement qu’à la mort du grand-Prêtre, quiconque lui succédait, devait accomplir le même rite, au jour de son onction ; c’est pour cela que Dieu dit : « Cette loi est éternelle. » Il est permis néanmoins encore de l’appeler ainsi à cause de sa signification. XVII. (Ib 6, 23.) ▼▼Correspond au verset 13 dans les bibles moderne
Continuation. – Le texte porte encore : « Tout sera consumé ; » il y a dans le grec ἐπιτελεσθήσεται; et plusieurs interprètes ont traduit : « Tout sera mis dessus ; » ce qui désigne nécessairement un holocauste, puisqu’il n’en doit rien rester. Enfin l’Écriture ajoute : « Et tous les sacrifices des prêtres seront des holocaustes, et l’on n’en mangera point. » C’est donc en ce sens qu’il faut prendre ces mots « Tout sera consumé. » XVIII. (Ib 6, 26.) Sur la loi de l’hostie pour le péché. – L’Écriture dit, en parlant du sacrifice pour le péché : « Le prêtre qui offrira l’hostie, la mangera. » Il ne mangera pas la victime, puisqu’elle doit être consumée par le feu, mais ce qui en restera : car il ne s’agit pas ici de l’holocauste, qui doit être brûlé tout entier sur l’autel. Cependant le texte sacré dit plus loin : « Tout ce qui est pour le péché et dont on porte du sang dans le tabernacle du témoignage, afin de prier dans le sanctuaire, ne sera pas mangé, mais brûlé au feu g. » Comment donc est-il donné aux prêtres de manger ce qui reste des sacrifices pour le péché ? Une exception, par conséquent, doit être admise en faveur des sacrifices où l’on touchait du sang de la victime l’autel de l’encens placé.dansle tabernacle du témoignage. Dieu avait en réalité prescrit le même rite, pour le veau que le prêtre devait offrir en expiation de son péché, ou du péché de toute la synagogue ; les chairs qui en restaient devaient être brûlées en dehors du camp h : le texte précité rappelle cette loi en peu de mots.
Copyright information for
FreAug