‏ Genesis 29:30

3. Vous voyez que, là encore, les noces s’accomplissent avec une parfaite convenance. Ne vous troublez pas si vous entendez qu’il reçut l’aînée, puis la cadette, et ne jugez pas ce qui se passait alors par ce qui a lieu aujourd’hui. Alors, en effet, à l’origine du monde, il était toléré d’avoir deux ou trois épouses et même davantage, afin de multiplier le genre humain ; mais maintenant, depuis que, par la grâce de Dieu, il s’est multiplié, la vertu aussi a reçu sa croissance. Le Christ est venu ; il a implanté la vertu parmi les hommes ; il les a faits, en quelque sorte, d’hommes devenir anges, et il a aboli cette ancienne coutume. Voyez-vous maintenant qu’il ne faut pas objecter une coutume ancienne, mais chercher en tout ce qui est salutaire ? Vous le voyez, on abolit une coutume fâcheuse : il n’est plus permis de l’objecter. Ne vous obstinez donc jamais, je vous en conjure, à suivre une coutume, mais cherchez ce qui est salutaire et ne nuit point à vos âmes ; que ce qui est honnête se pratique parmi vous, quand ce ne serait pas la coutume ; et s’il y a quelque chose de funeste, fût-ce un usage, il faut s’en détourner et le fuir.

Et il donna à Jacob Rachel avec Balla pour servante. Vous avez compris cette sublime simplicité de mœurs ? Point de troupeaux d’esclaves : point de codicilles, ni de contrats, point de ces ridicules précautions : si telle chose arrive, si telle chose se produit. Chez nous, avant même d’être unis, ceux qui ne savent pas s’ils vivront seulement jusqu’au soir, se hâtent de consigner par écrit ce qui devra se faire dans un avenir éloigné : si le conjoint meurt sans enfants, s’il meurt ayant des enfants, et autres stipulations semblables. Rien de pareil ici : le père a marié ses filles, en donnant une servante à chacune.

Or dit l’Écriture, Jacob aimait Rachel plus que Lia, et il servit Laban sept années encore. Parce que dès l’abord il l’avait aimée à cause de sa beauté et parce qu’il avait eu de la peine à obtenir l’objet de ses souhaits, il l’aima plus que Lia, car l’Écriture parle de sa beauté qui avait excité l’amour de Jacob. Considérez maintenant ici l’ineffable bonté du souverain Maître, et comment il accomplit peu à peu ce qu’il a promis. Celui qui avait dit : je serai avec toi et te garderai dans tout ton voyage (Gen 28,15), et encore : je l’augmenterai et je te multiplierai, c’est lui qui a gouverné tout cela. Et afin de l’apprendre, écoutez la divine Écriture elle-même, qui nous ledit clairement : Le Seigneur Dieu, voyant que Jacob avait de l’aversion pour Lia, ouvrit son sein, tandis que Rachel demeurait stérile. Lia conçut, et enfanta un fils à Jacob. (31-32) Considérez la sagesse de l’action divine. Parce que l’une attirait par sa beauté l’amour de son époux et que celle qui en était privée paraissait l’objet de son aversion, Dieu rend féconde celle-ci et stérile sa sueur, gouvernant tout par sa bonté, afin que Lia eût quelque consolation, par les enfants qui naissaient d’elle, attirant ainsi l’amour de son mari, et afin que Rachel ne s’élevât pas contre sa sueur, à cause de sa beauté et de ses attraits. Dieu ouvrit son sein. Apprenez de là, mon bien-aimé, que l’Auteur de toutes choses les gouverne toutes ; qu’il donne seul la fécondité, qui ne peut se produire sans le secours d’en haut. L’Écriture dit que Dieu ouvrit son sein, afin que nous sachions que le Maître souverain voulut lui donner la fécondité pour adoucir son chagrin, car c’est lui qui forme l’enfant dans le sein de sa mère, c’est lui qui donne la vie : comme David l’exprime en disant : Vous m’avez accueilli dès le ventre de ma mère. (Psa 139,13) Et considérez comment la divine Écriture vous montre l’Auteur de la nature produisant à la fois deux effets de sa puissance, ouvrant le sein de Lia et tenant fermé celui de Rachel. Car maître de la nature, il fait tout avec bonté.

Lia conçut et enfanta un fils à et elle l’appela Ruben, en disant : Parce que le Seigneur a regardé mon abaissement, mon mari m’aimera désormais. Considérez la reconnaissance de cette femme. Le souverain Maître, dit-elle, a regardé mon abaissement et m’a donné un fils, afin que je puisse être aimée à cause de lui. Et considérez aussi comment ce Dieu bon est jaloux de sa gloire, et comment il est libéral et magnifique, voulant à la fois accroître la race du juste et faire que Lia soit aimée de Jacob plus qu’elle ne l’était. Elle conçut de nouveau et donna un second fils à et dit : le Seigneur a entendu que je ne suis pas aimée et il m’a donné un autre fils, et elle l’appela Siméon. Examinez comment elle rend grâce à Dieu pour chacun de ses enfants et se montre reconnaissante de ses bienfaits le Seigneur, dit-elle, a entendu que je ne suis pas aimée et il m’a donné un autre fils. Et c’est pour cela qu’elle l’appela Siméon.

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