Genesis 48:7
2. Après toutes ces considérations, ne regardons pas comme malheureux ceux qui meurent sur la terre étrangère, n’estimons pas heureux ceux qui finissent leurs jours dans leur maison ; mais plutôt, suivant les paroles de la sainte Écriture, heureux ceux qui ont vécu dans la vertu et meurent dans les mêmes dispositions ; malheureux ceux qui meurent dans le péché ! Car que l’homme vertueux passe dans un monde meilleur pour y recevoir le prix de ses travaux, au contraire l’homme pervers voit commencer aussitôt son supplice, et forcé de rendre compte de ses actions, il est condamné à des souffrances intolérables. Aussi faut-il que nous y réfléchissions, que nous cultivions la vertu, et que nous combattions dans cette vie comme dans une palestre, afin que, une fois le théâtre évacué, nous puissions attacher à notre front la couronne éclatante, et que nous ne soyons pas réduits à d’inutiles repentirs. Tant que dure la lutte, il nous est possible, si nous le voulons, de secouer notre nonchalance, et d’embrasser la vertu, afin que nous puissions obtenir les couronnes qui nous sont réservées. Mais, s’il vous plaît, reprenons la suite de notre discours. Après qu’il eut fait à son fils ces recommandations sur sa sépulture, et que Joseph lui eut répondu : J’accomplirai tes volontés ; Israël lui dit : Jure-le-moi. Et il le jura. Et Israël s’inclina profondément devant le bâton de commandement que portait Joseph. Voyez ce vieillard, ce patriarche, chargé d’années, témoigner en s’inclinant devant Joseph, toute la vénération qu’il a pour lui, et accomplir ainsi la vision. Lorsque Joseph lui eut raconté sa vision, Israël lui dit : Est-ce que ta mère et moi nous viendrons nous prosterner en terre devant toi? Mais peut-être dira-t-on : Comment ce songe s’est-il accompli, puisque sa mère était morte auparavant, et qu’elle ne s’est pas prosternée devant son fils ? La coutume de l’Écriture est toujours de prendre le plus important pour faire entendre le tout. Car l’homme est la tête de la femme : ils seront tous deux, dit l’Écriture, une même chair. (1Co 11,3) Lorsque la tête s’est inclinée, il est évident que le corps tout entier a suivi ce mouvement. Si le père l’a fait, à plus forte raison celle-ci l’eût-elle fait, si et le n’avait pas été ravie à cette terre. Il s’inclina profondément, dit l’Écriture, devant le bâton de commandement que portait son fils. Aussi saint Paul disait-il : C’est par la foi que Jacob mourant bénit chacun des fils de Joseph et qu’il s’inclina profondément devant le bâton de commandement que portait son fils. (Heb 11,21) Voyez-vous qu’il y était poussé par la foi ? Il prévoyait qu’il serait de race royale celui qui devait naître de sort sang. Après qu’il eut confié ses dernières volontés à son fils, Joseph apprit bientôt que son père était malade, qu’il était déjà aux portes de la mort, que sa dernière heure approchait. Il prit alors ses deux fils, et vint vers Jacob. A cette nouvelle, Israël reprit ses forces et s’assit sur sa couche. (XLVIII, 1, 2) Voyez combien l’amour paternel raffermissait ce vieillard, combien l’allégresse de son âme triomphait de là faiblesse de ses membres. Ayant appris l’arrivée de son fils, il s’assit sur sa couche. Dès qu’il le voit, il lui témoigne toute l’affection qu’il a pour lui, et comme il était sur le point de mourir, il rend le courage à ses enfants en leur donnant sa bénédiction, leur laissant ainsi la plus grande des fortunes et une richesse qui ne pourrait jamais être épuisée. Voyez quelles sont ses premières paroles. D’abord il raconte la bienveillance fille Dieu a toujours eue pour lui, puis il donne sa bénédiction à ses fils, et leur dit : Mon Dieu m’est apparu à Luza, dans la terre de Chanaan, il m’a béni et m’a dit : Je te ferai croître et multiplier, je te ferai devenir une assemblée de peuples, et je te donnerai cette terre à toi, et ensuite à ta postérité qui la possédera éternellement. (Id 3, 4) Dieu, dit-il, m’a promis, lorsqu’il m’est apparu à Luza, que ma race se multiplierait à un tel point que des nations sortiraient d’elle ; il m’a promis de me donner celle terre à moi et à ma postérité. Maintenant ces deux fils qui te sont nés en Égypte, sont aussi les miens : Ephraïm et Manassé seront à moi, comme Ruben et Siméon. (Id. 5) Ceux, dit-il, que tu as eus avant mon arrivée, je les compte au nombre de mes enfants ; et ils recevront également ma bénédiction comme ceux qui sont nés de moi. Quant à ceux que tu engendreras dans la suite, ils seront à toi, et ils porteront le nom de leurs frères dans leur héritage. Or, sache que Rachel, ta mère, est morte lorsque j’approchais de Bethléem, et que je l’ai enterrée sur la route de l’hippodrome. En voyant les fils de Joseph, il lui dit : Qui sont ceux-ci ? Ce sont, répondit-il, les enfants que Dieu m’a donnés. Jacob lui dit : Amène-les auprès de moi, afin que je les bénisse. Il les fit approcher de son père. Et il les baisa, et les embrassa. (Id 6-10) Voyez comme ce vieillard se hâte et s’empresse de bénir les fils de Joseph : Il les fit approcher de son père. Et il les baisa et les embrassa, et dit à Joseph : Ainsi je n’ai pas été privé de ta vue, et Dieu m’a montré aussi ta postérité. (11) Dieu, dit-il, dans sa bonté m’a accordé dé grandes faveurs, de plus grandes encore que je n’en espérais, et même que je n’en aurais jamais espéré. Car non seulement je n’ai pas été privé de ta vue, mais même j’ai pu contempler ceux qui sont nés de toi.Joseph les fit retirer d’entre les genoux de son père, et ils se prosternèrent le visage en terre. (Id 12) Voyez comment, dès l’abord, il enseigne à ses enfants à rendre à ce vieillard les honneurs qui lui étaient dus. Ensuite Joseph les fit approcher suivant l’ordre de la naissance, Manassé le premier, puis Ephraïm.
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