1 Corinthians 15:11
- 1. Sur l’égalité parfaite entre Paul et les autres apôtres.
- 2. Discussion sur la résurrection qui est, non pas la mort du péché seulement, mais la destruction de la mort, et la résurrection des corps. – Rapport étroit entre la résurrection des corps et la résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
- 3. Diverses explications sur ta méthode de Paul quand il discute.
- – 4. Sur la parfaite égalité du Père et du Fils.
- 5-7. Pourquoi la dernière victoire est la victoire remportée sur la mort. – Détails sur une sécheresse dont souffrit la ville d’Antioche.
- 8 et 9. Contre l’avarice, contre là haine vindicative, contre la gourmandise eues innombrables malheurs dont elle est la source.
▼La pensée de saint Jean Chrysostome est, d’une manière générale, parfaitement claire ; mais il y a, dans les détails, une certaine confusion par la manière dont le saint Évêque cite, en les modifiant, les paroles analogues du verset 25 et 26.
» Comment donc dit-il ici que c’est le Père ? Et ce n’est pas là seulement ce qui ne se comprend pas, mais c’est que la crainte de Paul est tout à fait étrange ; il se sert d’un correctif, il dit : « Il faut en excepter celui qui lui a assujetti toutes choses », comme s’il y avait des personnes pour s’imaginer que le Père peut être assujetti au Fils. Quoi de plus déraisonnable qu’une pareille imagination ? Cependant l’apôtre en a eu peur. Donc qu’est-ce que cela signifie ? Voyez-vous, ici, les questions se pressent en foule, accordez-moi votre attention soutenue. Il nous est nécessaire avant tout de dire le but ; la pensée de Paul, qui brille partout, et qui va nous donner 1a solution de notre embarras. La pensée de Paul ne sera pas inutile aussi pour la solution. Quelle est donc cette pensée ; et quelle est son habitude ? Il a une manière de parler, quand il ne parle que de la divinité seule ; il en a une autre, quand, il tombe sur le mystère de l’incarnation. En effet, quand il s’attache à la chair, sans s’inquiéter de tout autre ordre d’idées, il n’a que des expressions basses et misérables, parce qu’il s’assure que la chair comporte les paroles qu’il emploie. Voyons donc ici, s’il ne parle que de la divinité seule, ou s’il se joint à ce qu’il dit de Dieu un rapport avec l’incarnation : ou plutôt montrons d’abord les exemples où il a pratiqué la méthode dont je viens de parler. Il écrit aux Philippiens : « Qui ayant la forme et la nature de Dieu n’a point regardé comme un rapt d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, en prenant la forme et la nature de serviteur, en se rendant semblable aux hommes, et étant reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui au-dehors. Il s’est rabaissé lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, et jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a élevé », (Phi 2,6-9) Voyez-vous comment, quand il ne parle que de la divinité, l’apôtre emploie ces grandes expressions : Il a la forme de Dieu ; l’apôtre attribue également tout et au Père, et au Fils ; quand, au contraire, il veut nous montrer Jésus-Christ incarné, il abaisse son discours ? Sans cette distinction, il n’y a entre, les paroles qu’une contradiction choquante. S’il était égal à Dieu, comment Dieu a-t-il pu élever celui qui était son égal ? S’il avait la forme de Dieu, comment Dieu a-t-il pu lui donner son nom ? On ne donne qu’à celui qui n’a pas ce qu’on lui donne ; on ne peut élever que ce qui était au-dessous de la hauteur où on l’élève. Il faudra bien que le Fils ait été dans l’abaissement et dans l’indigence de, quelque chose avant d’avoir été élevé, avant d’avoir reçu le nom ; et mille autres corollaires s’ensuivent, qui sont absurdes. Mais si vous pensez à l’incarnation, vous n’aurez pas tort de tenir ce langage. Appliquez ces observations ici et recevez dans cette pensée les paroles que vous avez entendues. 5. Nous ajouterons encore quelques autres raisons du langage de Paul. En attendant, nous sommes encore forcé de dire que Paul, parlant de la résurrection, traitait d’une chose qui paraissait impossible, et ne rencontrait que l’incrédulité ; Paul écrivait à des Corinthiens, chez qui se trouvaient en grand nombre des philosophes toujours occupés à se moquer de semblables mystères. Ces hommes qui disputaient entre eux pour les autres sujets, étaient du même sentiment, accordaient à l’unanimité, pour rejeter ce dogme, pour décider qu’il n’y a pas de résurrection. Donc l’apôtre combattant pour une vérité à qui l’on refusait d’ajouter foi, et que l’on tournait et ridicule, tant parce que c’était un parti pris que parce que le fait était difficile à croire, l’apôtre ; voulant établir la possibilité du fait ; commence par se fonder sur la résurrection du Christ ; il la démontre, et par les prophètes, et par ceux qui l’ont vue, et par ceux qui l’ont crue, et maître ensuite de sa démonstration par l’absurde, il ne pense plus qu’à établir la résurrection des hommes : « Car si les morts ne ressuscitent point, Jésus-Christ non plus n’est pas ressuscité ». Ensuite, fort des preuves qu’il a entassées sans interruption jusque-là, il argumente d’une autre manière, il appelle Jésus-Christ, prémices, il montre qu’il détruit tout empire, toute domination, toute puissance, et en dernier lieu, la mort. Comment donc la mort sera-t-elle détruite, si elle ne rend pas auparavant les corps qu’elle possédait ? Donc, après de grandes paroles sur le Fils unique qui remet son royaume, c’est-à-dire, qui accomplit lui-même toutes ces choses, qui termine lui-même la guerre par une victoire, et qui soumet tout sous ses pieds, l’apôtre ajoute, pour corriger l’incrédulité du grand nombre : « Car Jésus-Christ doit régner jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds ». Ce n’est pas pour exprimer la fin de la royauté qu’il met ce « jusqu’à ce que », mais pour rendre son discours digne de foi, et préparer la confiance. N’allez pas, dit-il, parce que l’on vous a dit qu’il détruira tout empire, toute domination et toute puissance, craindre le démon et les innombrables phalanges des esprits de l’enfer, et les multitudes des infidèles, et la tyrannie de la mort, et tous les maux ; comme s’il était désormais sans pouvoir ; car, jusqu’à ce qu’il ait fait toutes es choses, il doit régner ; ce qui ne veut pas dire qu’après son règne doit cesser ; mais l’apôtre veut faire entendre que ; bien que cela n’arrive pas présentement, il faut absolument que cela s’accomplisse. En effet la royauté de Jésus-Christ ne se scinde, pas ; elle a sa puissance, sa force, elle persiste jusqu’à ce qu’il ait accompli toutes choses d’une manière parfaite. Cette méthode de l’apôtre, on peut la trouver même dans l’Ancien Testament ; par exemple : « La parole du Seigneur demeure jusqu’à l’éternité » ; et encore : « Vous êtes toujours le même, et vos années ne finiront point ». (Psa 119,89 ; 101, 28) Or ce que dit là le prophète, et les paroles du même genre, quand il annonce des événements qui n’auront lieu que longtemps après, et qui sont tout à fait dans l’avenir, c’est pour bannir la crainte des fidèles dont l’intelligence est plus lourde. Voulez-vous la preuve que « jusque », appliqué à Dieu, et « jusqu’à la fin », ne marquent pas une fin ? Écoutez ce que dit l’Écriture : « Depuis le commencement des siècles, et jusque dans les siècles, vous êtes » (Psa 90,2) ; et encore : « Je suis » (Exo 3,14) ; et : « Jusqu’à ce que vous soyez devenus vieux, je suis ». (Isa 46,4) Et maintenant, si c’est en dernier lieu qu’il parle de là mort, c’est pour que les autres victoires prédisposent l’incrédule à accorder sa foi à ce dernier triomphe. Quand on peut détruire le démon, qui a introduit la mort dans le monde, à bien plus forte raison pourra-t-on détruire son ouvrage. Comme donc il lui a attribué tout – pouvoir, celui de détruire les empires et les dominations, d’exercer une royauté parfaite, je veux dire, de procurer le salut des fidèles, la paix de la terre, l’abolition des péchés (Ce c’est là ce qui fait que la royauté est exercée d’une manière parfaite, et que la mort est détruite) comme de plus, l’apôtre n’a pas dit que c’est le Père qui détruira par son entremise, mais que c’est lui-même qui détruira, que c’est lui-même qui mettra sous ses pieds, comme il n’a fait aucune mention du Père, pour toutes ces raisons Paul a un scrupule : des insensés pourront se figurer, ou que le Fils est plus grand que le Père ; ou que c’est quelque autre principe non-engendré ; par ce motif, avec une circonspection qui met doucement les choses en sûreté, Paul tempère la grandeur des paroles qu’il a fait entendre : « Car Dieu a mis tout sous ses pieds » ; mais maintenant, en attribuant au Père tout ce qui s’accomplit, Paul ne veut pas affaiblir le Fils (comment pourrait-il ravaler sa puissance, après en avoir donné tant de preuves, après lui avoir tout attribué ?) toutes les paroles de l’apôtre vont, comme je l’ai dit, à montrer l’action commune du Père et du Fils dans tout ce qui s’accomplit pour nous. Écoutez ce que dit Paul pour prouver que le Fils se suffit à lui-même pour se soumettre toutes choses : « Qui transformera notre corps dans notre abjection, afin de le rendre conforme à son corps glorieux, par cette vertu efficace par laquelle il peut s’assujettir toutes choses ». (Phi 3, 21) Et ensuite il se sert d’un correctif : « Quand l’Écriture dit que tout lui est assujetti, il est évident qu’il faut en excepter celui qui lui a assujetti toutes choses » ; mais de là encore, on peut tirer une preuve puissante de la gloire du Fils unique. S’il eût été moindre que son Père, de beaucoup inférieur à lui,-Paul n’aurait jamais eu la crainte qu’il montre ici. Les précautions qu’il a prisés, ne sont pas encore suffisantes pour lui ; il y ajoute, il insiste. On pouvait dire Mais si le Père n’est pas assujetti au Fils, cela n’empêche pas que le Fils ne soit plus puissant. Cette pensée inspire à Paul des appréhensions, il repousse cette impiété, et ne croyant pas sa démonstration encore complète, il ajoute surabondamment : « Lors donc que toutes choses auront été assujetties au Fils, alors le Fils sera lui-même assujetti » ; montrant par là la parfaite concorde avec le Père, et que le principe de tous les biens et la première cause, c’est celui quia engendré celui qui est si puissant pour accomplir toutes choses parfaites. 6. Si l’apôtre en a dit plus que son sujet ne le demandait, ne soyez pas surpris : il imite son maître en cela. En effet, Jésus-Christ lui-même voulant montrer la concorde qui l’unit à celui qui l’a engendré, prouver que son avènement n’est qu’un effet de la volonté de son Père, descend dans dès explications mesurées non sur la nécessité de démontrer la concorde, mais sur la faiblesse de ceux auxquels il s’adresse. Il prie son Père uniquement dans cette intention, et il motive sa prière en disant : « Afin qu’ils croient que c’est vous qui m’avez envoyé ». (Jn 11,42). Donc Paul suit cet exemple, et il emploie ici l’abondance des paroles, non de manière à faire imaginer qu’il puisse y avoir un assujettissement par contrainte, loin de nous cette pensée, mais de manière à exterminer victorieusement ces croyances absurdes. Car lorsqu’il veut extirper une erreur, sa parole est toujours surabondante. C’est ainsi qu’en parlant de la femme fidèle et du mari infidèle unis par le mariage, pour prévenir la pensée que la femme est souillée par son commerce et ses rapports avec l’infidèle, il ne se borne pas à dire que la femme n’est pas impure, n’est eu rien atteinte par son union avec l’infidèle, il dit, ce qui est beaucoup plus expressif, qu’elle sanctifie l’infidèle (1Co 7,14) ; ce n’est pas qu’il veuille montrer que le païen, grâce à elle, devient un saint, mais il exagère l’expression pour dissiper la crainte de là femme. De même ici, c’est pour en finir avec une croyance impie qu’il force l’expression. Soupçonner le fils d’impuissance, c’est le comble du dérèglement d’esprit : c’est pour prévenir ce délire, que l’apôtre dit : « Il mettra tous ses ennemis sous ses pieds » oui, mais maintenant il y aurait encore plus d’impiété à croire que le Père est moindre que le Fils. Aussi l’apôtre ruine-t-il cette erreur sacrilège sous une argumentation surabondante. Voyez ce qu’il fait : il ne se contente pas de dire : « Il faut en excepter celui qui lui a assujetti », mais il a bien soin de dire, d’abord : « Il est évident qu’il faut », c’est une manière de confirmer, de corroborer une vérité, quoiqu’elle ne soit nullement contestée. Et pour que vous compreniez bien que c’est là la raison de toute cette argumentation, je vous demanderai s’il y a alors accroissement de sujétion pour le Fils. Absurdité, état indigne de la divinité ! la plus grande sujétion, l’obéissance la plus abaissée qu’il ait fait paraître, c’est tout Dieu qu’il est, de prendre la forme d’un esclave. Quel moyen donc de croire qu’alors il sera assujetti ? Voyez-vous que Paul n’a pas voulu autre chose, en ajoutant cette observation, que dissiper une imagination absurde, et qu’il s’y est pris comme il convenait ? Il est question ici de l’obéissance qui convient au caractère de Fils, au caractère de Dieu, rien d’humain là-dedans, pleine liberté, pleine puissance. Autrement expliquez comment il partage le trône de Dieu ; comment, ainsi que le Père, il ressuscite ceux qu’il lui plaît (Jn 5,21) ; comment tout ce qui est à son Père est à lui, et tout ce qui est à lui est à son Père (Jn 17,10). Voilà qui montre la parfaite égalité de la pleine puissance entre le. Fils et celui qui l’a engendré. Mais que signifie : « Lorsqu’il aura remis son royaume ? » L’Écriture parle de deux royaumes de Dieu : l’un fondé sur l’union intime et familière avec lui ; l’autre, sur la création. Dieu est le roi de tous les peuples, et des Grecs, et des Juifs, et des démons, et de tous les révoltés, cette royauté ressort de la création ; il est le roi des fidèles, de ceux qui se soumettent volontairement à lui, cette royauté ressort de l’union intime et familière. Cette royauté aussi a son empire que reconnaît l’Écriture, car c’est d’elle qu’il est dit dans le second des psaumes « Demandez-moi, et je vous donnerai les nations pour votre héritage » (Psa 2,8) ; c’est d’elle encore que parle Jésus, disant à ses disciples : « Toute puissance m’a été donnée par mon Père ». (Mat 28,18) S’il attribue tout à celui qui l’a engendré, ce n’est pas qu’il soit de lui-même insuffisant, mais il veut montrer qu’il est le Fils, qu’il n’est pas non engendré. Donc cette expression qu’il remet son royaume, signifie qu’il accomplit ce qu’il faut. Mais pourquoi l’apôtre ne dit-il rien du Saint-Esprit ? C’est parce que le sujet présent ne comportait pas une mention du Saint-Esprit, et que l’apôtre n’a pas l’habitude de confondre les questions : Ainsi quand il dit : « Il n’y à qu’un seul Dieu le Père, et qu’un seul Seigneur Jésus » (1Co 8,6), s’il garde le silence sur le Saint-Esprit, ce n’est pas du tout qu’il le croie d’un rang inférieur, mais c’est qu’il n’avait pas sujet d’en parler. Il lui arrive de ne faire mention que du Père, et nous n’irons pas pour Gela rejeter le Fils ; il lui arrive de ne nommer que le Fils et le Saint-Esprit, et nous n’irons pas pour cela dépouiller le Père de sa divinité : Mais maintenant ; que signifie : « Afin que Dieu soit tout en tous ? » Afin que tout dépende de lui. Il ne faut pas s’imaginer qu’il y a deux principes sans principe, qu’il y a division dans la royauté ; car lorsque les ennemis du Fils seront abattus sous ses pieds, comme il ne peut y avoir aucun soulèvement du Fils contre celui qui l’a engendré, comme la perfection de la concorde règne entre eux, alors Dieu sera tout en tous. Maintenant quelques personnes veulent que. Paul ait entendu par là que le vice sera aboli, vu que tous désormais céderont à la volonté de Dieu, sans qu’aucun lui résiste, et commette de mauvaises actions. Et en effet ; il n’y aura plus de péché, d’où il suit évidemment que Dieu sera tout en tous. Mais s’il n’y a pas de résurrection des corps, comment comprendre cette vérité ? Voici que l’ennemi le plus acharné de tout ce qui a vie, la mort, subsisté, ayant mené son œuvre à la fin qu’elle a voulu. – Non pas, réplique-t-on, car il n’y aura plus de pécheurs. – Et qu’importe ? Il n’est pas ici question de la mort de l’âme, mais de celle du corps. Comment donc la mort corporelle est-elle détruite ? Ce qui constitue la victoire, c’est le recouvrement de ce qu’on avait perdu, de ce qu’on s’est vu retenir. Si les corps sont retenus dans la terre, la tyrannie de la mort persiste, puisqu’elle retient ces corps, et que nous n’avons pas d’autres corps où nous puissions la vaincre. Mais s’il arrive ce que dit Paul, et ce, qui certes doit arriver, la victoire sera éclatante pour le Dieu capable de ressusciter ce que la mort retenait, à savoir nos corps. Vaincre l’ennemi, cela veut dire qu’on le dépouille, et non pas qu’on lui laisse tout ce qu’il a pris ; si au contraire personne n’ose dépouiller l’ennemi, comment dire que l’ennemi est vaincu ? 7. C’est une victoire de ce genre que le Christ dit lui-même dans l’Évangile qu’il a remportée : « Quand il aura lié le fort, il pillera sa maison ». (Mat 12,29) Autrement, rien ne montre la victoire. Car, de même que pour l’amour de l’âme, l’affranchissement du péché, par le fait de la mort, ne constitue pas une victoire, car la victoire ne consiste pas à ne rien ajouter à ses maux, mais à briser les fers où les passions retiennent l’âme captive, de même, ici, arrêter la mort faisant des corps sa pâture, ce n’est pas remporter une éclatante victoire ; la victoire, c’est de lui arracher les corps dont elle s’est déjà saisie. Si l’on s’obstine à disputer, à soutenir que les paroles de l’apôtre désignent la mort de l’âme, comment sera-t-il vrai de dire qu’elle est la dernière détruite, puisque, dans chaque baptisé, elle est déjà entièrement détruite ? Si au contraire, vous appliquez ces paroles au corps, elles ont un sens, alors on comprend que la mort est la dernière détruite. Maintenant, si l’on demande pourquoi, traitant de la résurrection, il n’a pas parlé des morts ressuscités au, temps du Seigneur, nous disons que ce n’eût pas été à propos dans un discours sur la résurrection. Montrer des ressuscités qui meurent une seconde fois, ce n’était pas démontrer que la mort finit elle-même par être détruite. S’il dit qu’elle est elle-même détruite la dernière, c’est pour qu’on n’aille pas s’imaginer qu’elle aussi ressuscite. En effet, le vice étant supprimé, à bien plus forte raison la mort cessera. Il ne serait pas raisonnable de croire que la source se dessèche, et que l’eau qui en sort, continue à couler, que la racine meurt et que le fruit se développe. Puis donc qu’au dernier jour, les ennemis de Dieu sont détruits avec la mort, le démon, les mauvais anges, ne nous attristons pas de voir la prospérité des ennemis de Dieu. Car les ennemis du Seigneur, à peine glorifiés, exaltés, tombent en défaillance, et comme la fumée ils se sont évanouis. Dune, quand vous voyez un ennemi de Dieu, riche, entouré de satellites, escorté de flatteurs en foule, ne vous laissez pas abattre, mais gémissez, pleurez, priez Dieu de le rappeler dans, les rangs de ses amis ; plus il fait ses affaires comme ennemi de Dieu, plus il faut verser de larmes sur son malheur. Car il faut toujours pleurer sur les pécheurs, et on ne peut trop pleurer quand ils sont dans l’abondance des richesses, au faîte de la prospérité, comme des malades qui se livrent aux plaisirs de leur ventre et quai s’enivrent. Il y a pourtant des personnes qui, en entendant nos paroles, sont animées de dispositions assez malheureuses, pour gémir amèrement, pour dire : c’est sur moi qu’il faut pleurer ; je ne possède rien. Vous avez bien raison de dire que vous ne possédez rien, non pas parce que vous ne possédez pas ce que ce pécheur possède, mais parce que vous prenez une telle possession pour un bonheur, voilà pourquoi on ne peut trop pleurer sur vous. Si un homme bien portant envie le bonheur d’un malade couché dans un bon lit, il faut dire que cet homme, qui a la santé, est bien plus à plaindre, bien, plus malheureux que l’autre, attendu qu’il n’a aucun sentiment des avantages qui sont en lui. C’est ce qui arrive à propos des pécheurs dont on envie la prospérité ; de là, dans notre vie, toute la confusion, tous les désordres. Des plaintes de ce genre perdent des malheureux en foule, et les livrent au démon, et les rendent plus misérables que ceux que la faim dessèche. Que la cupidité soit plus à plaindre que la mendicité même, parce que c’est un mal rongeur qui travaille l’âme plus douloureusement ; c’est ce que nous allons vous montrer. Une sécheresse autrefois saisit notre ville, à tel point que tous tremblaient, redoutant les derniers malheurs, et suppliaient Dieu de les délivrer de leurs angoisses ; en ces jours, on pouvait voir la parole de Moïse accomplie en réalité, le ciel devenu d’airain (Deu 28,23), et chaque jour, on attendait la plus affreuse des morts. Mais ensuite, grâce à la bonté de Dieu, contre toute espérance, il tomba du ciel une pluie d’une inépuisable abondance : et tous déjà se mettaient en fête comme s’ils venaient de sortir des portes mêmes de la mort. Cependant, au milieu d’une si grande faveur et de la joie qui les transportait tous, un des hommes les plus opulents rôdait triste et morne, frappé au cœur d’un mortel abattement, et pressé des questions qu’on lui adressait pour savoir d’où venait que, dans la joie universelle, il était seul affligé, il ne put pas même contenir dans l’intérieur de son âme son affection malsaine ; surexcité par la tyrannie d’un mal affreux, il ne craignit pas d’exposer la cause de sa tristesse : J’ai, dit-il, par milliers, des mesures de froment, je ne sais plus qu’en faire. Eh bien, vanterons-nous, répondez-moi, le bonheur de celui qui prononçait de telles paroles qui auraient dû le faire lapider ; le bonheur de ce monstre, plus cruel que toutes les bêtes féroces, le bonheur de cet ennemi de tous ? Quo dis-tu, ô homme ? tu t’affliges de ce que tous ne meurent pas, parce que tu y gagnerais de l’argent ! N’as-tu pas entendu ce que dit Salomon. : « Celui qui cache le blé est exécrable au peuple ? » (Pro 11,26), et tu rodes, ennemi déclaré de tout ce qui fait du bien sur la terre, ennemi de la bonté de Dieu qui répand ses largesses sur le monde entier, ami du gain sordide, ou plutôt son esclave ? Cette langue-là ne méritait-elle pas d’être coupée ? n’aurait-on pas dû étouffer ce cœur d’où sortirent de telles paroles ? 8. Voyez-vous comme l’amour de l’or ne permet pas aux hommes de rester des hommes, comme cet amour en fait des monstres, des démons ? Quoi de plus pitoyable que ce riche priant chaque jour pour que la famine arrive, afin qu’il lui arrive, à lui, de l’or ? Les sentiments naturels se changent en leurs contraires, dans l’avare : au lieu de le réjouir, l’abondance des fruits qu’il possède est précisément ce, qui l’afflige ; il gémit de l’infinité même de ses possessions. Pourtant l’abondance dans la possession est nécessairement une cause de joie ; non, voilà précisément pour lui, ce qui fait ses angoisses. Voyez-vous combien j’ai eu raison de dire que les riches ne ressentent pas autant de plaisir des biens présents qu’ils ne s’affligent en pensant à ceux qu’ils n’ont pas encore ? Ce riche qui possédait d’innombrables mesures de froment, était plus chagrin, plus gémissant que celui qui avait faim : celui qui avait le nécessaire, se couronnait de fleurs, sautait de joie, et rendait grâces à Dieu ; au contraire, celui qui possédait tant, se plaignait, se regardait comme perdu. Ce n’est donc pas l’abondance qui procure le plaisir, c’est la sagesse ; et sans la sagesse, quand vous auriez tout en votre possession, vous serez comme privé de tout, et vous vous lamenterez. Cet avare, dont il s’agit maintenant, quand même il aurait tout vendu, et vendu le prix qu’il voulait, tout ce qu’il avait entre ses mains, il se serait encore plaint de n’avoir pu vendre à un prix plus élevé ; et s’il avait pu vendre à un prix plus élevé, il aurait encore voulu vendre, à un prix supérieur ; eût-il vendu de telle sorte qu’une seule mesure lui eût rapporté un monceau d’or, il se serait encore frappé la poitrine avec une morne tristesse parce qu’une demi-mesure ne lui aurait pas rapporté tout autant. Si dès le commencement de sa vente il ne fixe pas un prix si haut, n’en soyez pas surpris. Ceux qui s’enivrent ne sont pas tout de suite embrasés de tous les feux du vin, il faut qu’ils se remplissent d’abord de flots de vin, et c’est alors que le feu devient plus ardent. Voilà pourquoi les avares aussi ont d’autant plus de besoins qu’ils ont plus amassé ; et ce sont ceux qui gagnent le plus, qui se plaignent les plus de manquer. Quant à mes paroles, elles ne sont pas seulement pour ce riche, mais pour chacun de tous ceux que la même maladie travaille, qui font hausser le prix des denrées, et appauvrissent ainsi leur prochain. Il n’y a chez eux aucun sentiment d’amour pour les hommes ; l’amour de l’argent possède leur cœur ; c’est leur avarice qui règle le temps des ventes, le froment et le vin sont vendus, plus tôt par celui-ci, plus tard par celui-là, mais ni les uns, ni les autres ne se soucient de la chose publique ; les uns veulent gagner plus, les autres craignent de perdre, si la marchandise s’avarie. C’est que si un grand nombre d’hommes ne tiennent pas compte de la loi de Dieu, et renferment, et cachent toutes les provisions, Dieu, par ses moyens à lui, veut les amener à la bonté pour les hommes, les forcer à faire par nécessité quelque chose de bien, et il leur inspire la crainte d’un dommage considérable : Dieu ne permet pas que les fruits de la terre se conservent longtemps, afin que les détenteurs, redoutant la corruption de ces fruits, par cette considération au moins, les livrent, bon gré mal gré, aux indigents ; puisqu’ils ne sauraient les garder chez eux. Eh bien, malgré cet avertissement de Dieu, il y a de ces cupidités que cela même ne saurait corriger. Que de gens a-t-on vus qui ont jeté des tonneaux tout entiers, sans – donner seulement une coupe de vin au pauvre ; eux qui n’auraient pas donné une obole aux indigents, ils ont dû répandre sur la terre tout leur vin devenu du vinaigre, et ils ont gâté à la fois leurs tonneaux et leur vin. D’autres n’auraient pas même donné un morceau de pâte à un affamé et ils ont jeté dans le fleuve des charges entières de froment ; et pour n’avoir pas écouté la voix de Dieu qui commande de donner à ceux qui ont besoin ; sur l’ordre de la teigne, ils ont dû, bon gré mal gré, consentir à la destruction, à la perte de tout ce qu’ils avaient chez eux, au milieu des éclats de rire, au milieu des malédictions retombant sur leur tète avec tout ce préjudice. Voilà ce qui se passe ici-bas ; mais ce qui se passe ailleurs, dans l’autre monde, quel discours le dira ? Ici-bas, la teigne ronge le froment et le rend inutile, et ils le jettent dans l’eau des fleuves ; de même ceux qui font ces choses, ceux qui, par cette conduite, se rendent inutiles. Dieu les jette dans le fleuve de feu. La teigne et les vers rongent le froment ; une cruauté qui ne connaît rien des affections de l’homme, ronge pareillement leurs âmes. Et pourquoi ! Parce que tous leurs sentiments sont rivés aux choses présentes, parce qu’ils n’attachent un prix insensé qu’à cette vie, d’où viennent les innombrables chagrins dont ils sont pénétrés. De quelque plaisir qu’on leur parle, tout s’évanouit pour eux devant la terreur de la fin dernière ; ils sont morts sans avoir cessé de vivre. Que ce soit là la condition des infidèles, ne nous en étonnons pas ; mais après la participation à tant de mystères, après tant de sages méditations sur les choses à venir, l’attachement aux choses présentes pourrait-il s’excuser chez les, chrétiens ? D’où vient-il cet attachement aux choses présentes ? De l’attachement à ce qui rend la vie délicate, à ce qui engraisse la chair, à ce qui rompt l’énergie de l’âme, à ce qui l’afflige d’un plus lourd fardeau, à ce qui épaissit ses ténèbres sous une enveloppe plus grossière. Dans l’âme éprise d’une vie molle et délicate, ce qui est le meilleur est asservi ; la partie inférieure fait la loi ; ce qui doit commander est un aveugle, un manchot, un mutilé ; tout se fait et s’exécute par ce qui ne devrait être qu’un subordonné que l’on tient en sa place. Car le grand ouvrier a enchaîné l’âme au corps par des liens nombreux pour prévenir la haine qu’elle pourrait concevoir contre cet étranger. 9. Car si Dieu a commandé d’aimer ses ennemis, le démon est parvenu à persuader à quelques personnes de haïr même leur propre corps. Dire que le corps est l’œuvre du démon, ce n’est pas autre chose que prouver qu’il le faut haïr, ce qui est le comble de la démence. Si c’est l’œuvre du démon, d’où vient cette harmonie parfaite qui le rend de tout point capable de ménager à l’âme la pratique de la sagesse ? Mais, dira-t-on, si le corps est un instrument propre à l’âme, comment se fait-il qu’il aveugle l’âme ? Ce n’est passe corps qui aveugle l’âme, loin de vous, ô hommes, cette pensée ; c’est l’amour de la mollesse. Mais cette mollesse d’où vient que fous la recherchons ? Ce n’est pas parce que nous avons un tores, nullement ; mais c’est parce que nous avons une volonté pervertie. Ce qu’il faut au corps, c’est la nourriture, non la pourriture de la mollesse ; ce qu’il faut au corps, c’est l’aliment, non le dissolvant. Ce n’est pas l’âme seule, c’est, avec l’âme, ce corps qu’un prétend nourrir, qui trouve dans la mollesse une ennemie. Il s’affaiblit au lieu de se fortifier, il s’amollit au lieu de rester ferme ; à la santé succède la maladie ; â la légèreté, la lourdeur ; à la consistance, la consomption ; à la beauté ;. la laideur ; à l’odeur agréable, la puanteur ; à la pureté, la souillure ; au bien-être, la douleur ; à l’utile activité, l’inutile torpeur ; à la fraîcheur, la vétusté ; à l’énergie, le marasme ; à l’agilité, la gaucherie pesante ; il était fort et droit, il boite.. Et maintenant, si le corps était l’ouvre du démon, il ne conviendrait pas davantage qu’il souffrît de ses attaques, je veux dire des atteintes du vice. Mais ni le corps, ni les aliments ne sont les couvres du démon, la seule mollesse en vient. C’est par elle que le démon pervers produit des maux sans nombre ; c’est par là qu’il a perdu tout un peuple. « Ce peuple s’est engraissé », dit l’Écriture, « s’est rempli d’embonpoint, et a regimbé après avoir été tant aimé ». (Deu 32,15) C’est encore par là qu’ont commencé les foudres contre ceux de Sodome. C’est ce que marquait Ezéchiel, en disant : « Voici quelle a été l’iniquité de Sodome : en se voyant rassasiée de pain, dans l’abondance, elle s’est plongée dans les plaisirs déréglés ». (Eze 16,48) Voilà encore pourquoi Paul disait : « La veuve qui se plonge dans les plaisirs déréglés, toute vivante qu’elle est, est morte ». (1Ti 5,6) Pourquoi ? c’est qu’elle promène comme un sépulcre son corps couvert de maux sans nombre. Or si le corps est ainsi perdu, quel sera l’état de l’âme, quel trouble, quels flots, quelle tempête, quel bouleversement ! La voilà donc, n’en doutons pas, inutile pour toutes choses, incapable de dire, incapable d’entendre ; de prendre un parti, de rien faire de ce qui convient ; comme un pilote dont la science est vaincue par la tempête, s’engloutit dans les flots avec le navire, avec tous les passagers, ainsi l’âme, avec le corps, plonge et s’engloutit dans l’affreux abîme où se perdent tous les sentiments. Car Dieu nous a donné notre ventre comme une meule dont la puissance est mesurée, qui doit moudre chaque jour une quantité dont la mesure est déterminée. Si donc on y jette au-delà de la mesure prescrite, ce qui n’a pas subi le travail de la meule, produit la destruction du corps entier. De là les maladies, les défaillances, les altérations funestes ; car l’excès des plaisirs n’engendre pas seulement les maladies, mais substitue la laideur à la beauté. Voyez l’homme dont la respiration ramène à chaque instant des exhalaisons insupportables, dégage les miasmes infects du vin, dont la figure présente une rougeur exagérée ;. voyez l’homme abusant de la toilette qui convient aux femmes, n’ayant plus aucune décence dans la parure ; voyez cette chair flasque ; ces paupières injectées, gonflées de sang, cette obésité, cette surcharge inutile d’un embonpoint énorme, réfléchissez à tout ce qu’il en résulte d’incommodité. J’ai entendu nombre de médecins prétendant que l’abus des voluptés souvenu empêche le développement de la taille. Car le souffle étant embarrassé par la multitude des aliments précipités dans l’intérieur, et n’étant plus employé qu’à aider le travail de la digestion, ce qui devait servir à l’accroissement du corps, se perd dans l’élaboration que rend nécessaire tout ce superflu qu’on entasse. Que dire de ces gouttes, de ces rhumatismes qui se promènent dans toutes les parties du corps, des autres maladies qui en naissent, de toutes les douleurs honteuses ? Non, rien n’est aussi désagréable à voir qu’une femme qui se charge de nourriture. Voilà pourquoi la beauté se rencontre plus souvent chez celles qui souffrent de la pauvreté ; pour elles, ce superflu qui nuit au corps se rejette sans peine ; il n’y a pas là une boue qui s’attache inutilement à leur substance, comme cette fange dont on reçoit, dont on emporte l’éclaboussure Les exercices de chaque jour, les fatigues, les peines, la frugalité, le régime de la pauvreté leur font une bonne constitution, et de là résulte pour elles l’éclat de là beauté. Si vous prétendez objecter que la délicatesse a ses plaisirs, vous trouverez qu’ils ne vont pas plus loin que l’entrée de la gorge ; une fois la langue dépassée, les plaisirs, s’envolent, il n’en reste plus qu’un grand nombre d’inconvénients désagréables. Il ne suffit pas de voir les délicats an moment de la table, voyez-les quand ils se lèvent, suivez-les alors, ce sont des bêtes, ce sont des brutes, ce ne sont plus des hommes. Voyez ces têtes pesantes, ces bâillements, ces bras, ces jambes qui s’allongent, ce corps embarrassé, garrotté de mille liens, à qui il faut le lit, des couvertures, du repos surtout, ce tourbillonnement comme s’il y avait une tempête au milieu des flats ; voilez ces naufragés qui ont besoin de sauvetage, qui ne soupirent plus qu’après l’état où ils se trouvaient avant de se crever le ventre. On dirait des femmes en mal d’enfant à les voir comme ils se portent avec leurs ventres appesantis, sans pouvoir marcher, sans pouvoir regarder, sans pouvoir parler, sans pouvoir rien faire. S’il leur arrive de sommeiller, voilà qu’ils ont des songes extravagants, qu’ils voient des chimères, de folles apparitions partout. Comment parler encore d’un autre délire de ces voluptueux, de là luxure qui les brûle ? Encore une démence qui découle des mêmes sources : comme des étalons que leur chaleur transporte, stimulés par l’aiguillon de l’ivresse, ces libertins se ruent sur tout ce qu’ils rencontrent, et c’est une dégradation, une fureur que les animaux mêmes n’égalent pas ; et ce sont des infamies que la parole ne saurait vouloir raconter. Ils n’ont conscience ni de ce qu’ils supportent, ni de ce qu’ils font. Mais l’homme étranger aux plaisirs, n’est pas sur ce modèle : du port où il est assis, il voit les naufrages, il jouit d’un plaisir pur et qui lui suffit, il mène la vie qui convient à un être libre. Pénétrés de ces vérités, fuyons donc les banquets criminels des hommes livrés à la délicatesse, aux plaisirs déréglés, attachons-nous à la table où règne la frugalité, afin que, dans les bonnes dispositions de l’âme et du corps, nous pratiquions toutes les vertus, et que nous puissions obtenir les biens de la vie future, par la grâce et par la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui appartient, comme au Père, comme au Saint-Esprit, la gloire, la puissance, l’honneur, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. HOMÉLIE XL.
AUTREMENT, QUE FERONT CEUX QUI SONT BAPTISÉS POUR LES MORTS, S’IL EST VRAI QUE LES MORTS NE RESSUSCITENT POINT ? POURQUOI SONT-ILS BAPTISÉS POUR LES MORTS ? (CHAP. 15, VERS. 29, JUSQU’AU VERS. 34)
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