John 8:26
ANALYSE.
- 1. Folie et endurcissement des Juifs.
- 2. Jésus-Christ, parlant aux Juifs, leur montre constamment son union avec Dieu, son Père. – Il les menace. – Quelques-uns croient en lui.
- 3. Pour acquérir le salut, lire les saintes Écritures avec soin et non en passant : en les méditant on apprend, la vraie doctrine et la manière de bien vivre. – Fréquenter l’Église, unir la parole de Dieu ; si d’abord on n’en profite pas, un jour on en profitera. C’est déjà avoir fait quelque progrès que de se reconnaître misérable. – Cérémonies qu’on pratiquait anciennement pour lire la sainte Écriture. – S’appliquer à l’étude de l’Écriture sainte, du moins des saints Évangiles : utilité, fruits qu’on en retire.
▼C. à d. par des sacrifices et vos cérémonies légales.
, alors vous connaîtrez, qu’irrité contre ceux qui ne m’ont point écouté, il prend ma défense et me venge lui-même. C’est comme s’il disait : Si j’étais opposé et contraire à Dieu, il n’aurait pas conçu une si grande colère contre vous. Isaïe le déclare aussi : « Il livrera les impies pour sa sépulture » (Isa 53,9) ; et David : « Il leur parlera alors dans sa colère » (Psa 3,5) ; et le Seigneur lui-même : « Le temps s’approche que votre maison demeurera déserte » (Mat 23,38) ; écoutez de plus la parabole : « Que fera le Seigneur de la vigne à ces vignerons ? « Il fera périr misérablement ces méchants ». (Mat 21,40) Ne remarquez-vous pas que partout il parle de même, attendu qu’ils ne le croyaient point encore ? Que si le Seigneur doit les faire périr, comme véritablement il le fera (car il dit : « Ceux qui ne veulent point m’avoir pour roi, qu’on les amène ici, et qu’on les tue en ma présence). » (Luc 19,27) ; pourquoi cette œuvre, ne se l’attribue-t-il pas à lui-même, mais au Père ? C’est pour s’accommoder à la portée des Juifs, et aussi pour honorer son Père. Voilà pourquoi il n’a point dit : Je laisse votre maison déserte, mais « votre maison demeurera déserte », parlant impersonnellement. Mais, avoir dit : « Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, et tu ne l’as pas voulu » (Luc 13,34) ; et ajouter ensuite : « Elle demeurera » ; c’est montrer assez qu’il est l’auteur de la désolation. Puisque, dit-il, mes bienfaits, ma sollicitude, ne vous ont pas déterminés à croire en moi, les supplices vous feront connaître qui je suis. « Et mon Père est avec moi ». De peur qu’ils ne crussent que cette parole : « Celui qui m’a envoyé », marquait qu’il était moins grand que le Père, il ajoute : « Il est avec moi ». Car l’un de ces termes se rapporte à l’incarnation, l’autre à la divinité. « Et il ne m’a point laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable ». Jésus-Christ descend encore à un langage plus humain, combattant sans relâche ce que disaient les Juifs, qu’il n’était point envoyé de Dieu, qu’il ne gardait pas le sabbat ; il dit : « Je fais toua jours ce qui lui est agréable ». Par où il insinue que là violation du sabbat est agréable au Père. De même, lorsqu’on le menait à la croix, il dit : « Croyez-vous que je ne puisse pas prier mon Père ? » (Mat 26,53) Et toutefois, par cette seule parole : « Qui cherchez-vous ? » (Jn 18,4, 6), il les renversa tous par terre. Pourquoi donc né dit-il pas : Ne, croyez-vous pas que je puisse vous faire périr, quand il l’a prouvé par des faits ? Il se proportionne à leur portée. Car il avait grand soin de montrer qu’il ne faisait rien de contraire à son Père. De même ici il parle à la manière des hommes et dans le même sens qu’il a dit : « Il ne m’a point laissé seul » ; il dit ici : « Je fais ce qui lui est agréable ». « Lorsqu’il disait ces choses, plusieurs crurent en lui (30) ». Lorsque le Sauveur s’est abaissé et qu’il a parlé d’une manière simple et grossière, alors plusieurs ont cru en lui. Après cela, me demanderez-vous encore pourquoi Jésus s’abaisse ainsi à parler d’une manière simple et grossière ? Mais l’évangéliste vous en a manifestement fait connaître la raison par ces paroles : « Lorsqu’il disait ces choses, plusieurs crurent en lui ». Les faits mêmes semblent crier par sa bouche : Ne vous troublez pas, vous qui m’écoutez, si vous entendez des paroles basses et grossières ; des hommes qui, après avoir entendu une si grande et si sublime doctrine, n’ont point été persuadés que celui qui l’enseignait était envoyé du Père, ne pouvaient guère être amenés à la foi par des choses – grossières. Et ceci est la justification de ce que le Sauveur pourra dire dans la suite de bas et de grossier. Les Juifs crurent donc, non pas comme il aurait fallu, mais selon leur portée, grâce à cette simplicité de langage qui charmait et reposait leur esprit. En effet, que leur foi n’était point parfaite, l’évangéliste le fait voir après, en rapportant les outrages qu’ils firent à Jésus-Christ ; et pourtant c’étaient les mêmes Juifs qui avaient cru ; il le déclare ouvertement par ces paroles : « Jésus dit donc aux Juifs qui croyaient en lui : Si vous persévérez dans la créance de ma parole (31) » ; montrant qu’ils n’avaient point encore compris sa doctrine, et que seulement ils écoutaient ce qu’ils disaient ; c’est pourquoi il parle avec plus de force, car il s’était d’abord contenté de dire simplement : « Vous me chercherez » ; mais maintenant il ajoute : « Vous mourrez dans votre péché ». Et il leur fait connaître comment cela arrive : Quand vous serez morts, dit-il, dans votre péché, vous ne pourrez pas me prier, ni me demander grâce. « Ce que je dis dans le monde ». Par ces paroles, il déclare aux Juifs qu’il va passer vers les gentils. Mais comme ils n’avaient pas compris que c’était de son Père qu’il leur avait parlé auparavant, il leur en parla encore ; et l’évangéliste montre la cause pour laquelle le Sauveur s’est servi d’expressions basses et grossières. 3. Si donc nous lisons avec beaucoup de soin et d’attention les saintes Écritures, et non pas légèrement et en passant, nous pourrons acquérir le salut ; si nous les étudions et les méditons assidûment, nous apprendrons la vraie doctrine et la manière de bien vivre. Qu’on soit dur et violent, qu’on ait une âme molle, qu’on soit lâche, qu’autrefois on n’ait nullement profité de cette lecture, maintenant, du moins, on en profitera et on en retirera quelque utilité, fût-elle imperceptible. En effet, si quelqu’un entre dans la boutique d’un parfumeur et s’y arrête un peu, même malgré lui, il sentira bon, il répandra une douce et agréable odeur ; à plus forte raison la répandra-t-il, cette bonne odeur, celui qui fréquente l’Église. Car, comme de la paresse naît la paresse, de même du travail naît la force et la vigueur de l’âme. Encore que vous soyez chargé d’une multitude de péchés, que vous soyez impur, ne vous éloignez pas pour cela de nos saintes assemblées. Et de quoi, direz-vous, me servira-t-il d’y assister, si je ne profite pas de ce qu’on y enseigne ? Ah ! si vous vous reconnaissez pécheur, si vous vous édites misérable, ce n’est point là un petit profit, ce n’est point là une crainte mal placée, ce n’est point là une frayeur inutile : si seulement vous gémissez de ne pratiquer point ce que vous avez entendu, un jour viendra que vous le pratiquerez. Car il est impossible que celui qui s’entretient avec Dieu et l’écoute, n’en retire pas quelque profit. Au moment de prendre le divin livre des Écritures, nous nous recueillons et nous lavons nos mains. Ne voyez-vous pas combien de précautions avant même de commencer cette respectable lecture ? Si nous la continuons avec soin et avec attention, nous en rapporterons de grands fruits. En effet, si cette lecture ne nous inspirait de pieuses dispositions, nous ne nous laverions pas les mains ; les femmes, qui ont la tête découverte, ne la couvriraient pas aussitôt de leur voile, en signe de recueillement intérieur ; les hommes, dont la tête est couverte, ne la découvriraient pas. Voyez-vous que la posture extérieure est un témoignage de la piété qu’on a dans le cœur ? Ensuite, assis pour écouter, on pousse des gémissements, on condamne sa vie passée. Appliquons-nous donc, mon cher auditeur, à la lecture de l’Écriture sainte, du moins lisons avec soin les saints évangiles. A peine aurez-vous ouvert ce livre, que vous y verrez le nom de Jésus-Christ, et que vous l’entendrez parler : « Quant à la naissance de Jésus-Christ, elle arriva de cette sorte : « Marie, sa mère, étant fiancée à Joseph, se trouva grosse, ayant conçu dans son sein » par l’opération « du Saint-Esprit, avant qu’ils eussent été ensemble ». (Mat 1,18) Or, celui qui entend ces paroles est tout à coup épris de l’amour de la virginité, il admire ce merveilleux enfantement, il s’élève au-dessus de la terre, il la quitte. Ce n’est point déjà une chose de médiocre importance, que le Saint-Esprit n’ait pas dédaigné de remplir une vierge de sa grâce, et un ange de lui parler et s’entretenir avec elle ; toutefois ce n’est encore là que ce que l’on voit au commencement. Mais si vous continuez votre lecture jusqu’à la fin, bientôt vous rejetterez toutes les choses du siècle, vous rirez de tout ce qui est terrestre ; si vous êtes riche, vous ne ferez point de cas des richesses, quand vous aurez appris que cette femme d’un charpentier, logée dans une pauvre maison, est la mère du Seigneur ; si vous êtes pauvre, vous ne rougirez point de votre pauvreté, lorsque vous apprendrez que le Créateur du monde n’a point rougi d’habiter une humble chaumière. Si vous méditez ces choses, mon cher frère, vous ne volerez point, vous ne serez point avare, vous n’envahirez pas le bien d’autrui, mais plutôt, vous aimerez la pauvreté et vous mépriserez les richesses ; par là, vous éloignerez de vous toutes sortes de maux et de vices. Et encore, lorsque vous verrez Jésus couché, dans une crèche, vous n’aurez plus envie de donner à votre fils un habit tissu d’or, ni à votre femme un lit orné d’argent ; et, une fois libre de ces vaines préoccupations, vous ne vous livrerez plus à l’avarice et aux rapines qu’elles provoquent. Il vous en reviendra encore bien d’autres avantages que nous ne saurions présentement détailler, mais que connaîtront ceux qui feront cette expérience. C’est pourquoi je vous exhorte, mes frères, à faire emplette des saints livres, à en étudier le sens et à le graver dans votre mémoire. Les Juifs, pour les avoir négligés, reçurent l’ordre de les porter attachés à leurs mains. (Deu. 6) Pour nous, nous ne les portons pas ans nos mains, mais nous les laissons dans nos demeures, au lieu de les graver dans nos cœurs, comme nous le devrions ; car c’est de cette manière, qu’après avoir lavé nos souillures, nous obtiendrons les biens à venir, que je vous souhaite, par la grâce et la bonté de Notre Seigneur Jésus-Christ, par lequel et avec lequel gloire soit au Père et au Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il. HOMÉLIE LIV.
JÉSUS DISAIT DONC AUX JUIFS QUI AVAIENT CRU EN LUI : SI VOUS PERSÉVÉREZ DANS MA DOCTRINE, VOUS SEREZ VÉRITABLEMENT MES DISCIPLES. – ET VOUS CONNAÎTREZ LA VÉRITÉ, ET LA VÉRITÉ VOUS RENDRA LIBRES. (VERS. 31, 32, JUSQU’AU VERS. 47)
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