Philippians 1:24
HOMÉLIE IV.
JE DÉSIRE QUE LES LIENS DE MON CORPS SE BRISENT POUR ÊTRE AVEC JÉSUS-CHRIST. (I, 23)Analyse.
- 1 et 2. Éloge magnifique de saint Paul ; il désire la mort, et accepte par charité la vie, la vie qu’il nous dépeint si dure, et si compromettante pour le salut. Paul comparé au soleil. — Son plus grand bonheur est la joie et la vertu des Philippiens.
- 3. Son vœu, qu’ils soient unis par la charité : un seul cœur, une seule âme. — Son but, qu’ils soient sans peur et se préparent à tous les sacrifices.
- 4 et 5. La charité, c’est l’homme ; c’est presque Dieu, ou tout au moins, c’est l’imitation de sa bonté. — La miséricorde sera notre juge : nous serons traités comme nous aurons traité les autres.
▼Deux leçons contraires se lisent dans les manuscrits, et nous les avons fait soupçonner dans la traduction : « Gardez de m’attendre pour bien agir ; gardez de ne plus vouloir agir, si vous ne me revoyiez plus ».
. Je puis, par ouï-dire, être aussi content de vous. Que veut dire ce terme : « En un seul esprit ? » Il signifie dans la même grâce, grâce de concorde, grâce de ferveur. Entendez ainsi l’unité d’esprit, puisque ces expressions se prennent souvent en ce sens. Avoir le même esprit, c’est aussi n’avoir qu’une âme ; ainsi l’unité d’âme marque la concorde, et plusieurs âmes sont dites n’en faire qu’une. Telle était la primitive Église. « Tous les fidèles », dit l’écrivain sacré, « n’avaient qu’un cœur et qu’une âme ». (Act 4,32) « Combattant tous ensemble pour la foi de l’Évangile ». Puisque la foi subit comme un combat, combattez aussi entre vous ; est-ce là ce qu’il veut dire ? Évidemment non, car les chrétiens ne se livraient point de combats ; le sens est : Aidez-vous mutuellement, dans le combat qui se livre pour la foi de l’Évangile. « Et que vous ne soyez en rien effrayés par les adversaires : ce qui est le sujet de leur perte, et la cause de votre salut ». Effrayés, c’était le mot vrai ; c’est tout ce que peut faire l’homme ennemi : il effraie. — « En rien », ajoute-t-il : quoi qu’il arrive, par conséquent, en face des périls, en présence des complots. À ce courage, on reconnaît l’intrépidité : ils ne peuvent qu’effrayer, rien de plus. — Vraisemblablement, en effet, les Philippiens étaient fort troublés des tribulations infinies que subissait l’apôtre. Je ne vous dis pas seulement : Gardez-vous d’être ébranlés ; j’ajoute, ne tremblez pas ; allez même jusqu’à les mépriser. Si vous arrivez à cette disposition d’âme, vous donnez la preuve évidente et de leur perte et de votre salut. Après s’être convaincus qu’ils auront épuisé mille moyens pour vous perdre, sans pouvoir même vous effrayer, ils auront acquis par là même la preuve évidente de leur ruine. Persécuteurs, en effet, sans pouvoir triompher de leurs victimes ; organisateurs de complots vaincus par ceux mêmes qu’ils tiennent en leur pleine puissance, ne comprendront-ils pas clairement, à cet insuccès, et leur ruine, et leur impuissance, et la fausseté comme la faiblesse de leurs moyens et de leurs croyances ? Il continue : « Et cet avantage vient de Dieu ; car c’est une grâce qu’il vous a faite, non seulement que vous croyez en Jésus-Christ, mais aussi de ce que vous souffrez pour lui (29) ». — Il les rappelle de nouveau à la sainte modestie, rapportant tout à Dieu, et témoignant que souffrir pour Jésus-Christ, c’est une grâce, une faveur, un don du ciel. Et ne rougissez pas de cette grâce ; elle est bien plus admirable que le pouvoir de ressusciter les morts et d’opérer tout autre miracle. Avec ce dernier pouvoir, je suis le débiteur de Jésus-Christ ; mais par la souffrance en son nom, je fais de Jésus-Christ mon débiteur. Donc loin d’en rougir, il faut vous en réjouir : c’est une grâce ! Saint Paul appelle grâces et dons nos vertus elles-mêmes, comme toutes les autres faveurs gratuites, bien qu’il y ait une différence. Ces dernières viennent tout entières de Dieu seul ; dans les autres, nous avons notre part. Mais comme, dans la vertu même, la part de Dieu est la plus grande, il la lui rapporte en entier, non pour renverser notre libre arbitre, mais pour rappeler à ses disciples l’humilité et la reconnaissance. « Vous trouvant dans les mêmes combats où vous m’avez vu… (30) », c’est-à-dire, vous avez reçu l’exemple. Et toutefois, c’est encore un éloge qu’il leur adresse. Car partout il montre qu’en tout semblables à lui, et avec lui, ils subissent mêmes combats, supportent mêmes assauts, jusque chez eux et pour leur compte, soumis aux mêmes épreuves que leur apôtre. « Comme vous m’avez vu », dit-il, et non par ouï-dire seulement : car il avait combattu chez eux, dans la ville même de Philippes. Voilà la preuve d’un grand courage. Au reste, Paul rappelle volontiers ces faits. Ainsi : — aux Galates : « Quoi ! vous avez souffert ainsi inutilement, si toutefois c’est inutilement ! » (Gal 3,4) — Aux Hébreux : « Or, rappelez en votre mémoire ce premier temps, où après avoir été illuminés par le baptême, vous avez soutenu de grands combats dans les diverses afflictions, ayant été d’une part exposés devant tout le monde aux injures et aux mauvais traitements ; et de l’autre, ayant été les compagnons de ceux qui ont souffert de semblables indignités ». (Heb 10,32) — Aux Macédoniens, c’est-à-dire aux Thessaloniciens : « Tout le monde raconte quel a été le succès de notre arrivée parmi vous » ; et plus bas : « Vous n’ignorez pas vous-mêmes, mes frères, que notre arrivée vers vous n’a pas été vaine et sans fruit ». (1Th 2,9 et 2, 1) Et il rend à tous et toujours le même témoignage de luttes et de combats. C’est là ce qu’on ne trouverait plus chez nous : bienheureux, si nous trouvons par hasard quelque sacrifice d’argent, bien que sur ce point même et en ce genre de sacrifices, Paul leur paie aussi un tribut d’éloges, lorsqu’il dit des uns : « Vous avez souffert avec joie le pillage de vos biens » (Heb 10,34) ; et à d’autres : « La Macédoine et l’Achaïe ont résolu de faire une collecte pour les pauvres » (Rom 15,26) ; — ailleurs enfin : « Votre exemple » de charité « a excité le même zèle dans l’esprit de plusieurs ». (2Co 9,2) 4. Entendez-vous quels éloges méritaient les premiers chrétiens ? Ah ! nous sommes loin de supporter comme eux jusqu’aux soufflets et aux coups, nous n’endurons pas même les outrages ni les pertes d’argent. Saintement rivaux, martyrs courageux, ils étaient tous de vrais soldats à la bataille : mais nous comme nous sommes devenus froids pour Jésus-Christ Me voici réduit encore à faire le procès de mon époque. Que résoudre, enfin ? Je ne voudrais pas accuser, et j’y suis contraint. Si mon silence, si le soin de ne point redire de tristes faits, pour détruire les graves abus que chaque jour voit éclore, je n’aurais qu’à me taire. Mais si le contraire a lieu, si notre silence, loin de détruire le mal, ne fait que l’aggraver, il faut parler. Celui qui se porte accusateur du crime, n’eût-il point d’autre succès, aura du moins celui d’en suspendre les progrès. Car si impudente, si hardie que soit une âme, à force d’entendre des reproches continuels, il ne se peut que la honte enfin ne l’arrête et ne rabatte un peu de sa malice excessive. Un reste, oui, un faible reste de honte et de pudeur habite encore dans une âme effrontée. C’est un sentiment naturel que cette honte, et Dieu l’a gravée dans nos cœurs. Puisque la crainte filiale ne suffisait pas pour nous contenir, sa bonté divine nous a préparé plusieurs autres motifs d’horreur pour le mal. Ainsi le blâme de nos semblables, la crainte des lois humaines, l’amour de la gloire, le besoin d’amitié : autant de mobiles qui nous déterminent à ne point pécher. Souvent, ce qu’on ne ferait pas pour Dieu, par honte on le fait ; ce qu’on ne ferait point par crainte de Dieu, on le fait par crainte des hommes. L’important est premièrement d’éviter le péché ; l’éviter en vue de Dieu est un degré de perfection auquel nous nous élèverons plus tard. En effet, pourquoi saint Paul, exhortant les fidèles à vaincre leurs ennemis par la patience, n’emploie-t-il pas, pour les persuader, la crainte de Dieu, mais l’idée du supplice qu’ils attireront sur ces méchants ? « En faisant ainsi », dit-il, « vous amasserez sur sa tête des charbons de feu ». (Rom 12,20) Parce qu’il veut déjà, en attendant, leur faire faire ce premier pas dans la vertu qui consiste à épargner son ennemi. Nous avons donc, comme je l’ai avancé, nous avons en nous un principe de pudeur, ainsi que d’autres motifs naturels et honnêtes de vertu. Tel est cet instinct de la nature, qui nous porte à compatir ; c’est bien le plus noble qui habite en notre cœur. On pourrait même demander pourquoi notre humanité possède de préférence cette faculté de se briser à l’aspect des larmes, de se laisser fléchir, d’éprouver un penchant à la miséricorde. Par nature, en effet, personne n’est brave ; par nature, personne n’est insensible à la vanité ; par nature, personne n’est supérieur à l’envie. Mais il est dans notre nature à tous de compatir à la souffrance ; l’homme le plus cruel, le plus féroce éprouve encore ce sentiment. Et quoi d’étonnant, si nous le montrons envers les hommes ? les bêtes mêmes nous inspirent la piété ; tant la pitié surabonde en nous ; la vue même d’un lionceau non émeut : combien plus celle de nos semblables ! Hélas, disons-nous parfois : voyez donc que d’aveugles ! que d’estropiés ! Nous savons que cette réflexion suffit pour exciter en nous la compassion. Rien ne plaît à Dieu autant que la miséricorde. Aussi l’huile servait à la consécration des prêtres, des rois et des prophètes, parce que l’huile était regardée comme l’emblème de la miséricorde de Dieu. Elle rappelait aussi que le chef, le premier entre les hommes, a besoin plus que personne d’être compatissant ; et l’onction montrait assez que l’esprit de Dieu descendrait en lui pour le rendre ainsi miséricordieux. Dieu, en effet, a pitié des hommes et les traite avec bonté. « Vous avez pitié de tous », dit l’Écriture, « parce que vous pouvez tout ». (Sag 11,24) Telle était la raison de l’onction. Le sacerdoce lui-même était, de par Dieu, une institution de miséricorde. Les rois aussi recevaient l’onction de l’huile ; et quand on fait l’éloge d’un souverain, on ne peut en trouver qui lui convienne mieux que la clémence : le propre de la souveraineté est, en effet, la miséricorde. À la miséricorde même, sachez-le, nous devons la création du monde, et imitez votre Seigneur : « La miséricorde de l’homme », est-il dit, « s’exerce sur son prochain : celle de Dieu se répand sur toute chair ». (Sir 18,12) Sur toute chair, qu’est-ce à dire ? C’est que justes ou pécheurs, nous avons tous besoin de la miséricorde de Dieu, tous nous en jouissons, s’appelât-on Paul, Pierre, Jean. Au reste, qu’est-il besoin de nos paroles ? écoutons plutôt ces grands saints. Que dit notre bienheureux : « Mais j’ai obtenu miséricorde, parce que j’ai agi dans l’ignorance ». (1Ti 1,13) Mais quoi ? n’eut-il pas dans la suite besoin de miséricorde ? Écoutons-le : « J’ai travaillé plus qu’eux tous, non pas moi, mais la grâce de Dieu avec moi ». (1Co 15,10) — Et parlant d’Epaphrodite : « Il a été malade jusqu’à devoir mourir », mais Dieu « lui a fait miséricorde, non seulement à lui, mais à moi aussi, pour que je n’eusse pas chagrin sur chagrin ». (Phi 2,27) — Et ailleurs : « Nous avons été affligés au-delà de nos forces, tellement que la vie même nous était à charge. Mais nous avons eu dans nous-mêmes une réponse de mort, afin que nous ne soyons plus confiants en nous, mais en Dieu qui nous a délivrés de tant de morts et qui nous en délivrera ». (2Co 1,8-10) Et enfin : « J’ai été délivré de la gueule du lion ; le Seigneur encore me délivrera ». (2Ti 4,17) Ainsi partout nous le trouvons se glorifiant d’une seule chose : c’est qu’il a trouvé le salut par miséricorde. 5. Tel était aussi Pierre, objet d’une si grande miséricorde, et Jésus-Christ le lui avait signifié par cet oracle : « Voici que Satan a demandé de vous cribler, comme le froment ; mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ». (Luc 22,31) Saint Jean de même n’était ce qu’il était que par miséricorde, ou pour mieux dire, tous les apôtres, puisque Jésus-Christ leur disait : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; c’est moi qui ai a fait choix de vous ». (Jn 15,16) En effet, nous avons tous besoin de la miséricorde de Dieu : « La miséricorde de Dieu », dit l’Écriture, « est sur toute chair ». Si de tels hommes ont eu besoin de la miséricorde de Dieu, que dirons-nous des autres ? Quelle autre cause, dites-moi, fait lever le soleil sur les bons et sur les méchants ? Si pendant une année seulement elle enchaînait les pluies, le genre humain tout entier n’aurait-il pas péri ? Et qu’arriverait-il si Dieu multipliait les orages, s’il faisait tomber le feu en pluie, les moucherons en nuées ? Mais que dis-je ? Qu’il amène seulement la nuit continuelle, comme il l’a fait déjà, tous les hommes ne seront-ils pas perdus ? Qu’il secoue la terre, tous ne devront-ils pas périr ? « Qu’est-ce que l’homme », ô mon Dieu, « pour que vous daigniez vous souvenir de lui ? » (Psa 8,5) L’heure n’est-elle pas venue de dire, qu’une simple menace de Dieu contre la terre suffit pour que tous les hommes ne soient plus qu’un tombeau ? « Ce qu’est une goutte d’eau dans l’urne, les nations le sont à ses yeux, elles ne sont pour lui qu’un peu d’écume, qu’une inclinaison d’une balance ». (Isa 40,15) Autant il nous est facile d’imprimer le mouvement à une balance, autant il lui est aisé de tout anéantir et de tout refaire à nouveau. Puisqu’il nous tient dans sa main avec une telle puissance, et que chaque jour il nous voit l’offenser sans nous punir, ne nous supporte-t-il pas dans sa miséricorde ? Les animaux mêmes sont et subsistent par sa miséricorde : « Vous sauverez, Seigneur », s’écrie le Prophète, « les hommes et les animaux ». (Psa 36,7) Dieu a regardé le monde, et l’a rempli d’êtres vivants : pour qui ? Pour vous ; et vous-mêmes, pourquoi vous créa-t-il ? Par sa bonté. Rien n’est comparable à cette huile de la miséricorde. Elle est la cause et l’aliment de la lumière ici-bas et plus haut. « Un jour », en effet, dit le Prophète, « votre lumière éclatera comme l’aube du matin » (Isa 58,8), si vous pratiquez la miséricorde envers le prochain. Et ce sera justice : comme l’huile alimente le phare qui éclaire les navigateurs, ainsi pour l’autre vie l’aumône nous allume et nous procure une grande et admirable lumière. Cette huile, Paul en parlait souvent et grandement. Écoutez-le nous dire tantôt : « Seulement souvenons-nous des pauvres ! » (Gal 2,10) Tantôt : « S’il vaut la peine, j’irai moi-même ». (1Co 16,4) Partout, toujours, en toute manière, cette vertu fait l’objet de sa sollicitude. C’est ainsi qu’il dit encore : « Que les nôtres aussi apprennent à surpasser tout le monde par les bonnes œuvres » ; et ailleurs : « Toutes ces choses sont bonnes et utiles aux hommes ». (Tit 3,14, 8) Écoutez un autre écrivain sacré : « L’aumône délivre de la mort ». (Tob 12,9) « Seigneur », dit un autre Prophète, « Seigneur, si vous écartez votre miséricorde, « qui donc pourra subsister ? » Et encore : « Si vous entrez en jugement avec votre serviteur ». (Psa 130,3 et 142, 2) Et enfin « Une grande chose, c’est l’homme ; une merveille d’honneur, c’est l’homme miséricordieux ». (Pro 20,6) Faire miséricorde, c’est tout l’homme, disons mieux, c’est déjà Dieu. Voyez quelle est la puissance de la divine miséricorde. Elle a fait toutes choses, et spécialement elle a créé le monde et les anges eux-mêmes, tout cela, je le répète, par le seul effet de sa bonté. Il ne nous a menacés de l’enfer qu’afin que nous possédions son royaume, et ce royaume aussi nous le devrons à la miséricorde. Pourquoi Dieu, bien qu’heureux dans sa solitude, a-t-il voulu donner l’existence à tant de créatures ? N’est-ce pas par bonté ? n’est-ce pas par amour ? Oui, si vous demandez pourquoi telle créature, pourquoi telle autre, de toutes parts vous découvrirez la bonté divine. Ayons donc pitié du prochain, afin que sur nous aussi s’exerce la divine pitié. C’est autant pour nous que pour lui que nous provoquons la miséricorde ; l’heure suprême du jugement doit sonner ; alors que menacera ce feu effroyable, la miséricorde se trouvera prête à l’éteindre, prête aussi à nous ouvrir le règne de l’éternelle lumière. Grâce à elle, nous serons délivrés des flammes de l’enfer ; grâce à elle, Dieu nous ouvrira son sein miséricordieux. Et pourquoi aura-t-il à notre égard des entrailles de pitié ? Ah ! c’est que la charité, l’amour se prouve par la miséricorde. Rien n’irrite le Seigneur autant qu’un cœur fermé à la pitié. Un jour, on lui offrait un homme qui lui devait dix mille talents ; touché de compassion, il lui remit sa dette. Mais dès que ce méchant se prit à saisir à la gorge son compagnon de service pour lui faire payer une dette de cent deniers ; aussitôt le Seigneur livra aux exécuteurs cet être inhumain, jusqu’à complet paiement de sa dette. Après une telle leçon, soyons donc miséricordieux pour nos débiteurs, soit d’argent, soit de péché que chacun oublie les, injures, à moins que par hasard il ne préfère se blesser lui-même, puisque, en ne pardonnant pas, vous faites moins de tort à l’adversaire qu’à vous-même. Si vous le punissez, Dieu ne le punira pas ; si vous lui pardonnez, ou bien Dieu le punira, ou bien il vous remettra vos péchés. Comment donc osez-vous espérer le royaume céleste, si vous ne pardonnez pas aux autres ? Evitons un si grand malheur que de perdre le ciel ; remettons à tous, car c’est remettre à nous-mêmes ; pardonnons pour que Dieu nous pardonne nos péchés, et qu’ainsi nous puissions gagner ces biens à venir, etc.
Copyright information for
FreChry