Romans 1:26
Analyse.
- 1. Parce que les païens ont abandonné Dieu pour les idoles, Dieu à son tour les a abandonnés, et leur sagesse humaine ne les a pas empêchés de tomber dans les désordres les plus abominables. – Des œuvres sataniques sont la conséquence nécessaire de croyances sataniques. —. Malheur à l’homme qui oublie et abandonne Dieu !
- 2. Le vice contre nature devenu, en vertu d’une loi de Solon, un privilège des hommes libres chez les Athéniens ! – Que les livres des philosophes sont pleins de cette peste.
- 3 et 4. Quel enfer serait assez dévorant pour de telles abominations. – A ceux qui ne croient pas à l’enfer, l’orateur cite l’embrasement de Sodome, image et preuve permanente de l’enfer. – Ne point perdre la crainte de Dieu. – Vanité des grands du monde.
▼La friction sèche était prise par les athlètes au sortir du bain.
et la pédérastie fussent interdites aux esclaves ; ces privilèges, ou plutôt ces turpitudes, étaient réservées aux hommes libres. Cependant ils ne voyaient point là d’infamie ; c’étaient une chose honnête, mais trop relevée pour un esclave et digne seulement d’un homme libre : telle était l’opinion des Athéniens, le plus sage des peuples, et de leur illustre Solon. Et l’on retrouverait cette maladie dans beaucoup de livres de philosophes. Nous ne disons cependant pas pour cela que ce fût une loi pour tous, mais que ceux qui la subissaient, étaient misérables et dignes d’une grande pitié. Car ils éprouvaient ce qu’éprouvent les prostituées, et pire encore. En effet, chez celles-ci, le commerce est illégitime, mais non contre nature ; tandis que là il est tout à la fois illégitime et contre nature. Et quand il n’y aurait pas d’enfer, ni aucune menace de supplice, le mal lui-même serait pire que – tout supplice. En parlant du plaisir qu’ils éprouvent, vous indiquez une aggravation de châtiment. Si je voyais un homme courir nu, tout couvert de boue, et se pavanant au lieu de rougir, bien loin de partager sa satisfaction, je le plaindrais, d’autant plus qu’il ne sentirait pas l’indécence de sa conduite. Pour mieux faire ressortir cette ignominie, souffrez que je donne un autre exemple. Si on condamnait une jeune fille à admettre de stupides animaux dans son lit virginal, à avoir commerce avec eux, et qu’elle y trouvât du plaisir, ne serait-elle pas d’autant plus à plaindre que l’absence de la honte rendrait sa maladie incurable ? Cela est évident pour tout le monde. Or si le mal serait grand ici, il ne l’est pas moins là : car il est plus triste d’être outragé par ses semblables que par des étrangers. J’affirme que ces hommes sont plus coupables que des homicides. Car il vaut mieux mourir que de vivre dans un tel opprobre. L’homicide ne fait que séparer l’âme du corps, tandis que celui-ci perd le corps et l’âme. Ce crime dépasse tous ceux que vous pouvez nommer ; et si ceux qui souffrent de tels outrages en sentaient la gravité, ils aimeraient mieux mourir mille fois que de les subir. 3. En vérité il n’y a rien, non rien de plus déraisonnable ni de plus affreux. Si en parlant de la fornication Paul disait : « Tout péché, quel qu’il soit, que fait l’homme, est hors de son corps ; mais celui qui commet la fornication pèche contre son propre corps » (1Co 6,18) ; que dirons-nous de ce désordre qui l’emporte sur la fornication plus qu’on ne saurait l’exprimer ? Car je ne dirai pas seulement que vous êtes devenu femme ; mais j’ajouterai que vous avez cessé d’être homme, que vous avez perdu votre nature sans prendre l’autre, que vous les avez trahies toutes les deux, et que vous méritez d’être chassé, lapidé par les hommes et par les femmes, puisque vous avez déshonoré l’un et l’autre sexe. Et pour vous faire bien comprendre l’énormité de votre crime : Si quelqu’un vous proposait de vous changer d’homme en chien, ne le fuiriez-vous pas comme un malfaiteur ? Et voilà que vous vous êtes vous-même changé, non pas en chien, mais en un animal bien plus vil : car un chien est utile, tandis que l’infâme n’est bon à rien. Dites-moi, je vous prie, si quelqu’un menaçait de faire enfanter les hommes, ne serions-nous pas enflammés de colère ? Mais ceux qui poussent la rage jusque-là, s’infligent un bien plus grave outrage : car ce n’est pas la même chose d’être changé en femme, ou de devenir femme tout en restant homme, ou plutôt de n’être ni l’un ni l’autre. Pour vous convaincre mieux encore de l’énormité de ce crime, demandez pourquoi les législateurs punissent ceux qui font des eunuques, et vous apprendrez que leur seule raison est que c’est là un amoindrissement de la nature. Or cette dernière injure est moins grave que l’autre ; car les eunuques, même après la castration, sont encore utiles ; tandis que rien n’est plus inutile que l’homme changé en prostituée ; puisque non seulement son âme, mais aussi son corps est plein d’ignominie et ne mérite que l’expulsion. Combien faudrait-il d’enfers pour eux ? Si ce mot d’enfer vous fait rire, si vous y êtes incrédule, rappelez-vous le feu qui consuma Sodome ; car nous avons vu, oui, nous avons vu en ce monde une image de l’enfer. Car comme beaucoup devaient être incrédules à ce qui suivra la résurrection, en entendant parler d’un feu qui même ici-bas ne pouvait s’éteindre, ils sont revenus à la sainte doctrine, Dieu leur en donnant une preuve actuelle. Tel est en effet le résultat du feu et de l’incendie de Sodome ; ceux-là le savent qui ont été sur les lieux et ont vu de leurs yeux les suites de la colère céleste et les traces de la foudre. Considérez l’énormité de ce crime, qui a rendu nécessaire une image anticipée de l’enfer. Comme beaucoup méprisaient les avertissements, Dieu a voulu donner, sous une forme nouvelle, une figure de la géhenne. Et au fait cette pluie était extraordinaire, parce que le crime était contre nature, et elle a inondé la terre parce que la passion avait envahi les âmes. Voilà pourquoi la pluie était extraordinaire : car non seulement elle ne féconda point la terre pour la production des fruits, mais elle la rendit incapable de recevoir les semences. Tel était le commerce charnel des Sodomites, qu’il frappait même ce grand corps de stérilité. Qu’y a-t-il de plus abominable que l’homme métamorphosé en prostituée ? Qu’y a-t-il de plus infâme ? O fureur ! O délire ! Comment cette passion s’est-elle répandue, elle qui a traité la nature humaine en ennemie, elle Plus cruelle même qu’un ennemi, d’autant que l’âme l’emporte sur le corps ? O êtres plus déraisonnables que les brutes, plus impudents que les chiens ! Car nulle part chez les animaux on ne voit de telles unions ; là, la nature reconnaît ses limites ; mais vous, en déshonorant ainsi votre espèce, vous la placez au-dessous de celle des brutes. Encore une fois, quelle est la source de ces maux ? La volupté, l’oubli de Dieu ; car dès qu’on a perdu la crainte de Dieu, tous les biens s’envolent à la fin. 4. Pour éviter ces maux, ayons toujours devant les yeux la crainte de Dieu. Car rien, rien n’est funeste à l’homme comme d’abandonner cette ancre ; rien ne lui est salutaire comme d’avoir toujours les yeux de ce côté-là. Si la présence d’un homme nous retient sur la pente du péché ; si, souvent par égard pour le plus humble domestique, nous nous abstenons d’une action déplacée, pensez quelle sécurité nous puiserions dans le souvenir continuel de la présence de Dieu. Jamais alors le démon ne nous attaquerait, persuadé de l’inutilité de ses efforts ; mais s’il nous voit errant au-dehors, courant çà et là sans frein, profitant de nos avances, il pourra nous jeter hors du bercail. Si nous nous écartons des commandements de Dieu, il nous arrivera ce qui arrive sur les places publiques aux serviteurs négligents qui, oubliant leurs commissions principales, celles mêmes pour lesquelles on les a envoyés, s’accrochent sans but et au hasard aux premiers venus et perdent leur temps. Nous restons debout à admirer les richesses, la beauté du corps et d’autres choses qui ne nous concernent en rien. Semblables à ces serviteurs qui s’amusent à voir les tours de passe-passe de quelques mendiants, et au retour expient leur retard par les plus durs traitements. Beaucoup quittent la voie ouverte devant eux pour suivre ceux qui s’abandonnent à ces désordres. Ne les imitons point car nous sommes envoyés pour des œuvres pressantes ; et si nous les négligeons pour rester bouche béante devant des objets inutiles, nous perdrons notre temps et nous serons punis du dernier supplice. Que si vous voulez exercer votre attention, vous avez de quoi admirer, de quoi rester toujours en contemplation et ce ne seront plus des sujets ridicules, mais merveilleux et tout à fait estimables ; tandis que celui qui admire des objets ridicules, devient lui-même ridicule et plus que le baladin même. Hâtez-vous d’échapper à ce malheur. Car enfin pourquoi, dites-le-moi, êtes-vous en admiration, en extase devant la richesse ? Qu’y voyez-vous de si merveilleux, de si digne de captiver vos regards ? Dès chevaux aux harnais dorés ; des domestiques, les uns étrangers, les autres eunuques ; de splendides vêtements par-dessous une âme amollie, un front altier, des mouvements, du bruit ? Qu’y a-t-il d’admirable là-dedans ? Quelle différence voyez-vous entre ces riches et les mendiants qui dansent ou sifflent sur les places publiques ? Car eux aussi, dans une extrême indigence de toute vertu, ces riches dansent d’une manière encore plus ridicule, courent çà et là, tantôt à des tables somptueuses, tantôt au logis de femmes perdues, tantôt vers la foule de leurs flatteurs et de leurs parasites. S’ils portent de l’or, ils n’en sont que plus misérables d’attacher tant d’intérêt à ce qui ne les regarde pas. Ne vous arrêtez pas aux vêtements, mais pénétrez jusqu’à leur âme, et voyez les mille blessures dont elle souffre, les haillons qui la couvrent, sa solitude, son délaissement. À quoi lui sert la folie du dehors ? Il vaut bien mieux être pauvre avec la vertu que roi avec le vice. Le pauvre jouit au dedans de toutes les délices de l’âme, sa richesse intérieure lui fait oublier sa pauvreté extérieure ; tandis que le roi, vivant au sein de voluptés qui lui sont étrangères, est puni dans ce qui le touche de près, dans son âme, dans ses pensées, dans sa conscience, qui l’accompagneront au-delà de cette vie. Persuadés de ces vérités, dépouillons donc ces riches vêtements dorés, embrassons la vertu et les joies qu’elle procure. Par là nous goûterons de grands plaisirs en ce monde et en l’autre, et nous obtiendrons les biens promis par la grâce et la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en qui appartiennent, au Père et au Saint-Esprit la gloire, l’honneur, la force, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
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