1 Macc 2
4. Chap. ii, 1-14 : Mathathias et ses fils ; leur désolation.
1En ces jours-là parut Mathathias, fils de Jean, fils de Siméon, prêtre d’entre les fils de Joarib de Jérusalem, qui habitait Modin ▼▼II, 1. Mathathias, c.-à-d. don de Yahweh, abrégé en Mathias dans Josèphe. — Jean était fils de Siméon, qui descendait d’Asamon selon Josèphe, d’où le nom d’Asmonéens souvent donné à cette famille. — À Modin (Vulg. sur la montagne de Modin). Sur la fameuse mosaïque géographique de Madaba, on a trouvé, un peu au N.-E. de Lydda, une localité ainsi désignée : Môdeim, aujourd’hui Môditha ; de cette ville étaient les Machabées. L’identification avec le village actuel de Mediyeh, à trois lieues à l’est de Lydda, est admise par nombre de savants.
. 2Il avait cinq fils ▼▼2 sv. Cinq fils, portant des surnoms tirés de leur caractère, de leurs exploits ou de leur destinée. Seul celui de Judas est interprété avec quelque chance d’exactitude : Machabée, plus exactement Maccabée, en grec Μακκαβαῖος (du chaldéen maqqâbâ, c.-à-d. marteau), le marteleur de ses ennemis, comme notre Charles Martel. — Jonathas, hébr. et grec Jonathan. La Vulg. porte ici Jonathan, partout ailleurs Jonathas, forme que nous avons adoptée.
: Jean, surnommé Gaddis ; 3Simon, appelé Thasi ; 4Judas, surnommé Machabée ; 5Eléazar, surnommé Abaron, et Jonathas, surnommé Apphus. 6Voyant les outrages qui se commettaient en Juda et en Jérusalem, 7Mathathias dit : « Hélas ! pourquoi suis-je né pour voir la ruine de mon peuple et la ruine de la ville sainte, et rester là oisif pendant qu’elle est livrée aux mains des ennemis, 8et que son sanctuaire est au pouvoir des étrangers ? Son temple est devenu comme la demeure d’un homme infâme ; ▼▼8. La demeure d’un homme infâme. Il est probable que le texte hébreu portait : Sa maison est devenue comme (la maison d’)un homme infâme, beîlhah ke’isch nibzéh ; le grec et la Vulg., sans tenir compte de l’ellipse, ont mis le nominatif : comme un infâme.
9les objets précieux qui faisaient sa gloire, on les a emportés comme un butin ; ses petits enfants ont été massacrés dans ses rues ; l’épée de l’ennemi a abattu ses jeunes hommes. 10Quel peuple n’a pas hérité de son royaume, et n’a pas eu sa part de ses dépouilles ? 11On lui a enlevé toute sa parure ; de libre, elle est devenue esclave. 12Tout ce que nous avions de saint, de beau et de glorieux est ravagé, profané par les nations. 13Pourquoi donc vivrions-nous encore ? » 14Alors Mathathias et ses fils déchirèrent leurs vêtements, se couvrirent de sacs et menèrent grand deuil. 5. Chap. ii, 15-26 : L’autel de Modin. — Les officiers royaux demandent à Mathathias de donner l’exemple de l’apostasie, sa réponse (ii, 15-22). Il tue un Juif qui s’approche pour sacrifier et démolit l’autel (ii, 23-26).
15Les officiers du roi chargés de contraindre à l’apostasie vinrent à Modin pour organiser des sacrifices. ▼▼15. La Vulg. paraphrase ce verset plutôt qu’elle ne le traduit.
16Un grand nombre d’Israélites se joignirent à eux ; Mathathias et ses fils se réunirent aussi de leur côté. 17Les envoyés d’Antiochus, s’adressant à Mathathias, lui dirent : « Tu es le premier dans cette ville, le plus grand par la considération et l’influence, et entouré de fils et de frères. 18Approche donc le premier et exécute le commandement du roi, comme ont fait toutes les nations, les hommes de Juda et ceux qui sont restés dans Jérusalem, et tu seras, toi et les tiens, parmi les amis du roi ; toi et tes fils, vous aurez des ornements d’or et d’argent et des présents nombreux. » 19Mathathias répondit et dit à haute voix : « Quand toutes les nations qui font partie du royaume d’Antiochus lui obéiraient, chacune abandonnant le culte de ses pères, et se soumettraient volontiers à ses ordres, 20moi, mes fils et mes frères, nous suivrons l’alliance de nos pères. 21Que Dieu nous garde d’abandonner la loi et ses préceptes ! 22Nous n’obéirons pas aux ordres du roi pour nous écarter de notre culte, soit à droite soit à gauche. » 23Dès qu’il eut achevé ce discours, un Juif s’avança aux yeux de tous pour sacrifier, selon l’ordre du roi, sur l’autel élevé à Modin. 24À cette vue, Mathathias fut indigné et ses reins s’émurent ; il laissa monter sa colère selon la loi et, se précipitant, il tua cet homme sur l’autel. 25Il tua en même temps l’officier du roi qui forçait à sacrifier, et renversa l’autel. 26C’est ainsi qu’il fut transporté de zèle pour la loi, à l’exemple de Phinées, qui tua Zambri, fils de Salum. 6. Chap. ii, 27-48 : La guerre Sainte. — Dans le désert, à la suite de Mathathias (ii, 27-30). La défaite, conséquence de la fidélité au repos du sabbat (ii, (31-38) ; décision prise par Mathathias (ii, 39-41). Concours des Assidéens ; débuts de la guerre (ii, 42-48).
27Alors Mathathias parcourut la ville en criant à haute voix : « Quiconque a le zèle de la loi et maintient l’alliance, qu’il sorte de la ville et me suive ! » 28Et il s’enfuit, lui et ses fils, dans la montagne, abandonnant tout ce qu’ils possédaient dans la ville. 29Un grand nombre de Juifs qui cherchaient la justice et la loi, descendirent alors dans le désert, 30pour y demeurer, eux, leurs enfants et leurs femmes, ainsi que leurs bestiaux, parce que les maux qui les accablaient étaient à leur comble. 31On annonça aux officiers du roi et aux troupes qui étaient à Jérusalem, dans la cité de David, que des hommes qui avaient transgressé l’ordre du roi étaient descendus au désert, dans des retraites cachées. 32Aussitôt un grand nombre de soldats se mirent à leur poursuite. Lorsqu’ils les eurent atteints, ils campèrent vis-à-vis d’eux et se disposèrent à les attaquer le jour du sabbat. 33Ils leur dirent : « C’est assez d’avoir résisté jusqu’ici. Sortez et exécutez l’ordre du roi, et vous vivrez ! » 34Les Juifs répondirent : « Nous ne sortirons point et nous n’obéirons point à l’ordre du roi ; ce serait violer le jour du sabbat ▼▼34. Ce serait violer (litt., de manière à violer) se rapporte aux deux verbes qui précèdent, sortir et obéir. Sans doute le texte hébreu, mal traduit en grec, signifiait : Et nous ne violerons pas le jour du sabbat, en combattant pour nous défendre. Comp. vers. 41.
. » 35Aussitôt les Syriens engagèrent contre eux le combat. 36Ils ne leur répondirent pas, ne leur jetèrent pas une seule pierre et ne bouchèrent pas leur retraite. 37« Mourons tous, disaient-ils, dans la simplicité de notre cœur ! Le ciel et la terre sont témoins pour nous que vous nous faites mourir injustement. » 38Les soldats les ayant donc attaqués le jour du sabbat, ils moururent, eux, leurs femmes et leurs enfants, ainsi que leurs troupeaux ; ils étaient environ mille hommes. 39Mathathias et ses amis apprirent ce massacre, et ils en éprouvèrent une très grande douleur. 40Et ils se dirent entre eux : « Si nous faisons tous comme ont fait nos frères, et que nous ne combattions pas contre les nations pour nos vies et pour nos institutions, ils nous auront bientôt exterminés de la terre. » 41Ils prirent donc en ce jour-là cette résolution : « Qui que ce soit qui vienne en guerre contre nous le jour du sabbat, combattons contre lui, et ne nous laissons pas tuer comme ont fait nos frères dans leurs retraites. » 42Alors se joignit à eux une troupe d’Assidéens, formée d’hommes vaillants d’Israël, de tous ceux dont le cœur était attaché à la loi. ▼▼42. Une troupe d’Assidéens. Ce nom est la forme grecque de l’hébreu chasîdim, c’est-à-dire pieux. On appelait ainsi une classe de Juifs, très attachés à la loi, qui, même avant l’avènement des Machabées, s’efforçait de réagir contre l’envahissement des idées et des mœurs païennes. Les plus braves d’entre eux se joignirent aux Machabées pour défendre leur foi commune, mais sans se confondre avec eux et sans renoncer à exercer parfois une action indépendante. Comp. vii, 13, et II Mach. xiv, 6. Le texte reçu porte une troupe de Juifs ; le Syriaque, une troupe d’Israélites ; la Vulg. a lu Assidéens, qui paraît être la vraie leçon.
43Tous ceux qui cherchaient à échapper aux maux présents vinrent aussi à eux et accrurent leur force. 44Ayant ainsi formé une armée, ils frappèrent d’abord les prévaricateurs dans leur colère et les impies dans leur indignation ; le reste chercha le salut dans la fuite auprès des nations. 45Mathathias parcourut le pays avec ses fils ; ils détruisirent les autels, 46circoncirent par force tous les enfants incirconcis qu’ils trouvèrent dans la terre d’Israël, 47et poursuivirent ceux qu’enflait l’orgueil. L’entreprise réussit sous leur conduite ; 48ils soutinrent la cause de la loi contre la puissance des païens et contre la puissance des rois, et ils ne courbèrent pas le front devant le pécheur. 7. Chap. ii, 49-70 : Mort de Mathathias. — Ses dernières paroles : s’appuyant sur les exemples des pères (ii, 49-61), il exhorte ses fils à la vaillance (ii, 62-64) ; il remet l’autorité à Simon et la conduite de l’armée à Judas (ii, 65-68). Mort et sépulture (ii, 69-70).
49Lorsque les jours de Mathathias touchèrent à leur fin, il dit à ses fils : « Maintenant règne l’orgueil et sévit le châtiment ; c’est un temps de ruine et d’ardente colère. 50Maintenant donc, ô mes fils, déployez votre zèle pour la loi et donnez vos vies pour l’alliance de nos pères. 51Souvenez-vous des œuvres que nos pères ont accomplies de leur temps, et vous recevrez une gloire et un nom immortel. 52Abraham n’a-t-il pas été trouvé fidèle dans l’épreuve, et sa foi ne lui a-t-elle pas été imputée à justice ? 53Joseph, dans le temps de son affliction, a gardé les commandements, et il est devenu seigneur de l’Égypte. 54Phinées, notre père, parce qu’il brûla de zèle pour la cause de Dieu, reçut l’assurance d’un sacerdoce saint. 55Jésus, pour avoir accompli la parole, est devenu juge en Israël. 56Caleb, pour avoir rendu témoignage dans l’assemblée, reçut une portion du pays. 57David, par sa piété, obtint un trône royal pour tous les siècles ▼▼57. Pour tous les siècles : la dynastie de David avait disparu depuis des siècles du théâtre de l’histoire ; Mathathias a appris des prophètes que le trône de David doit être relevé par un de ses descendants, le Messie, pour n’être plus jamais renversé.
. 58Élie, parce qu’il brûla de zèle pour la loi, a été enlevé au ciel. 59Ananias, Azarias et Misaël, ayant eu confiance, ont été sauvés des flammes. 60Daniel, par son innocence, fut délivré de la gueule des lions. 61Ainsi considérez, dans tous les âges, que tous ceux qui espèrent en Lui ne succombent point. 62Ne craignez point les menaces d’un homme pécheur, car sa gloire va à la corruption et aux vers. 63Il s’élève aujourd’hui, et demain on ne le trouvera plus, parce qu’il sera retourné dans sa poussière et que ses pensées se seront évanouies. 64Vous donc, mes fils, soyez forts et vaillants à défendre la loi, car par elle vous serez glorifiés. 65Voici Simon, votre frère ; je sais qu’il est homme de conseil, écoutez-le toujours, il sera pour vous un père. 66Que Judas Machabée, vaillant héros depuis sa jeunesse, soit le chef de votre armée et dirige la guerre contre les peuples. 67Vous vous adjoindrez tous les observateurs de la loi et vous vengerez votre peuple. 68Rendez aux nations ce qu’elles ont fait à Israël, et observez les commandements de la loi. » 69Et après qu’il les eut bénis, il fut réuni à ses pères. 70Il mourut l’an cent quarante-six ▼▼70. L’an 146 de l’ère des Séleucides, 166 av. J. C.
; ses fils l’ensevelirent dans le tombeau de leurs pères à Modin, et Israël le pleura dans un grand deuil.
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