2 Macc 10
4. Chap. x, 1-8 : Purification du Temple.
1Cependant Machabée et ses compagnons reprirent, avec l’aide du Seigneur, le temple et la ville. ▼▼X, 1. Comp. I Mach. iv, 36-59. Ce récit se rattache au vers. 33 du chap. viii.
2Ils détruisirent les autels que les étrangers avaient dressés sur la place publique, ainsi que les bois sacrés. 3Puis, après avoir purifié le temple, ils élevèrent un autre autel et, ayant tiré du feu des cailloux, ils prirent de ce feu et, après un intervalle de deux ans, ils offrirent un sacrifice, firent de nouveau fumer l’encens, allumèrent les lampes et mirent sur la table les pains de proposition. 4Cela fait, prosternés par terre, ils prièrent le Seigneur de ne plus faire tomber sur eux de tels maux, demandant, s’ils péchaient encore, d’être châtiés par lui comme il convient, mais de ne plus être livrés à des nations impies et barbares. 5Le temple avait été profané par les étrangers le vingt-cinquième jour du mois de casleu, et il se rencontra qu’il fut purifié à pareil jour. 6Et ils firent pendant huit jours une fête à la manière de celle des tabernacles, se souvenant que peu de temps auparavant, ils avaient passé la fête des tabernacles dans les montagnes, dans des cavernes, comme des bêtes sauvages. 7C’est pourquoi, portant des thyrses, des rameaux verts et des palmes, ils chantèrent des hymnes à la gloire de celui qui les avait heureusement amenés à purifier son temple. 8Et ils prescrivirent par un édit public et un décret que toute la nation juive solenniserait chaque année ces mêmes jours. II. — SOUS ANTIOCHUS EUPATOR ET DEMETRIUS I. [X, 9 — XV 37.]
1. Chap. x, 9-23 : Victoire sur les Iduméens. — Lysias, gouverneur de Cœlé-Syrie et Phénicie (x, 9-13). Gorgias, chef militaire ; sa haine contre les Juifs (x, 14). Hostilité des Iduméens, ils sont battus par Machabée (x, 15-23).
9Telles furent donc les circonstances de la mort d’Antiochus, surnommé Epiphane ; ▼▼9. Comp. ii, 21 où l’auteur nous a indiqué la division de son histoire.
10nous allons exposer maintenant ce qui concerne Antiochus Eupator, fils de cet impie, en relatant brièvement les maux causés par les guerres. 11À son avènement au trône, il mit à la tête des affaires un certain Lysias, nommé aussi commandant en chef de l’armée de Coelé-Syrie et de Phénicie. 12Car Ptolémée, surnommé Macron, avait été le premier à observer la justice envers les Juifs, à cause des violences qu’ils avaient subies, et s’était efforcé de les gouverner pacifiquement. 13Mais pour cela même il fut accusé par des amis du roi devant Eupator et, comme en toute occasion il s’entendait appeler traître, pour avoir abandonné Chypre que lui avait confiée Philométor, et pour avoir passé du côté d’Antiochus Epiphane, n’ayant plus qu’une dignité sans honneur ▼▼13. N’ayant plus qu’une dignité sans honneur, il perdit courage. Traduction problématique d’un texte altéré.
, il perdit courage et se donna la mort par le poison. 14Or Gorgias, devenu chef militaire de ces provinces, levait des troupes étrangères, et saisissait toutes les occasions de faire la guerre aux Juifs. 15En même temps que lui, les Iduméens, maîtres de bonnes forteresses, molestaient les Juifs ; ils accueillaient ceux qui étaient chassés de Jérusalem, et tentaient d’entretenir la guerre. ▼▼15. La Vulg. traduit ce verset : Les Juifs, maîtres de bonnes forteresses (par ex. Bethsur, I Mach. iv, 61), recevaient (les Juifs fidèles) chassés de Jérusalem, etc. Mais l’unanimité des mss. grecs et le contexte nous engagent à voir ici une erreur de copiste (Judéens pour Iduméens), ainsi que le remarquait déjà Cornelius a Lap.
16Machabée et ses compagnons ▼▼16. Machabée et ses compagnons, m. à m. les compagnons de Machabée. Sur cette campagne contre les Iduméens, comp. I Mach. v, 3.
, après avoir prié et demandé à Dieu de leur venir en aide, firent irruption contre les places fortes occupées par les Iduméens. 17Les ayant attaquées avec vigueur, ils s’en rendirent maîtres, et refoulèrent tous ceux qui combattaient sur les remparts ; ils égorgèrent quiconque tombait entre leurs mains ; le nombre des tués ne fut pas inférieur à vingt mille. 18Neuf mille hommes au moins s’étaient réfugiés dans deux tours très fortes, ayant avec eux tout ce qu’il faut pour soutenir un siège. 19Machabée laissa pour les réduire Simon et Joseph, ainsi que Zachée et ses compagnons, en nombre suffisant, et s’en alla de sa personne où il y avait urgences. 20Mais les gens de Simon, avides de richesses, se laissèrent gagner à prix d’argent par quelques-uns de ceux qui étaient dans les tours et, ayant reçu soixante-dix mille drachmes ▼▼20. 70 mille drachmes, un peu moins de 70,000 francs. La Vulgate double cette somme.
, ils en laissèrent échapper un certain nombre. 21Lorsqu’on eut appris à Machabée ce qui s’était passé, il réunit les princes du peuple et accusa ces hommes d’avoir vendu leurs frères à prix d’argent, en laissant échapper des ennemis armés contre eux. 22Puis il fit mettre à mort ces traîtres et s’empara aussitôt des deux tours. 23Et, conduisant à bien toutes ses entreprises militaires, il tua dans ces deux forteresses plus de vingt mille hommes. 2. Chap. x, 24-38 : Victoires sur Timothée. — Invasion ; prière de Machabée (x, 24-27). Apparition ; défaite de Timothée (x, 28-31). Timothée à Gazara ; il est mis à mort après une nouvelle défaite (x, 32-38).
24Mais Timothée ▼▼24. Timothée ; voir viii, 30.
, qui précédemment avait été défait par les Juifs, ayant rassemblé une multitude de troupes étrangères et tiré de l’Asie une cavalerie nombreuse, s’avançait pour conquérir la Judée par les armes. 25À son approche, Machabée et ses compagnons se mirent à prier Dieu, semant la poussière sur leurs têtes et ceignant leurs reins de sacs. 26Prosternés au pied de l’autel, ils demandèrent au Seigneur de leur être propice, d’être l’ennemi de leurs ennemis, et l’adversaire de leurs adversaires, comme la loi le promet. 27Leur prière achevée, ils prirent les armes, sortirent de la ville jusqu’à une assez longue distance et, quand ils furent près de l’ennemi ils s’arrêtèrent. 28Aux premières lueurs du jour, des deux côtés on engagea la bataille, les uns ayant pour gage du succès et de la victoire, outre leur vaillance, leur recours au Seigneur, les autres ne prenant pour guide dans le combat que leur emportement. 29Au fort du combat, apparurent du ciel aux ennemis, sur des chevaux aux freins d’or, cinq hommes resplendissants, qui se mirent à la tête des Juifs. 30Deux d’entre eux ▼▼30. Deux d’entre eux, d’après le sens clair et facile de la Vulg. En grec les mots οι δυὀ, à raison de la place qu’ils occupent, font difficulté ; ils semblent exclure les trois autres anges de toute fonction ; en syriaque, ces deux mots font défaut.
ayant pris Machabée au milieu d’eux, ils le gardaient invulnérable, en le couvrant de leurs armures ; ils lançaient en même temps des traits et la foudre contre les ennemis qui, frappés d’aveuglement et remplis d’épouvante, tombaient en désordre. 31Vingt mille cinq cents fantassins et six cents cavaliers périrent ainsi. 32Timothée s’enfuit dans une place très forte, appelée Gazara, où commandait Chéréas. 33Machabée et ses compagnons, remplis d’une joyeuse ardeur, l’assiégèrent pendant quatre jours. 34Confiants dans la force de la place, les assiégés ne cessaient de blasphémer et de proférer des paroles impies. 35Comme le cinquième jour commençait à poindre, vingt jeunes hommes de la troupe de Machabée, dont ces blasphèmes avaient enflammé la colère, s’élancèrent bravement sur la muraille et, avec un courage de lions, massacrèrent tout ce qu’ils trouvèrent devant eux. 36D’autres montèrent également et attaquèrent les assiégés du côté opposé ; ils mirent le feu aux tours et allumèrent des bûchers sur lesquels ils brûlèrent vifs les blasphémateurs ; d’autres brisèrent les portes et ouvrirent un passage au reste de l’armée, qui s’empara de la ville. ▼▼36. D’autres brisèrent, etc. Cette fin du verset manque dans la Vulg. qui, en revanche, ajoute au commencement du vers. 37 : après avoir pillé la place pendant deux jours entiers.
37Ayant trouvé Timothée caché dans une citerne ▼▼37. Dans une citerne ; Vulg. dans un certain lieu : le texte primitif portait peut-être lacu au lieu de loco.
, ils le mirent à mort, ainsi que son frère Chéréas et Apollophane.
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