‏ Acts 7

1Le grand prêtre lui demanda : « En est-il bien ainsi ? » 2Étienne répondit : « Mes frères et mes pères, écoutez. Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham, lorsqu’il était en Mésopotamie, avant qu’il vint demeurer à Haran,
VII, 2. Étienne se justifie successivement d’avoir blasphémé contre Dieu (vers. 2-16) ; contre Moïse et contre la Loi (vers. 17-43) ; contre le temple (vers. 44-55).
3et lui dit : « Quitte ton pays et ta famille, et va dans le pays que je te montrerai. » 4Alors il quitta le pays des Chaldéens et s’établit à Haran. De là, après la mort de son père, Dieu le fit émigrer dans ce pays que vous habitez maintenant. 5Et il ne lui donna aucune propriété dans ce pays, pas même où poser le pied ; mais il lui promit, à une époque où le patriarche n’avait pas d’enfants, de lui en donner la possession, à lui et à sa postérité après lui. 6Dieu parla ainsi : « Sa postérité habitera en pays étranger ; on la réduira en servitude, et on la maltraitera pendant quatre cents ans.
6.  Quatre cents ans, chiffre rond, qui s’explique bien dans un oracle. Voy. Gal. iii, 17.
7Mais la nation qui les aura tenus en esclavage, c’est moi qui la jugerai, dit le Seigneur. Après quoi ils sortiront et me serviront en ce lieu. » — 8Puis il donna à Abraham l’alliance de la circoncision ; et ainsi Abraham après avoir engendré Isaac le circoncit le huitième jour ; Isaac engendra et circoncit Jacob, et Jacob les douze patriarches.

9Poussés par la jalousie, les patriarches vendirent Joseph pour être emmené en Égypte. Mais Dieu était avec lui, 10et il le délivra de toutes ses épreuves, et lui donna grâce et sagesse devant Pharaon, roi d’Égypte, qui le mit à la tête de l’Égypte et de toute sa maison. 11Or il survint une famine dans tout le pays d’Égypte et dans celui de Chanaan. La détresse était grande, et nos pères ne trouvaient pas de quoi se nourrir. 12Jacob, ayant appris qu’il y avait des vivres en Égypte, y envoya nos pères une première fois. 13Et la seconde fois, Joseph fut reconnu par ses frères, et Pharaon sut quelle était son origine. 14Alors Joseph envoya chercher son père Jacob et toute sa famille, composée de soixante-quinze personnes.
14.  Soixante-quinze personnes. Soixante-dix seulement, d’après le texte hébreu de la Genèse, xlvi, 27b, et la traduction de la Vulg. Mais les LXX ont le chiffre de soixante-quinze.
15Et Jacob descendit en Égypte, où il mourut, ainsi que nos pères. 16Et ils furent transportés à Sichem, et déposés dans le sépulcre qu’Abraham avait acheté à prix d’argent des fils d’Hémor, à Sichem.
16. Les mots «  ils furent transportés » doivent s’entendre des douze patriarches, fils de Jacob, mais non de Jacob lui-même qui fut enseveli à Hébron. — À Sichem, c’est la leçon de plusieurs anciens manuscrits. Les éditions critiques modernes la reproduisent. D’autres manuscrits ont : τοῦ Συχὲμ, qui peut se traduire Père de Sichem, ou bien avec la Vulgate : Fils de Sichem.

17Comme le temps approchait où devait s’accomplir la promesse que Dieu avait jurée à Abraham, le peuple s’accrut et se multiplia en Égypte, 18jusqu’à ce que parut dans ce pays un autre roi qui n’avait pas connu Joseph. 19Ce roi, usant d’artifice envers notre race, maltraita nos pères, au point de leur faire exposer leurs enfants, afin qu’ils ne vécussent pas. 20À cette époque naquit Moïse, qui était beau aux yeux de Dieu ;
20.  Beau aux yeux de Dieu, c.‑à-d. très beau ; litt., si beau, qu’il paraissait tel aux yeux de Dieu même. Comp. Gen. x, 9 ; Jon. iii, 3.
il fut nourri trois mois dans la maison de son père.
21Et quand il eut été exposé, la fille de Pharaon le recueillit et l’éleva comme son fils. 22Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Égyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres. 23Quand il eut atteint l’âge de quarante ans, il lui vint dans l’esprit de visiter ses frères, les enfants d’Israël. 24Il en vit un qu’on outrageait ; prenant sa défense, il vengea l’opprimé en tuant l’Égyptien. 25Or il pensait que ses frères comprendraient que Dieu leur accordait la délivrance par sa main ; mais ils ne le comprirent pas. 26Le jour suivant, en ayant rencontré deux qui se battaient, il les exhorta à la paix en disant : « Hommes, vous êtes frères : pourquoi vous maltraiter l’un l’autre ? » 27Mais celui qui maltraitait son prochain le repoussa, en disant : « Qui t’a établi chef et juge sur nous ? 28Veux-tu me tuer, comme tu as tué hier l’Égyptien ? » 29À cette parole, Moïse s’enfuit et alla habiter dans la terre de Madian, où il engendra deux fils.

30Quarante ans après, au désert du mont Sinaï, un ange
30.  Un ange, le Seigneur lui-même (versets 31, 33). Comp. Exod. iii, 4.
lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu.
31À cette vue, Moïse fut saisi d’étonnement, et comme il s’approchait pour examiner, la voix du Seigneur se fit entendre [à lui] : 32« Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. » — Et Moïse tout tremblant n’osait regarder. 33Alors le seigneur lui dit : « Ôte la chaussure de tes pieds, car le lieu que tu foules est une terre sainte. 34J’ai vu l’affliction de mon peuple qui est en Égypte, j’ai entendu ses gémissements, et je suis descendu pour le délivrer. Viens donc maintenant et je t’enverrai en Égypte. » —

35Ce Moïse qu’ils avaient renié en disant : Qui t’a établi chef et juge ? c’est lui que Dieu a envoyé comme chef et libérateur, avec l’assistance de l’ange qui lui était apparu dans le buisson. 36C’est lui qui les a fait sortir, en opérant des prodiges et des miracles dans la terre d’Égypte, dans la mer Rouge et au désert pendant quarante ans. 37C’est ce Moïse qui dit aux enfants d’Israël : « Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète
37.  Un prophète : allusion au Messie. Voy. Deut. xviii, 15. Comp. Act. iii, 22.
comme moi : [écoutez-le]. »
38C’est lui qui, au milieu de l’assemblée, au désert, conférant avec l’ange qui lui parlait sur le mont Sinaï, et avec nos pères, a reçu des oracles vivants pour nous les transmettre.
38.  Au désert, au pied du Sinaï, pour la promulgation de la Loi.
39Nos pères, loin de vouloir lui obéir, le repoussèrent, et, retournant de cœur en Égypte, 40ils dirent à Aaron : « Fais-nous des dieux qui marchent devant nous ; car ce Moïse qui nous a fait sortir du pays d’Égypte, nous ne savons ce qu’il est devenu. » 41Ils fabriquèrent alors un veau d’or, et ils offrirent un sacrifice à l’idole et se réjouirent de l’œuvre de leurs mains.
42-43. S. Étienne cite  Amos d’après les LXX.
42Mais Dieu se détourna et les livra au culte de l’armée du ciel,
42.  L’armée du ciel, les astres : soleil, lune, étoiles.
selon qu’il est écrit au livre des prophètes : « M’avez-vous offert des victimes et des sacrifices pendant quarante ans au désert, maison d’Israël… ?
43Vous avez porté la tente de Moloch
43.  Vous avez porté la tente de Moloch, petite tente renfermant l’image de ce dieu des Ammonites, et que l’on portait dans les expéditions. — Raiphan, Vulgate : Rempham, corruption de Ῥαιφάν, nom de Saturne ; en assyrien, Kaaiwanu. En hébreu, Kioun, Amos, v, 26. ponctuation fautive des massorètes pour Kévan (arabe Keiwan).
et l’astre de votre dieu Raiphan, ces images que vous avez faites pour les adorer ! C’est pourquoi je vous transporterai au delà de Babylone. » —

44Nos pères dans le désert avaient le tabernacle du témoignage, comme l’avait ordonné celui qui dit à Moïse de le construire selon le modèle qu’il avait vu.
44.  Le tabernacle du témoignage, le ’ôhel mô’éd du texte hébreu (Exod. xxvii, 21) que les LXX ont traduit par σκηνῇ τοῦ μαρτυρίου.
45L’ayant reçu de Moïse, nos pères l’apportèrent, sous la conduite de Josué, lorsqu’ils firent la conquête du pays sur les nations que Dieu chassa devant eux, et il y subsista jusqu’aux jours de David. 46Ce roi trouva grâce devant Dieu, et demanda d’élever une demeure pour le Dieu de Jacob. 47Néanmoins ce fut Salomon qui lui bâtit un temple. 48Mais le Très-Haut n’habite pas dans les temples faits de main d’homme, selon la parole du prophète : 49« Le ciel est mon trône, et la terre l’escabeau de mes pieds. Quelle demeure me bâtirez-vous, dit le Seigneur, ou quel sera le lieu de mon repos ?
49-50. Texte d’Isaïe cité d’après les LXX.
50N’est-ce pas ma main qui a fait toutes ces choses ? » —

51Hommes à la tête dure, incirconcis de cœur et d’oreilles, vous résistez toujours au Saint-Esprit ; tels furent vos pères, tels vous êtes. 52Quel prophète vos pères n’ont-ils pas persécuté ? Ils ont même tué ceux qui annonçaient d’avance la venue du Juste ; et vous, aujourd’hui, vous l’avez trahi et mis à mort. 53Vous qui avez reçu la Loi, en considération des anges qui vous l’intimaient, et vous ne l’avez pas gardée !… »
53.  En considération des anges (εἰς διαταγὰς ἀγγέλων) c’est-à-dire par égard à l’autorité des anges qui vous ont apporté et imposé la Loi. Selon une tradition juive (Josèphe, Ant. xv, 5, 3) dont la première origine semble retracée Deut. xxxiii, 2 (LXX), ce sont les Anges qui auraient apporté la Loi à Moïse (Comp. Gal. iii, 19).

3. Martyre de saint Étienne (54-60).

54En entendant ces paroles, la rage déchirait leurs cœurs, et ils grinçaient des dents contre lui. 55Mais Étienne, qui était rempli de l’Esprit-Saint, ayant fixé les yeux au ciel, vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de son Père. 56Et il dit : « Voici que je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. »
56.  Le Fils de l’homme. Nom messianique qui paraît pour la première fois dans la vision de Daniel, vii, 13 ; Notre-Seigneur se l’est souvent appliqué à lui-même. Les écrivains sacrés du N. T. ne s’en sont servis eux-mêmes que trois fois pour désigner le Sauveur, à savoir ici et dans l’Apocalypse, i, 13 ; xiv, 14.
57Les Juifs poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles, et se jetèrent tous ensemble sur lui. 58Et l’ayant entraîné hors de la ville, ils le lapidèrent. Les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme nommé Saul.
58. La lapidation était le supplice des blasphémateurs (Lév. xxiv, 14, 16).
59Pendant qu’ils le lapidaient, Étienne priait en disant : « Seigneur Jésus, recevez mon esprit ! » 60Puis s’étant mis à genoux, il s’écria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur imputez pas ce péché. » Après cette parole, il s’endormit [dans le Seigneur].

Or, Saul avait approuvé le meurtre d’Étienne.
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