‏ Est 15

VI. — EXHORTATION DE MARDOCHÉE À ESTHER. [XV, I-3.]

À lire après IV, 8 ([72]).

1Il fit mander
XV, 1.  Il fit mander à Esther. Le sujet n’est pas exprimé dans le texte. Mais, comme S. Jérôme le marque entre parenthèses, « il n’y a pas de doute que ce soit Mardochée. » Le complément est exprimé par le pronom ei ; mais il est évident, de par le contexte, qu’il s’agit d’Esther.
à Esther d’entrer chez le roi, afin de lui adresser une supplication pour son peuple et sa patrie.

2« Rappelle-toi, lui dit-il, les jours de ton abaissement, et comment tu as été nourrie de ma main ; car Aman, le premier après le roi, a parlé contre nous pour notre perte. 3Mais toi, invoque le Seigneur et parle pour nous au roi ; sauve-nous de la mort ! »

VII. — ESTHER CHEZ LE ROI. [XV, 4-19.]

À lire au commencement du chap. V ([74]).

Esther se rend au palais (xv, 4-8). Devant le roi, elle s’évanouit (xv, 9, 10). Le roi, devenu bienveillant, la ranime (xv, 11-17). Nouvelle défaillance (xv, 18, 19).

4Le troisième jour, ayant fini sa prière, Esther quitta ses habits de pénitence, et revêtit les ornements de sa dignité. 5Dans tout l’éclat de sa parure
5.  Dans tout l’éclat de sa parure, m. à. m. devenue éblouissante.
, après avoir invoqué Dieu, l’arbitre et le sauveur de tous, elle prit avec elle les deux suivantes d’usage.
6Elle s’appuyait sur l’une comme pouvant à peine soutenir son corps délicat ; 7l’autre suivait, relevant la longue robe de sa maîtresse. 8Celle-ci, tout empourprée du puissant éclat de sa beauté, avait le visage joyeux et l’air aimable ; mais la crainte lui serrait le cœur.

9Ayant donc franchi toutes les portes, elle se présenta devant le roi. Assuérus était assis sur son trône royal, revêtu de tous les insignes de sa majesté, tout brillant d’or et de pierres précieuses ; son aspect était terrible. 10Lorsqu’il eut relevé sa tête rayonnante de gloire et lancé un regard étincelant de colère, la reine tomba en défaillance, changeant de couleur et s’inclinant sur l’épaule de la servante qui marchait devant elle. 11Alors Dieu changea la colère du roi en douceur ; inquiet, il s’élança de son trône et soutint Esther dans ses bras, jusqu’à ce qu’elle eût repris ses sens, calmant sa frayeur par des paroles amicales : 12« Qu’as-tu donc, Esther ? lui disait-il, je suis ton frère, aie confiance ; 13tu ne mourras point, car notre ordonnance
13.  Notre ordonnance (par laquelle il est défendu de paraître devant le roi sans avoir été appelé, iv, 11), est pour le commun des sujets. La Vulg. exprime le même sens : ce n’est pas pour toi, mais pour tous les autres, que cette loi a été faite.
est pour le commun de nos sujets.
14Approche ! » 15Et levant le sceptre d’or, il le lui posa sur le cou et lui donna un baiser, en disant : « Parle-moi. » 16Elle répondit : « Je vous ai vu, seigneur, comme un ange de Dieu, et mon cœur a été troublé par la crainte de votre majesté ; 17car vous êtes digne d’admiration, seigneur, et votre visage est plein d’amabilité. » 18Comme elle parlait, elle s’affaissa de nouveau, prête à s’évanouir. 19Le roi était consterné, et tous ses serviteurs cherchaient à ranimer la reine.
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