Esther 3
3. Chap. iii, 1-15 : Décret d’extermination contre les Juifs. — Elévation d’Aman (iii, 1, 2a). Mardochée refuse de lui rendre hommage (iii, 2b-5). Colère d’Aman, qui résoud de se venger sur toute la race des Juifs (iii, 6) ; il provoque à cet effet un décret d’Assuérus (iii, 7-11) ; promulgation du décret (iii, 12-15).
1Après ces choses, le roi Assuérus éleva en dignité Aman ▼▼III, 1. Aman, probablement le nom classique Omanes, anc. perse. Umana, correspond exactement au gr. Eumène. — Amadatha, paraît être le même nom (avec l’article) que Mahadâta, c.-à-d. donné par ou à la lune. — Agag, contrée de la Médie, révélée par les inscriptions.
, fils d’Amadatha, du pays d’Agag ; il l’éleva et plaça son siège au-dessus de tous les chefs qui étaient auprès de lui. 2Tous les serviteurs du roi, qui se tenaient à sa porte, fléchissaient le genou et se prosternaient devant Aman, car ainsi l’avait ordonné le roi à son sujet. Mais Mardochée ne fléchissait point le genou et ne se prosternait point. 3Les serviteurs du roi, qui se tenaient à sa porte, dirent à Mardochée : « Pourquoi transgresses-tu l’ordre du roi ? » 4Comme ils le lui répétaient chaque jour et qu’il ne les écoutait pas, ils en informèrent Aman, pour voir ▼▼4. Pour voir, etc. : c’est le sens de la Vulg., suivi par la plupart des exégètes. Litt., pour voir si les paroles de Mardochée seraient fermes, car, etc. ; d’où cet autre sens, meilleur peut-être : Pour voir si la raison qu’il mettait en avant pour refuser cet hommage à Aman, savoir sa qualité de Juif, serait admise comme une excuse valable.
si Mardochée persévérerait dans sa résolution, car il leur avait dit qu’il était Juif. 5Aman vit que Mardochée ne fléchissait pas le genou et ne se prosternait pas devant lui ; et Aman fut rempli de fureur. 6Mais il dédaigna ▼▼6. Il dédaigna, m. à m. il méprisa à ses yeux.
de porter la main sur Mardochée seul, car on lui avait appris de quel peuple était Mardochée ; et Aman voulut détruire le peuple de Mardochée, tous les Juifs qui se trouvaient dans tout le royaume d’Assuérus. 7Le premier mois ▼▼7. Le premier mois, mars-avril. — Pur parait être un mot de l’anc. perse : comp. le lat. pars, qui a à peu près le même sens. — Vulgate : « On jeta dans l’urne le sort, qui en hébreu s’appelle Phur, devant Aman, pour fixer jour et quel mois la race de Joseph devait être exterminée ; ce fut le 12e mois, appelé Adar qui sortit. » LXX : « On jeta les sorts pour chaque jour et chaque mois, afin de perdre en un jour la race de Mardochée ; et le sort tomba pour le 14 du mois appelé Adar : de même xiii, 6. Ainsi Aman aurait fixé la perte des Juifs au 14e jour, et Assuérus leur aurait donné le droit de prévenir d’un jour l’attaque. Mais d’après le texte hébreu (iii, 13 et ix, 1), il paraît certain que le jour, fixé pour le massacre des Juifs, fut aussi celui de leur victoire.
, qui est le mois de Nisan, la douzième année du roi Assuérus, on jeta le PUR, c’est-à-dire le sort, devant Aman, pour chaque jour et pour chaque mois, jusqu’au douzième mois, qui est le mois d’Adar. 8Alors Aman dit au roi Assuérus : « Il y a dans toutes les provinces de ton royaume un peuple dispersé et vivant à part parmi les autres peuples, ayant des lois différentes de celles de tous les autres peuples, et n’observant pas les lois du roi. Il n’est pas de l’intérêt du roi de le laisser en repos. 9Si le roi le trouve bon, qu’on écrive l’ordre de les faire périr, et je pèserai dix mille talents d’argent entre les mains des fonctionnaires ▼▼9. Des fonctionnaires, m. à m. de ceux qui font le travail.
, pour qu’on les porte au trésor du roi. » 10Le roi ôta son anneau de son doigt et le remit à Aman, fils d’Amadatha, du pays d’Agag, ennemi des Juifs ; 11et le roi dit à Aman : « L’argent ▼▼11. L’argent ; la Vulg. ajoute, que tu me promets. Le sens est plus général : ce n’est pas précisément dix mille talents que Xerxès donne à Aman ; mais il lui permet de disposer à son gré des biens de ceux qui seront mis à mort.
t’est donné et ce peuple aussi, pour que tu en fasses ce qui te paraîtra bon. » 12Les secrétaires du roi furent appelés le treizième jour ▼▼12. Le 13e jour : c’était le 13 du mois d’Adar que le sort avait déclaré propice (vers. 7, comp. ix, 1) : c’est pourquoi Aman choisit le jour d’un autre mois pour commencer l’exécution de son dessein. Actuellement les Juifs consacrent trois jours à célébrer la délivrance de leurs pères, les 13, 14 et 15 adar ; le 13 est un jour de jeûne en mémoire du jeûne d’Esther (iv, 16) ; les deux jours suivants sont la fête proprement dite.
du premier mois, et l’on écrivit, conformément à tous les ordres d’Aman, aux satrapes du roi, aux gouverneurs de chaque province et aux chefs de chaque peuple, à chaque province selon son écriture, et à chaque peuple selon sa langue. Ce fut au nom du roi Assuérus que l’on écrivit, et on scella l’édit avec l’anneau royal. 13Des lettres furent envoyées par les courriers dans toutes les provinces du roi, pour qu’on détruisit, qu’on égorgeât et qu’on fît périr tous les Juifs, jeunes et vieux, petits enfants et femmes, en un seul jour, le treizième du douzième mois, qui est le mois d’Adar, et qu’on pillât leurs biens. Voir le texte de l’édit, fragment IV, chapitre 13, 1-7.
14Une copie ▼▼14. Une copie… : Les lettres adressées aux gouverneurs renfermaient une copie de l’édit destinée au public, afin que tous pussent la lire et être prêts pour le 13 adar. Vulgate : La substance de ces lettres était celle-ci, savoir : que toutes les provinces sussent, et qu’elles se tinssent prêtes pour le jour indiqué.
de l’édit, qui devait être publié comme loi dans chaque province, fut adressée ouverte à tous les peuples, afin qu’ils fussent prêts pour ce jour-là. 15Les courriers partirent en toute hâte, d’après l’ordre du roi. L’édit fut aussi publié dans Suse la capitale ; et, tandis que le roi et Aman étaient assis à boire, l’agitation régnait dans la ville de Suse.
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