Ezekiel 8
II. — L’AN VI DE LA CAPTIVITÉ DE JOACHIN. [VIII, 1 — XIX, 14.]
1. Chap. viii. 1 — xi, 25 : Vision de la ruine de Jérusalem ; la gloire de Yahweh abandonne le temple et la ville. — Le prophète transporté en esprit au temple de Jérusalem (viii, 1-4). L’idolâtrie dans le Temple : l’idole de la jalousie (viii, 5-6), le culte des animaux (viii, 7-13), les femmes pleurant Tammuz (viii, 14, 15) ; le culte du Soleil (viii, 16-18). Les six messagers du châtiment (ix, 1, 2). Un homme vêtu de lin marque d’un signe ceux qui demeurent fidèles à Yahweh ; les idolâtres sont exterminés (ix, 3-11). La ville détruite par le feu (x, 1-8). Nouvelle description de la disparition divine (x, 9-17). Yahweh abandonne son sanctuaire (x, 18-22). Châtiment des chefs du peuple (x, 22, 23). Le salut promis aux captifs (x, 14-21). Yahweh abandonne la ville (xi, 22, 23). Fin de l’extase du prophète (x, 24, 25)
1La sixième année, au sixième mois, le cinquième jour du mois, comme j’étais assis dans ma maison, et que les anciens de Juda étaient assis devant moi, la main du Seigneur Yahweh tomba sur moi. ▼▼VIII, 1. La sixième année, quatorze mois après la vision inaugurale. — Le sixième mois, août-septembre. Les LXX ont : le cinquième mois. — Les anciens de Juda, les chefs de la colonie exilée à Tel-Abib. Ils venaient probablement consulter le prophète sur l’avenir de Jérusalem.
2Et je vis ; et voici une figure qui avait l’aspect du feu ; ▼▼2. Une figure qui avait l’aspect ; m. à m., la ressemblance comme d’un aspect de feu.
depuis ce qui paraissait ses reins jusqu’en bas, c’était du feu ; et depuis ses reins jusqu’en haut, c’était comme l’aspect d’une clarté, comme l’aspect d’un métal. 3Et il étendit une forme de main, et il me saisit par les boucles de mes cheveux, et l’Esprit m’enleva entre la terre et le ciel ; et il m’amena à Jérusalem, en des visions divines, à l’entrée de la porte intérieure qui regarde au septentrion, où était placée l’idole de jalousie qui provoque la jalousie. ▼▼3. De mes cheveux, litt. de ma tête. — En des visions divines : c’est donc en vision, non en réalité, que tout ce qui est décrit dans les chap, viii-xi se passe. — Qui provoque la jalousie de Yahweh : les prophètes représentent l’idolâtre comme un adultère, et Yahweh s’appelle lui même un Dieu jaloux. Cette divinité c’était peut être Baalou Astarté (II Rois, xxi, 7). Josias avait fait enlever ces statues du temple. Mais, d’une part, le roi Joakim et ses successeurs avaient laissé reparaître tous les abus du passé ; d’autre part, le prophète voit dans une vision unique toutes les causes qui ont amené la ruine finale, sans distinction de temps, Comp. II Rois, xxiv, 3-4 ; Jér. xv, 4. — La porte intérieure ; dans les LXX, seulement la porte.
4Et voici que là était la gloire du Dieu d’Israël selon l’aspect que j’avais vu dans la plaine. 5Il me dit : « Fils de l’homme, lève donc tes yeux dans la direction du septentrion. » Et je levai mes yeux dans la direction du septentrion, et voici qu’au nord de la porte de l’autel, ▼▼5. La porte de l’autel, la porte du nord (du vers. 3), conduisait à l’autel des holocaustes.
il y avait cette idole de jalousie, à l’entrée. 6Et il me dit : « Fils de l’homme, vois-tu ce qu’ils font, les grandes abominations que la maison d’Israël commet ici, afin que je m’éloigne de mon sanctuaire. Et tu verras encore d’autres grandes abominations. » 7Et il me conduisit à l’entrée du parvis, et je vis : et voici qu’il y avait un trou dans le mur ! 8et il me dit : « Fils de l’homme, perce donc la muraille. » Et je perçai la muraille, et voici qu’il y avait une porte. 9Et il me dit : « Viens et vois les horribles abominations qu’ils commettent ici. » 10Et je vins et je vis : et voici qu’il y avait toutes sortes de figures de reptiles et d’animaux ▼▼10. Reptiles, animaux ; selon plusieurs commentateurs, c’est surtout le culte égyptien des animaux qui est décrit ici.
immondes, et toutes les horreurs de la maison d’Israël dessinées sur la muraille tout autour. 11Et soixante-dix hommes ▼▼11. Soixante-dix hommes, représentants de la nation entière. Ce nombre est purement symbolique.
d’entre les anciens de la maison d’Israël, parmi lesquels était Jézonias, fils de Saphan, se tenaient debout devant elles, et chacun avait à la main son encensoir, d’où s’élevait le parfum d’un nuage d’encens. 12Et il me dit : « As-tu vu, fils de l’homme, ce que les anciens de la maison d’Israël font dans les ténèbres, chacun dans ses appartements ▼▼12. Chacun dans ses appartements : ce qui est montré au prophète dans cette cellule se passait également dans d’autres chambres du parvis et dans les appartements privés des chefs du peuple. — Yahweh ne peut ni ne veut nous défendre ; adressons-nous à d’autres dieux !
couverts de figures, car ils disent : Yahweh ne nous voit pas ; Yahweh a abandonné le pays ! » 13Et il me dit : « Tu verras encore d’autres grandes abominations qu’ils commettent. » 14Et il me conduisit à l’entrée de la porte de la maison de Yahweh qui regarde le septentrion ; et voici que les femmes y étaient assises, pleurant le dieu Thammuz. ▼▼14. Assises, dans l’attitude du deuil. — Thammuz, l’Adonis des Grecs et des Phéniciens. Les femmes célébraient le souvenir de la mort du dieu par des lamentations frénétiques.
15Et il me dit : « As-tu vu, fils de l’homme ? Tu verras encore d’autres abominations plus grandes que celles-là. » 16Et il me conduisit alors dans le parvis intérieur de la maison de Yahweh ; et voici qu’à l’entrée de la maison de Yahweh, entre le portique et l’autel, ▼▼16. L’autel des holocaustes. — Vingt-cinq hommes (LXX, vingt) : Ce sont des prêtres : car seuls, les prêtres avaient accès dans cette partie du temple (Joël, ii, 17) ; ce sont les vingt-quatre chefs des vingt-quatre classes de prêtres, le grand-prêtre à leur tête. — Devant le soleil ; dont le culte, interdit par la loi (Deut. iv, 19 ; xvii, 3), avait été aboli par Josias (II Rois, xxiii, 5 et 11).
il y avait environ vingt-cinq hommes, le dos tourné au temple de Yahweh, et le visage vers l’orient ; et ils se prosternaient à l’orient devant le soleil. 17Et il me dit : « As-tu vu, fils de l’homme ? Est-ce trop peu pour la maison de Juda de commettre les abominations qu’ils commettent ici ? Faut-il qu’ils remplissent encore le pays de violence, et qu’ils recommencent toujours à m’irriter ? Voici qu’ils portent le rameau à leur nez. ▼▼17. Ils portent le rameau à leur nez. On ne sait à quelle pratique il est fait allusion. Les LXX et le Syr. : voici qu’ils me raillent (ὡς μυκτηρίζοντες) en reniflant du nez.
18Et moi aussi, j’agirai avec colère ; mon œil n’épargnera point, et je serai sans pitié ; ils crieront à haute voix à mes oreilles, et je ne les entendrai point. »
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