‏ Genesis 49

4. Chap. xlix, 1-28 : Jacob bénit ses douze fils. — Jacob assemble ses fils pour les bénir (xlix, 1) ; Prologue de la bénédiction (xlix, 2) ; Ruben (xlix, 3,4) ; Siméon et Lévi (xlix, 5-7) ; Juda (xlix, 8-12) ; Zabulon (xlix, 13) ; Issachar (xlix, 14, 15) ; Dan (xlix, 16-18) ; Gad (xlix, 19) ; Aser (xlix, 20) ; Nephthali xlix, 21) ; Joseph (xlix, 22-26) ; Benjamin (xlix, 27). Conclusion (xlix, 28).

1Jacob appela ses fils et leur dit : « Rassemblez-vous, et je vous annoncerai ce qui vous arrivera à la fin des jours. 2Rassemblez-vous et écoutez, fils de Jacob ;
écoutez Israël, votre père
XLIX, 2. Vigouroux : « Le fond, la trame, pour ainsi dire, de cette prophétie, est fournie en partie par le caractère et les noms des 12 enfants de Jacob, en partie par la promesse divine déjà faite à Abraham, à Isaac et à Jacob, laquelle garantit à Israël la possession de Chanaan et la domination spirituelle sur tous les peuples. »
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3Ruben, toi, mon premier-né,
ma force, et le premier fruit de ma vigueur,
supérieur en dignité et supérieur en puissance,
4tu as bouillonné comme l’eau ; tu n’auras pas la prééminence !
Car tu es monté sur la couche de ton père,
et tu as souillé ma couche en y montant !
4. La tribu de Ruben habita à l’E. du Jourdain ; l’histoire ne mentionne à son avoir ni une grande action, ni un Juge, ni un prophète, ni un grand homme quelconque.


5Siméon et Lévi sont frères ;
leurs glaives sont des instruments de violence.
6Que mon âme n’entre point dans leur conseil !
Que mon âme ne s’unisse point à leur assemblée !
Car, dans leur colère, ils ont égorgé des hommes,
et, dans leur emportement, ils ont coupé les jarrets des taureaux
6.  Dans leur emportement, m. à m., dans leur volonté.
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7Maudite soit leur colère, car elle a été violente,
et leur fureur, car elle a été cruelle !
Je les diviserai en Jacob,
et je les disperserai en Israël
7. Siméon ne prospéra pas ; dès le second dénombrement de Moïse (Nombr. xxvi, 14), c’est la tribu qui compte le moins de familles ; ses possessions ne furent qu’une annexe insignifiante de la tribu de Juda. Comp. I Par. iv, 38-43. Quant à Lévi, on sait qu’il n’eut pas de territoire propre dans le partage du pays de Chanaan, sauf quelques villes disséminées dans les autres tribus. Mais, dans l’intervalle, un fait nouveau s’était produit qui avait changé la position morale des enfants de Levi, savoir le zèle qu’ils montrèrent pour la cause de Yahweh à l’occasion du veau d’or (Exod. xxxii). Dieu les choisit alors pour leur confier exclusivement le service du culte, et la malédiction de Jacob, tout en s’accomplissant littéralement, se transforma pour eux en bénédiction. Comp. Deut. xxxiii, 8-11.
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8Toi, Juda, tes frères te loueront ;
ta main sera sur le cou de tes ennemis ;
les fils de ton père se prosterneront devant toi
8.  Toi, Juda, tes frères te loueront, Juda, à cet endroit est un attribut et il y a un jeu de mots. Comme si l’on disait : Tu es bien Juda(l’honoré),tes frères t’honoreront.Juda, signifie, en effet, objet de louange (xxix, 35) honoré ; Jacob prend ce nom comme unxxix, 35omen, un présage de grandeur future.
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9Juda est un jeune lion.
Tu es remonté du carnage, mon fils !
Il a ployé les genoux, il s’est couché comme un lion,
comme une lionne : qui le fera lever ?
10Le sceptre ne s’éloignera point de Juda,
ni le bâton de commandement d’entre ses pieds,
jusqu’à ce que vienne Schiloh ;
c’est à lui que les peuples obéiront
10.  Le bâton de commandement, etc., le sceptre. LXX et Vulg., Le chef ne sera pas ôté à sa race, c’est-à-dire la tribu conservera son autonomie.Schiloh, nom propre formé, d’après certains exégètes, comme Salomon (hebr. Schelomoh), de la rac. schalah, être en repos, en paix. Ce terme voudrait dire Le Pacifique, ou Le Pacificateur, ou mieux Le Repos, La Paix, et serait analogue au titre de Prince de la paix qu’Isaïe donne au Messie (Is. ix, 5 sv. Comp. Is. xlii, 6 ; Mich. v, 3 ; Ps. lxxi, 1-6 ; Éphés. ii, 4, etc.). D’autres exégètes ramènent Schiloh à Schelloh, que lisent beaucoup de manuscrits ; ce serait un mot formé du relatif sché (pour âscher), qui, et du pron. loh (poétique pour lo par un vav), à lui : sens : jusqu’à ce que vienne celui à qui appartient le sceptre, c.-à-d. le Roi-Messie : comp. Ezéch. xxi, 32 (Vulg. 27). Ce sens paraît plus conforme au parallélisme, et c’est ce qu’ont compris en général les anciennes versions. Vulgate : jusqu’à ce que vienne celui qui doit être envoyé, le Messie ; cette traduction suppose la leçon schalouach (de la rac. schalach, envoyer), qui n’a en sa faveur aucune autorité.À lui que les peuples obéiront : trait caractéristique du Messie. Voy. Ps. ii, 7 sv. ; xxii, 28 sv. ; lxxxvi, 9 ; Is. ii, 2 ; liii, 10 ; Agg. ii, 7 sv. ; Malach. i, 11 ; Luc. ii, 29-32. Vulg., et il sera l’attente des nations.
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11Il attache à la vigne son ânon,
au cep le petit de son ânesse ;
il lave son vêtement dans le vin,
son manteau dans le sang de la grappe.
12Il a les yeux rouges de vin,
et les dents blanches de lait.

13Zabulon habite le bord de la mer,
il est sur le rivage où abordent les navires ;
son flanc est du côté de Sidon
13.  Zabulon signifie habitation. Son territoire s’étendait entre la mer Méditerranée et le lac de Génésareth, mais sans toucher à l’une ni à l’autre ; sa frontière à l’O. touchait à Sidon, c.-à-d. à la Phénicie, dont Sidon était alors la capitale.
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14Issachar est un âne robuste,
15.  Issachar : il y a probablement un jeu de mots sur son nom ; sachar fait penser à sachîr, mercenaire. — Âne robuste (litt. osseux), comme prédestiné à porter des fardeaux.

qui se couche dans ses parcs.
15Il voit que le repos est bon,
et que le pays est agréable ;
et il courbe son épaule sous le fardeau ;
il est devenu un homme asservi au tribut.
16Dan juge son peuple
16.  Dan, quoique le fils d’une servante, ne sera pas inférieur aux autres tribus d’Israël ; il aura comme elles sa pleine autonomie et réalisera son nom, qui signifie juger.
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comme l’une des tribus d’Israël.
17Dan est un serpent sur le chemin,
une vipère sur le sentier,
qui mord les talons du cheval,
pour que le cavalier tombe à la renverse
16.  Dan est ; ou bien, avec la Vulg., que Dan soit une vipère, propr. un céraste, serpent à cornes, de la couleur du sable où il se cache, pour se jeter à l’improviste sur les passants et leur faire de cruelles morsures : symbole de la ruse (voy. l’expédition des 600 Danites Jug. xviii, 28 sv. et les exploits de Samson), estimée, chez les Orientaux, à l’égal de la force et du courage.
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18J’espère en ton secours, ô Yahweh !

19Gad, des bandes armées le pressent,
et lui, à son tour, les presse sur les talons
19. Ces ennemis sont les bédouins du désert, qui menaçaient son territoire situé à l’E. du Jourdain.
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20D’Aser vient le pain savoureux,
il fournit les mets délicats des rois
20. Le territoire d’ Aser, qui longeait la Phénicie, en partant du Carmel, était très fertile, particulièrement en froment et en huile. Comp. Deut. xxxiii, 24 sv. ; I Rois, v, 11, 25 ; Act. xii, 20.
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21Nephtali est une biche en liberté,
il prononce des paroles gracieuses
21.  Biche ou gazelle, emblème du guerrier rusé et habile (II Sam. ii, 18, etc.). C’est le sens habituellement donné. On pourrait aussi traduire, et d’une manière peut-être plus satisfaisante : Nephthali est un chêne aux nombreux rameaux, qui a une cime (m. à m. tête) splendide.
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22Joseph est le rejeton
22.  Rejeton, ou rameau d’un arbre fertile ; d’autres, rameau chargé de fruits. — Ses branches vigoureuses, litt. ses filles, les jeunes rameaux de ce rejeton, s’élancent au-dessus de la muraille contre laquelle le rejeton, comme une vigne, est adossé. Sichem, le centre de possession de Joseph, est le site le plus beau de la Palestine centrale, et le mieux arrosé du pays.
d’un arbre fertile,
le rejeton d’un arbre fertile sur les bords d’une source ;
ses branches s’élancent au-dessus de la muraille.
23Des archers le provoquent,
ils lui lancent des flèches et l’attaquent.
24Mais son arc reste ferme,
ses bras et ses mains sont rendus agiles,
par les mains du Puissant de Jacob,
par celui qui est le Pasteur et le Rocher d’Israël
23-24. Après avoir comparé Joseph à un arbre, Jacob le représente sous les traits d’un guerrier en lutte avec ses ennemis. Éphraïm fut en effet, après Juda, la principale force des enfants d’Israël.
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25Que du Dieu de ton père — il t’aidera ! —
et du Tout-Puissant — il te bénira !
te viennent les bénédictions du ciel en haut,
les bénédictions de l’abîme en bas,
les bénédictions des mamelles et du sein maternel !
26Les bénédictions de ton père
26.  Les bénédictions de ton père, qu’il a eues en partage, étant de l’ordre spirituel, surpassent les bénédictions temporelles décrites dans le verset précédent. Les montagnes sont censées la partie la plus ancienne et la plus stable de la terre (Ps. xc, 2). Vulg. : les bénédictions de ton père l’emportent sur les bénédictions de tes pères, jusqu’à ce que vienne le désir des collines éternelles, le Messie.
surpassent
les bénédictions des montagnes antiques,
la beauté des collines éternelles :
qu’elles soient sur la tête de Joseph,
sur le front du prince de ses frères !

27Benjamin est un loup qui déchire ;
le matin il dévore la proie,
le soir il partage le butin
Caractère belliqueux de Benjamin. L’image du  loup n’était pas moins noble que celle du lion ; un prince madianite s’appelait Zeb, c.-à-d. loup (Jug. vii, 25). Quoique cette tribu fût une des plus petites, elle était maîtresse des défilés qui donnent accès dans les plaines adjacentes. Dans ces défilés, autrefois le repaire des bêtes féroces, Benjamin devait rôder au matin comme un loup, descendre dans les riches plaines des Philistins à l’ouest, dans la vallée du Jourdain à l’est, et retourner le soir pour partager son butin. Les Pères ont fait une application mystique de ce verset à saint Paul le Benjamite (Philip, iii, 5) : le matin, c’est-à-dire avant sa conversion, loup dévorant pour l’Église naissante, il lui apportera plus tard les dépouilles des Gentils conquis par lui à la foi chrétienne (Galat. i, 23).
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28Ce sont là tous ceux qui formèrent les douze tribus d’Israël ; c’est ainsi que leur parla leur père et qu’il les bénit. Il les bénit chacun selon sa bénédiction.

5. Chap. xlix, 29-l, 13 : Mort de Jacob — Dernières volontés du patriarche (xlix, 29-32), sa mort (xlix, 33), son embaumement (xlix, 1-3). Avec la permission de Pharaon (xlix, 4-6), Joseph va en Chanaan enterrer son père (xlix, 7-13).

29Puis il leur donna cet ordre : « Je vais être réuni à mon peuple ; enterrez-moi avec mes pères dans la caverne qui est dans le champ d’Éphron, le Héthéen, 30dans la caverne du champ de Macpéla, en face de Mambré, au pays de Chanaan : c’est la caverne qu’Abraham a acquise d’Éphron, le Héthéen, avec le champ, pour avoir un sépulcre qui lui appartienne. 31C’est là qu’on a enterré Abraham et Sara, sa femme, c’est là qu’on a enterré Isaac et Rebecca, sa femme, et c’est là que j’ai enterré Lia. » 32Le champ et la caverne qui s’y trouve ont été acquis des fils de Heth
32. Ce verset manque dans la Vulgate, où le vers. suivant est le vers. 32.
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33Lorsque Jacob eut achevé de donner ses ordres à ses fils, ayant retiré ses pieds dans le lit, il expira et fut réuni à ses pères.
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