‏ Isaiah 63


8. Chap. lxiii, 1-6 : Châtiment d’Édom. — Le vendangeur (lxiii, l) ; l’œuvre de sa colère (lxiii, 2, 3) ; le jour de la vengeance (lxiii, 4-6).

1Qui est celui-là qui vient d’Édom,
de Bosra en habits écarlates ?
Il est magnifique dans son vêtement,
il se redresse dans la grandeur de sa force.
LXIII, 1.  Qui est celui-là ? Au salut d’Israël correspond le châtiment de ses ennemis, dont Édom est le type, (comp. Ps. cxxxvii, 7 ; Amos, i, 11). La prophétie revêt la forme d’une vision ; Yahweh se présente au prophète sous la figure d’un guerrier qui arrive du pays d’Édom, où il vient d’exécuter son jugement.

— C’est moi, qui parle avec justice,
et qui suis puissant pour sauver.

2— Pourquoi y a-t-il du rouge à ton vêtement,
et tes habits sont-ils comme ceux du pressureur ? —
3— Au pressoir j’ai foulé seul,
et, parmi les peuples, personne n’a été avec moi.
Et je les ai foulés dans ma colère,
piétinés dans ma fureur ;
le jus
3.  Le jus. Le mot est le même que celui qui, au vers. 6, est traduit par sang. Il y a transition naturelle entre le jus du raisin et le sang des ennemis.
en a jailli sur mes habits,
et j’ai souillé tout mon vêtement.

4Car un jour de vengeance était dans mon cœur,
et l’année de ma rédemption était venue.
5J’ai regardé, et personne pour m’aider ;
j’étais étonné, et personne pour me soutenir.

Alors mon bras m’a sauvé,
et ma fureur m’a soutenu.
6J’ai écrasé les peuples dans ma colère,
et je les ai enivrés de ma fureur,
et j’ai fait couler leur sang à terre. »

9. Chap, lxiii, 7 — lxiv, 11 : Prière du prophète en faveur et au nom d’Israël captif. — Souvenir des faveurs d’autrefois (lxiii, 7-11a) et, en particulier, de l’exode (lxiii, 11b-14). Que, dans sa miséricorde, Yahweh renouvelle ses faveurs (lxiii, 15-19a) et ses miracles (lxiii, 19b-lxiv, 4a) ! Qu’il ne se laisse pas rebuter par les péchés (lxiv, 4b-6) jusqu’à pousser son châtiment à l’extrême (lxiv, 7-11) !

7Je célébrerai les miséricordes de Yahweh,
les louanges de Yahweh,
selon tout ce que Yahweh a fait pour nous,
ainsi que sa grande bonté envers la maison d’Israël,
qu’il lui a témoignée dans sa compassion,
et son immense miséricorde.

8Il a dit : « Oui, ils sont mon peuple,
des fils qui ne seront pas infidèles ! »
et il a été pour eux un sauveur.
9Dans toutes leurs angoisses,
il a été en angoisse,
9.  Il était en angoisse en lisant lô par un vav. La leçon 16 avec un aleph (Vulg., non est tribulatus) ne présente guère de sens. — L’ange de sa face : Yahweh se manifestant et se rendant visible aux créatures. — LXX : Il fut pour eux un sauveur dans toutes leurs angoisses ce ne fut ni un envoyé ni un ange, mais lui qui les sauva.

et l’ange de sa face les a sauvés ;
dans son amour et son indulgence,
il les a rachetés lui-même ;
il les a soutenus et portés,
pendant tous les jours d’autrefois.
10Mais eux furent rebelles et attristèrent
son Esprit saint ;
10.  Son Esprit saint : Yahweh lui-même habitant spirituellement et d’une façon permanente au milieu de son peuple.

alors il se changea pour eux en ennemi ;
lui-même leur fit la guerre.
11Alors son peuple se souvint des anciens jours, de Moïse !

Où est celui qui fit monter de la mer
le berger de son troupeau ?
11.  Des anciens jours, de Moïse. Le nom de Moïse, qui manque dans les LXX et cadre assez mal avec le contexte, pourrait avoir été suggéré par les versets suivants.

Où est celui qui mit au milieu d’eux
son Esprit saint,
12qui fit marcher à la droite de Moïse
son bras glorieux, qui fendit les eaux devant eux,
pour se faire un nom éternel ;
13qui les fit marcher à travers les abîmes,
sans trébucher,
comme un cheval dans la steppe,
14comme le bétail qui descend dans la vallée ?
L’Esprit de Yahweh les a conduits au repos :
c’est ainsi que vous avez guidé votre peuple,
pour vous faire un nom glorieux.

15Regardez du ciel et voyez,
de votre demeure sainte et magnifique :
Où sont votre zèle et votre puissance,
15.  Votre Puissance. D’après les versions anciennes. Hébr., vos merveilles.

le frémissement de vos entrailles et votre pitié ?
Pour moi, ils se sont arrêtés.
16Car vous êtes notre père ;
car Abraham nous ignore,
et Israël
16.  Abraham et Israël (Jacob), morts depuis longtemps, ne peuvent pas nous sauver.
ne nous connaît pas.
Vous, Yahweh, vous êtes notre père ;
notre Rédempteur : c’est votre nom dès les âges anciens.

17Pourquoi, ô Yahweh, nous feriez-vous errer loin de vos voies,
endurciriez-vous notre cœur contre votre crainte ?
Revenez, pour l’amour de vos serviteurs,
et des tribus de votre héritage !
18Votre peuple saint a possédé le pays bien peu de temps ;
nos ennemis ont foulé aux pieds votre sanctuaire.
19Nous sommes depuis longtemps
19.  Depuis longtemps, depuis le temps de l’exil. Israël n’ayant plus de sanctuaire, son Dieu s’est retiré de lui. — La deuxième partie de ce verset constitue le vers. 1 du chap. lxiv de la Vulgate, qui se trouve ainsi, dans tout ce chapitre, en avant d’un verset sur l’hébreu.
comme un peuple que vous ne gouvernez pas,
sur lequel votre nom n’est pas invoqué.

Ah ! si vous déchiriez les cieux, si vous descendiez,
— les montagnes seraient ébranlées devant vous ! —
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