Isaiah 7
1. Chap. vii, 1-25 : Message au roi et à la cour. — Impression produite par l’invasion des Syriens et des Éphraïmites (vii, 1, 2). Isaïe devant Achaz : Ne pas craindre, se fier à Yahweh (vii, 3-9). Le signe de la Vierge et sa signification (vii, 10-16). Désastres causés par l’invasion assyrienne (vii, 17-20). Le pays transformé en désert (vii, 21-25).
1Il arriva du temps d’Achaz, ▼▼VII, 1. Dès la fin du règne de Joatham, Phacée et Rasin s’étaient ligués pour faire la guerre au royaume de Juda (II Rois, xv, 37). Le verset 1 nous transporte aux premières années d’Achaz (vers 736 av. J.-C.), probablement après la défaite de son armée par les Syriens et les Éphraïmites (Israélites du Nord ; II Par. xxviii, 5, 6), au moment où les deux rois alliés réunirent leurs troupes pour attaquer Jérusalem. (II Rois, xvi, 6).
fils de Joatham, fils d’Ozias, roi de Juda, que Rasin, roi de Syrie, avec Phacée, fils de Romélie, roi d’Israël, monta contre Jérusalem pour l’attaquer ; mais il ne put s’en emparer. 2On annonça à la maison de David cette nouvelle : « La Syrie est campée en Éphraïm. » ▼▼2. La Syrie est campée en Éphraïm, ou bien : s’est appuyée sur Éphraïm, a fait sa jonction avec l’armée de Phacée, roi d’Israël.
Alors le cœur du roi et le cœur de son peuple furent agités comme les arbres de la forêt sont agités par le vent. 3Et Yahweh dit à Isaïe : « Sors à la rencontre d’Achaz, toi et Schéar-Jasub, ▼▼3. Schéâr-yaschûb, c.-à-d. un reste reviendra ou se convertira. Ce nom significatif, donné au fils du prophète, exprime la pensée fondamentale de tout le livre, à savoir qu’un petit reste du peuple survivra au châtiment et deviendra le point de départ des temps nouveaux. Vulg., ton fils Jasub qui est laissé.
ton fils, vers l’extrémité du canal de l’étang supérieur, sur le chemin du champ du foulon. 4Et tu lui diras : Prends garde, tiens-toi tranquille, ne crains point,et que ton cœur ne défaille point
devant ces deux bouts de tisons fumants,
à cause de la fureur de Rasin et de la Syrie, et du fils de Romélie. ▼
▼4. Les paroles d’Isaïe ont pour but de combattre le projet qui, déjà sans doute, prenait corps dans l’esprit d’Achaz, celui d’un appel à l’Assyrie : projet aussi funeste au pays qu’impie devant Yahweh.
5Parce que la Syrie a médité le mal contre toi
ainsi qu’Éphraïm et le fils de Romélie, en disant :
6« Montons contre Juda,
jetons-le dans l’épouvante, envahissons-le,
et établissons-y pour roi ▼
▼6. Pour roi, vassal de la Syrie et d’Éphraïm.
le fils de Tabéel ;7ainsi parle le Seigneur Yahweh :
Cela n’aura pas d’effet, cela ne sera pas !
8Car la tête ▼
▼8, 9. La tête. Rasin et Phacée ont chacun leur domaine et leur capitale ; cette situation voulue de Dieu ne sera pas changée. — Encore soixante cinq ans : Samarie fut détruite quinze ans après, sous le règne d’Osée, par Salmanasar et Sargon () ; mais le désastre final qui réduisit Éphraïm à n’être plus un peuple n’eut lieu que plus tard, sous Asarhaddon (II Rois, xvii, 24 ; I Esdr. iv, 2.)
de la Syrie, c’est Damas,et la tête de Damas, c’est Rasin ;
et encore soixante-cinq ans,
et Éphraïm aura cessé d’être un peuple.
9Et la tête d’Éphraïm, c’est Samarie, et la tête de Samarie,
c’est le fils de Romélie.
Si vous ne croyez pas, vous ne subsisterez pas ! »
10Yahweh parla encore à Achaz, en disant : ▼
▼10-25. D’après le P. Condamin, Le Livre d’Isaïe, toute cette fin du chapitre serait écrite en prose.
11« Demande un signe à Yahweh, ton Dieu, demande-le dans les profondeurs du schéol ou dans les hauteurs du ciel. » 12Mais Achaz dit : « Je ne le demanderai pas, je ne tenterai pas Yahweh. » ▼▼12. Achaz simule le respect de la loi (Deut. vi, 16) pour couvrir sa mauvaise volonté et son incrédulité.
13Et Isaïe dit : « Écoutez, maison de David :Est-ce trop peu pour vous de fatiguer les hommes,
que vous fatiguiez aussi mon Dieu ?
14C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe :
Voici que la Vierge ▼
▼14. La Vierge. S. Matthieu (i, 23), et à sa suite, toute la tradition catholique entendent par la Vierge, la Vierge Marie, et par Emmanuel le Verbe incarné, le Fils de Dieu fait homme véritablement Dieu avec nous. Comp. Mich. v, 1-3.
a conçu, et elle enfante un fils,et elle lui donne le nom d’Emmanuel.
15Il mangera de la crème et du miel, ▼
▼15. Manger de la crème et du miel, est l’indice, non d’un temps d’abondance, mais d’une époque de dévastation, où l’on n’a plus pour se nourrir que les produits spontanés du sol (cf. vers. 21, 22).
jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien.
16Car avant que l’enfant sache rejeter le mal et choisir le bien,
le pays dont tu redoutes les deux rois sera dévasté. ▼
▼16. Le pays dont tu redoutes etc. S’appuyant sur une variante des LXX, le P. Condamin traduit : la terre pour laquelle tu redoutes les deux rois, c.-à d. le pays de Juda, sera dévasté. Il le sera par les Assyriens, dont il est question dans les vers. suivants.
17Yahweh fera venir sur toi et sur ton peuple,
et sur la maison de ton père,
des jours tels qu’il n’en est pas venu depuis le jour où Éphraïm s’est séparé de Juda,
— le roi d’Assyrie. »
18En ce jour-là, Yahweh sifflera ▼
▼18. Sifflera. Chaque image convient au pays qu’elle caractérise : en Égypte abondent les mouches et les cousins, comme les abeilles en Assyrie.
la mouche qui est à l’extrémité des fleuves d’Égypte,
et l’abeille qui est au pays d’Assyrie.
19Elles viendront et se poseront toutes
dans les vallées escarpées
et dans les fentes des rochers,
sur tous les buissons et sur tous les pâturages.
20En ce jour-là, le Seigneur rasera
avec un rasoir qu’il aura loué au delà du Fleuve
— avec le roi d’Assyrie, —
la tête et le poil des pieds,
et il enlèvera aussi la barbe.
21En ce jour-là, un homme nourrira
une vache et deux brebis,
22et, à cause de l’abondance du lait qu’elles donneront,
on ne mangera plus que de la crème ;
car c’est de la crème et du miel que mangeront
tous ceux qui seront restés dans le pays.
23En ce jour-là, tout endroit où il y avait
mille ceps de vigne, valant mille pièces d’argent,
sera couvert de ronces et d’épines.
24On y entrera avec des flèches et avec l’arc,
car tout le pays ne sera que ronces et épines.
25Et sur toutes les montagnes que l’on cultivait avec le sarcloir,
tu n’iras plus, par crainte des ronces et des épines,
elles seront un pâturage de bœufs, et une terre foulée par les brebis.
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