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2. Chap. xvi, 1-21 : Cantique de Judith. — Il faut chanter le Seigneur tout-puissant et sauveur (xvi, 1-4). Projets des Assyriens (xvi, 5, 6). Leur humiliation par une femme (xvi, 7-11), leur déroute (xvi, 12-14). Il faut rendre grâce au Seigneur, tout-puissant en son domaine universel (xvi, 15-18) et en sa protection (xvi, 19-21).

1Alors Judith chanta ce cantique au Seigneur, en disant : 2« Célébrez
XVI, 2.  Célébrez : LXX et Vulg. Commencez. Le traducteur primitif paraît avoir lu, au lieu de hallelû, une forme de chalâl, commencer.
le Seigneur au son des tambourins,
chantez le Seigneur avec les cymbales,
modulez en son honneur un cantique nouveau,
exaltez et acclamez son nom.
3Le Seigneur met fin aux guerres ;
le Seigneur est son nom !
3. Citation littérale du cantique de Moïse (Exod. xv, 3).

4Il a dressé son camp au milieu de son peuple,
pour nous délivrer des mains de tous nos ennemis.
5Assur est venu des montagnes,
du côté de l’Aquilon, avec les myriades de ses guerriers ;
leur multitude arrêtait les torrents,
et leurs chevaux couvraient les vallées.
5. LXX : «  Leur multitude encombrait les vallées, et leurs chevaux couvraient les collines » Le même mot hébreu signifie torrent et vallée.


6Il se promettait de ravager par le feu mon territoire,
d’immoler par l’épée mes jeunes gens,
de faire de mes enfants un butin,
de mes vierges des captives.

7Mais le Seigneur tout-puissant l’a couvert d’ignominie ;
il l’a livré aux mains d’une femme, et elle en a triomphé.
8Leur héros n’est point tombé sous les coups des jeunes gens ;
les fils des braves ne l’ont point frappé ;
les géants
8. Le terme  Titan (LXX, Vulg.) doit correspondre à l’hébr. gibborim, héros.
à haute stature ne se sont pas mesurés avec lui.

C’est Judith, la fille de Mérari,
qui l’a renversé par la beauté de son visage.
9Elle s’est dépouillée des vêtements de son veuvage,
elle s’est parée de ses vêtements de fête,
pour le triomphe des enfants d’Israël ;
10elle a fait couler sur son visage une huile parfumée,
elle a disposé sous le turban les boucles de sa chevelure.

Elle a revêtu une robe neuve pour le séduire.
11L’éclat de sa chaussure a ébloui ses yeux,
sa beauté a rendu son âme captive,
et elle lui a tranché la tête avec l’épée.

12Les Perses ont frémi de sa vaillance, les Mèdes de son audace ;
13le camp des Assyriens a retenti de hurlements,
quand se sont montrés les miens, exténués et desséchés par la soif.

14Des fils de jeunes femmes les ont transpercés
et les ont tués comme des enfants qui s’enfuient :
ils ont péri dans le combat, devant la face du Seigneur mon Dieu.

15Chantons un cantique au Seigneur,
chantons au Seigneur un cantique nouveau :
16Maître souverain, Seigneur, vous êtes grand,
et magnifique dans votre puissance,
et nul ne peut vous surpasser.

17Que toutes vos créatures vous servent,
parce que vous avez parlé, et tout a été fait ;
vous avez envoyé votre esprit, et tout a été créé,
et nul ne peut résister à votre voix.

18Les montagnes, ainsi que les eaux, sont agitées sur leurs bases,
les pierres se fondent comme la cire, devant votre face ;
18. Après ce verset, les LXX ajoutent : «  Mais vous vous rendez propice envers ceux qui vous craignent. Car c’est peu que de vous offrir des victimes, même d’agréable odeur ; et toute la graisse des holocaustes qui vous sont offerts n’est pas d’un grand prix. »

19mais ceux qui vous craignent
sont grands devant vous en toutes choses.

20Malheur à la nation qui s’élève contre mon peuple !
Car le Seigneur, le Tout-Puissant, se vengera d’elle,
il la visitera au jour du jugement,
21il livrera leur chair au feu et aux vers,
afin qu’ils brûlent et qu’ils éprouvent ce supplice éternellement. »

3. Chap. xvi, 22-24 : Actions de grâces à Jérusalem.

22Après cette victoire, tout le peuple se rendit à Jérusalem pour adorer le Seigneur et, aussitôt qu’ils furent purifiés, ils offrirent tous les holocaustes et acquittèrent leurs vœux et leurs promesses. 23Judith offrit toutes les armes d’Holoferne, que le peuple lui avait données, et le rideau qu’elle avait elle-même enlevé du lit, en anathème d’oubli.
23.  Elle offrit toutes les armes d’Holoferne : cet usage existait chez les Juifs (I Sam. xxi. 9). — En anathème. hébr. cherem, comme une chose absolument consacrée à Dieu et soustraite à l’usage des hommes. — D’oubli : ce mot qui n’est pas dans les LXX, est diversement expliqué. Selon plusieurs, ces armes déposées dans le Temple, devaient préserver de l’oubli l’événement qu’elles rappelaient ; selon d’autres, au contraire, elles devaient faire oublier les malheurs passes d’Israël.
24Tout le peuple était dans l’allégresse en face du sanctuaire, et la joie de cette victoire fut célébrée avec Judith pendant trois mois.

4. Chap. xvi, 25-30 : Derniers jours de Judith.

Ces jours de fête étant passés, chacun retourna dans sa maison ; Judith fut honorée dans Béthulie, et elle jouit d’un grand renom dans tout le pays d’Israël. Joignant au courage la chasteté, elle ne connut point d’homme le reste de sa vie, depuis la mort de Manassès, son mari. Les jours de fête, elle paraissait magnifiquement parée.
27. Ce verset manque en grec et dans les anciennes versions.
Après avoir demeuré cent cinq ans dans la maison de son mari et donné la liberté à sa servante,
28.  Demeuré… dans la maison de son mari. LXX : « elle parvint à l’âge avancé de cent cinq ans, dans la maison de son mari. » La vers. syriaque donne aussi ce nombre comme celui des années de la vie entière de Judith. On l’enterra. dit le grec, dans la caverne de Manassès, son époux.
elle mourut et fut inhumée à Béthulie avec son mari ; et tout le peuple la pleura pendant sept jours.
29. Les LXX ajoutent : «  Avant de mourir, elle distribua ses biens aux plus proches parents de Manassès et à ses plus proches parents. »
Dans tout le cours de sa vie et après sa mort, il n’y eut personne, pendant de longues années, qui troubla la paix d’Israël.

5. Chap. xvi, 31 : Fête commémorative.

25Le jour de fête institué en souvenir de cette victoire est compté par les Hébreux au nombre des saints jours, et il est célébré par les Juifs depuis ce temps-là jusqu’aujourd’hui.
31. Ce verset ne se lit que dans la Vulgate. On ne trouve nulle part mémoire de cette solennité dans l’histoire juive.

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