‏ Job 29


6. Chap. xxix, 1-xxxi, 40 : Dernier discours de Job. — Job se rappelle les jours de son bonheur (xxix, 1-6), les honneurs dont il était entouré (xxix, 7-11, 21-25), mérités par sa bienfaisance (xxix, 12-17), sa confiance en l’avenir (xxix, 18-20). Et le voilà en proie à des hommes de rien (xxx, 1-15) ! Les jours d’affliction sont venus et Dieu est cruel envers lui (xxx, 16-23). Son malheur lui donne le droit de se plaindre (xxx, 24-31), car sa vie a été vertueuse : son respect de la jeune fille (xxxi, 1-4), son amour de la justice (xxxi, 5-8), son respect de la femme d’autrui (xxxi, 9-12), son souci du droit des serviteurs (xxxi, 13-15), sa pitié pour les malheureux (xxxi, 16-23), son horreur de l’avarice et de l’idolâtrie (xxxi, 24-28), son attitude vis-à-vis des ennemis (xxxi, 29, 30), sa charité (xxxi, 31, 32), sa sincérité au sujet de ses fautes (xxxi, 33, 34). De sa vie il est prêt à rendre compte devant Dieu (xxxi, 35-37). Petit appendice (xxxi, 38-40).

1Job reprit encore son discours et dit :
XXIX, 1. Voyant ses amis réduits au silence, Job prononce un dernier discours, qui ressemble plutôt à un monologue.
2Oh ! Qui me rendra les mois d’autrefois,
les jours où Dieu veillait à ma garde ;
3quand sa lampe brillait sur ma tête,
et que sa lumière me guidait dans les ténèbres !
4Tel que j’étais aux jours de mon âge mûr,
4.  Âge mûr, litt. automne. — Quand Dieu me visitait, etc. D’autres : quand Dieu veillait en ami sur ma tente.

quand Dieu me visitait familièrement dans ma tente,
5quand le Tout-Puissant était encore avec moi,
et que mes fils m’entouraient ;
6quand je lavais mes pieds dans le lait,
et que le rocher me versait des flots d’huile !

7Lorsque je sortais pour me rendre à la porte de la ville,
et que j’établissais mon siège sur la place publique,
8en me voyant, les jeunes gens se cachaient,
les vieillards se levaient et se tenaient debout.
9Les princes retenaient leurs paroles,
et mettaient leur main sur la bouche.
10La voix des chefs restait muette,
leur langue s’attachait à leur palais.
11L’oreille qui m’entendait me proclamait heureux,
l’œil qui me voyait me rendait témoignage.

12Car je sauvais le pauvre qui implorait du secours,
et l’orphelin dénué de tout appui.
13La bénédiction de celui qui allait périr venait sur moi,
je remplissais de joie le cœur de la veuve.
14Je me revêtais de la justice comme d’un vêtement,
mon équité était mon manteau et mon turban.
15J’étais l’œil de l’aveugle,
et le pied du boiteux.
16J’étais le père des pauvres,
j’examinais avec soin la cause de l’inconnu.
17Je brisais la mâchoire de l’injuste,
et j’arrachais sa proie d’entre les dents.
18Je disais : « Je mourrai dans mon nid,
j’aurai des jours nombreux comme le sable.
18.  Comme le sable : Plusieurs modernes, comme ceux du Phénix, oiseau fabuleux qui, consumé avec son nid, renaissait de ses cendres et était le symbole de l’immortalité. Vulg., comme ceux du palmier. De même les LXX, quoique la leçon primitive paraisse avoir été : comme le phénix.

19Mes racines s’étendent vers les eaux,
la rosée passe la nuit dans mon feuillage.
20Ma gloire reverdira sans cesse,
et mon arc reprendra sa vigueur dans ma main. »
21On m’écoutait et l’on attendait,
on recueillait en silence mon avis.
22Après que j’avais parlé, personne n’ajoutait rien ;
ma parole coulait sur eux comme la rosée.
23Ils m’attendaient comme on attend la pluie ;
ils ouvraient la bouche comme aux ondées du printemps.
24Si je leur souriais, ils ne pouvaient le croire ;
ils recueillaient
24.  Ils recueillaient etc. M. à m. Ils ne laissaient pas tomber la lumière de ma face. D’autres : On ne pouvait chasser la sérénité de mon front.
avidement ce signe de faveur.
25Quand j’allais vers eux, j’avais la première place,
je siégeais comme un roi entouré de sa troupe,
comme un consolateur au milieu des affligés.
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