Job 4
2. Chap. iv, 1-v, 27 : Discours d’Éliphaz. — Après en avoir fortifié tant d’autres, Job fléchirait-il (iv, 1-5) ? L’innocent ne saurait périr, seul le méchant est condamné (iv, 6-11). Vision nocturne : personne n’est juste devant Dieu (iv, 12-21). Au lieu de se plaindre (v, 1-7), reconnaître sa faute et recourir à Dieu, tout-puissant pour sauver (v, 8-16) : voilà le moyen de redevenir heureux (v, 17-27).
1Alors Éliphaz de Théman prit la parole et dit : 2Si nous risquons un mot, peut-être en seras-tu affligé ;mais qui pourrait retenir ses paroles ?
3Voilà que tu en as instruit plusieurs,
que tu as fortifié les mains débiles,
4que tes paroles ont relevé ceux qui chancelaient,
que tu as raffermi les genoux vacillants !…
5Et maintenant que le malheur vient à toi, tu faiblis ;
maintenant qu’il t’atteint, tu perds courage !…
6Ta crainte de Dieu n’était-elle pas ton espoir ?
Ta confiance n’était-elle pas dans la pureté de ta vie ?
7Cherche dans ton souvenir : quel est l’innocent qui a péri ?
En quel lieu du monde les justes ont-ils été exterminés ?
8Pour moi, je l’ai vu, ceux qui labourent l’iniquité
et qui sèment l’injustice, en moissonnent les fruits.
9Au souffle de Dieu ils périssent,
ils sont consumés par le vent de sa colère.
10Le rugissement du lion et sa voix tonnante ▼
▼IV, 10. sv. Sa voix tonnante, litt. la voix du lion (hebr. schachal, le rugissant) ; Vulg., de la lionne. — Le lion adulte, hébr. laisch ; Vulg., le tigre. — Figures des méchants que Dieu finit par exterminer.
sont étouffés,et les dents du jeune lion sont brisées ;
11le lion périt faute de proie,
et les petits de la lionne se dispersent.
12Une parole est arrivée furtivement jusqu’à moi,
et mon oreille en a saisi le léger murmure.
13Dans le vague des visions de la nuit,
à l’heure où un sommeil profond pèse sur les mortels,
14une frayeur et un tremblement me saisirent,
et agitèrent tous mes os.
15Un esprit passait devant moi…
Les poils de ma chair se hérissèrent.
16Il se dressa, — je ne reconnus pas son visage, —
comme un spectre sous mes yeux.
Un grand silence, puis j’entendis une voix :
17L’homme sera-t-il juste vis-à-vis de Dieu ?
Un mortel sera-t-il pur en face de son Créateur ?
18Voici qu’il ne se fie pas à ses serviteurs,
et qu’il découvre des fautes dans ses anges :
19combien plus en ceux qui habitent des maisons de boue,
qui ont leurs fondements dans la poussière,
qui seront réduits en poudre, comme par la teigne !
20Du matin au soir ils sont exterminés,
et sans que nul y prenne garde, ils périssent pour jamais.
21La corde de leur tente ▼
▼21. La corde de leur tente, le fil de leurs jours : le corps est comparé à une tente (II Pier. i, 14), l’âme à la corde qui soutient la tente.
est coupée,ils meurent avant d’avoir connu la sagesse.
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