‏ Job 8


4. Chap. viii, 1-22 : Discours de Baldad. — Dieu est juste ; si les fils de Job ont péri, c’est qu’ils étaient coupables (viii, 1-4). Que Job lui-même se libère, en recourant à Dieu (viii, 5-7). La sagesse des anciens enseigne la chute rapide du méchant (viii, 8-19). Brillant avenir de Job, s’il est juste (viii, 20-22).

1Alors Baldad de Suhé prit la parole et dit :
VIII, 1. Le discours de Baldad repose sur le même principe que celui d’Éliphaz mais il garde moins de ménagement.
2Jusques à quand tiendras-tu ces discours,
et tes paroles seront-elles comme un souffle de tempête ?
3Est-ce que Dieu fait fléchir le droit,
ou bien le Tout-Puissant renverse-t-il la justice ?
4Si tes fils ont péché contre lui,
il les a livrés aux mains de leur iniquité.

5Pour toi, si tu as recours à Dieu,
si tu implores le Tout-Puissant,
6si tu es droit et pur,
alors il veillera sur toi,
il rendra le bonheur à la demeure de ta justice,
7ton premier état semblera peu de chose,
tant le second sera florissant.

8Interroge les générations passées,
sois attentif à l’expérience des pères : —
9car nous sommes d’hier, et nous ne savons rien,
nos jours sur la terre passent comme l’ombre ; —
10ne vont-ils pas t’enseigner, te parler,
et de leur cœur tirer des sentences :
11« Le papyrus croît-il en dehors des marais ?
Le jonc s’élève-t-il sans eau ?
12Encore tendre, sans qu’on le coupe,
il sèche avant toute herbe.
13Telles sont les voies de tous ceux qui oublient Dieu ;
l’espérance de l’impie périra.
14Sa confiance sera brisée ;
son assurance ressemble à la toile de l’araignée.
14.  Toile de l’araignée, litt. maison de l’araignée.

15Il s’appuie sur sa maison, et elle ne tient pas ;
il s’y attache, et elle ne reste pas debout.
16Il est plein de vigueur, au soleil,
ses rameaux s’étendent sur son jardin,
16. Des manuscrits de la Vulgate lisent  horto au lieu de ortu : ne serait-ce pas la leçon primitive ?

17ses racines s’entrelacent parmi les pierres,
il plonge jusqu’aux profondeurs du roc.
18Si Dieu l’arrache de sa place,
sa place le renie : Je ne t’ai jamais vu.
19C’est là que sa joie se termine,
19.  C’est là que sa joie se termine, m. à m. Voilà quelle est la joie de sa voie, peut-être le fruit joyeux de sa conduite.

et du même sol d’autres s’élèveront après lui. »

20Non, Dieu ne rejette pas l’innocent,
il ne prend pas la main des malfaiteurs.
21Il remplira ta bouche d’éclats de rire,
et mettra sur tes lèvres des chants d’allégresse.
22Tes ennemis seront couverts de honte,
et la tente des méchants disparaîtra.
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