John 10
2. Chap. x, 1-21. Le bon Pasteur. Portrait du bon et du mauvais pasteur (1-6). Jésus est le bon pasteur (7-18). Nouvelle discorde entre les Juifs (19-21).
1« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre point par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. 2Mais celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. 3C’est à lui que le portier ouvre, et les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom ses brebis, et il les mène aux pâturages. 4Quand il a fait sortir toutes ses brebis, il marche devant elles, et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. 5Elles ne suivront point un étranger, mais elles le fuiront, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » ▼▼X, 5. Suivront… fuiront. Selon d’autres manuscrits, suivraient, etc. Vulg. suivent… fuient.
6Jésus leur dit cette allégorie ; ▼▼6. Allégorie : παροιμίαν similitude, discours allégorique. L’idée de comparaison n’est pas aussi bien marquée dans ce terme que dans celui de παρομία, parabole.
mais ils ne comprirent pas de quoi il leur parlait. 7Jésus donc leur dit encore : « En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. 8Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point écoutés. 9Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera, et il sortira, et il trouvera des pâturages. 10Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance. 11Je suis ▼▼11. Les Prophètes avaient souvent décrit le Messie sous les traits d’un pasteur plein de bonté (voy. Is. xl, 11 ; Jér. xxiii, 4 ; Ezéch. xxxiv, 23 ; xxxvii, 24 ; Zach. xiii, 17). Souvent aussi ils avaient appelé le peuple de Dieu troupeau du Seigneur, brebis de son pâturage. (Ps. lxxix h. 13 ; c, 3 h. ; Ezéch. xxxiv, 3 sv. ; Mich. vii, 14 ; Zach. x, 3).
le bon pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. 12Mais le mercenaire, qui n’est pas le pasteur, et à qui les brebis n’appartiennent pas, voit venir le loup, laisse là les brebis et prend la fuite ; et le loup les ravit et les disperse. 13Le mercenaire s’enfuit, parce qu’il est mercenaire et qu’il n’a nul souci des brebis. 14Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, 15comme mon Père me connaît, et que je connais mon Père, et je donne ma vie pour mes brebis. 16J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut aussi que je les amène, et elles entendront ma voix, et il y aura une seule bergerie, un seul pasteur. ▼▼16. J’ai encore d’autres brebis, les Gentils. — Il n’y aura plus après ma mort, qu’une bergerie : le mur de séparation entre le judaïsme et le paganisme sera renversé (Eph. ii, 14 sv. ; Col. ii, 15).
17C’est pour cela que mon Père m’aime, parce que je donne ma vie pour la reprendre. 18Personne ne me la ravit, mais je la donne de moi-même ; j’ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père. » 19Il s’éleva de nouveau une division parmi les Juifs à l’occasion de ce discours. 20Plusieurs d’entre eux disaient : « Il est possédé d’un démon, il a perdu le sens : Pourquoi l’écoutez-vous ? » 21D’autres disaient : « Ce ne sont pas là les paroles d’un possédé ; est-ce qu’un démon peut ouvrir les yeux des aveugles ? » Occasion du discours (22-24). Jésus consubstantiel à son Père, les Juifs veulent le lapider (25-38). Jésus échappe à leurs mains et se retire au delà du Jourdain (39-42). 22On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace ; c’était l’hiver ; ▼▼22. Cette fête se célébrait le 25 du neuvième mois, appelé Casleu (milieu de décembre). (I Mach. iv, 52-59 ; ii, 1, 18 ; x, 5-8.)
23et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon. 24Les Juifs l’entourèrent donc et lui dirent : « Jusques à quand tiendrez-vous notre esprit en suspens ? Si vous êtes le Christ dites-le-nous franchement. » 25Jésus leur répondit : « Je vous l’ai dit, et vous ne me croyez pas : les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi ; 26mais vous ne me croyez point, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. ▼▼26. Après de mes brebis, plusieurs manuscrits ajoutent, comme je vous l’ai dit.
27Mes brebis entendent ma voix ; je les connais, et elles me suivent. 28Et je leur donne une vie éternelle, et elles ne périront jamais, et nul ne les ravira de ma main ; 29mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous, et nul ne peut les ravir de la main de mon Père. ▼▼29. La Vulgate et quelques manuscrits grecs : Ce que mon Père m’a donné est plus grand que toutes choses.
30Mon père et moi nous sommes un. » 31Les Juifs ramassèrent de nouveau ▼▼31. De nouveau. Voyez viii, 59. — Le lapider comme blasphémateur. Les Juifs comprenaient donc que Jésus, par ces paroles, s’attribuait la nature divine.
des pierres pour le lapider. 32Jésus leur dit : « J’ai fait devant vous beaucoup d’œuvres bonnes qui venaient de mon Père : pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous ? » 33Les Juifs lui répondirent : « Ce n’est pas pour une bonne œuvre que nous vous lapidons, mais pour un blasphème, et parce que, étant homme, vous vous faites Dieu. » 34Jésus leur répondit : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : J’ai dit : vous êtes des dieux ? ▼▼34. Ps. lxxxii (héb.).
35Si la Loi appelle dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, et si l’Écriture ne peut être anéantie, 36comment dites-vous à celui que le Père a sanctifié ▼▼36. Sanctifié doit s’entendre ici de la consécration à la dignité messianique, d’où le nom de Saint de Dieu donné à Jésus-Christ (Marc, i, 24 ; Luc, iv, 34 ; Jean, vi, 69). N.-S. argumente du moins au plus, et se hâte d’ajouter (vers. 38) qu’il est d’ailleurs le Fils de Dieu dans le sens propre du mot, c.‑à-d. un avec le Père en substance et en nature.
et envoyé dans le monde : Vous blasphémez, parce que j’ai dit : Je suis le Fils de Dieu ? 37Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas. 38Mais si je les fais, lors même que vous ne voudriez pas me croire, croyez à mes œuvres : afin que vous sachiez et reconnaissiez ▼▼38. Reconnaissiez, Vulg. et une autre leçon gr. : croyiez.
que le Père est en moi, et que je suis dans le Père. » 39Là-dessus, ils cherchèrent de nouveau à se saisir de lui, mais il s’échappa de leurs mains. 40Il s’en retourna au delà du Jourdain, dans le lieu où Jean avait commencé à baptiser ; et il y demeura. 41Et beaucoup venaient à lui, disant : « Jean n’a fait aucun miracle ; 42mais tout ce qu’il a dit de celui-ci était vrai. « Et il y en eut là beaucoup qui crurent en lui.
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