John 18
SECTION 2 [XVIII — XIX.] Gloire divine de Jésus manifestée dans sa Passion.
1. L’arrestation de Jésus ; il se livre en toute liberté. (xviii, 1-12).
1Après avoir ainsi parlé, Jésus se rendit, accompagné de ses disciples, au delà du torrent de Cédron, où il y avait un jardin, dans lequel il entra lui et ses disciples. ▼ 2Judas, qui le trahissait, connaissait aussi ce lieu, parce que Jésus y était souvent allé avec ses disciples. 3Ayant donc pris la cohorte ▼▼3. Cohorte romaine, non pas toute la cohorte de 600 hommes, mais un détachement de cette cohorte qui gardait la forteresse Antonia. Et avec les soldats romains (Matth. xxvii, 27 ; Marc, xiv, 16) des satellites envoyés par le Sanhédrin (Matth. xxvi, 47 ; Marc, xiv, 43 ; Luc, xxii, 47).
et des satellites fournis par les Pontifes et les Pharisiens, Judas y vint avec des lanternes, des torches et des armes. 4Alors Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » 5Ils lui répondirent : « Jésus de Nazareth. » — Il leur dit : « Jésus de Nazareth, c’est moi. » Or, Judas, qui le trahissait, était là avec eux. 6Lors donc que Jésus leur eut dit : « C’est moi, » ils reculèrent et tombèrent par terre. 7Il leur demanda encore une fois : « Qui cherchez-vous ? » Et ils dirent : « Jésus de Nazareth. » 8Jésus répondit : « Je vous l’ai dit, c’est moi ; si donc c’est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci. » 9Il dit cela, afin que fût accomplie la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que vous m’avez donnés. » 10Alors Simon-Pierre, qui avait une épée, la tira, et frappant le serviteur du grand prêtre, il lui coupa l’oreille droite : ce serviteur s’appelait Malchus. 11Mais Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai-je donc pas le calice ▼▼11. Ce calice, symbole des souffrances de la Passion (comp. Is. li, 16 ; Jér. xlix, 12 ; li, 7). rappelle celui de l’agonie au jardin des Oliviers (Matth. xxvi, 52 sv.).
que mon Père m’a donné ? » 12Alors la cohorte, le tribun et les satellites des Juifs se saisirent de Jésus et le lièrent. 2. Chez Anne et Caïphe (13-27).
13Ils l’emmenèrent d’abord chez Anne parce qu’il était beau-père de Caïphe, lequel était grand-prêtre cette année-là. 14Or, Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : « Il est avantageux qu’un seul homme meure pour le peuple. » 15Cependant Simon-Pierre suivait Jésus, avec un autre disciple. Ce disciple, étant connu du grand-prêtre, entra avec Jésus dans la cour du grand-prêtre, ▼▼15. Pour bon nombre d’exégètes, ce qui suit se passe chez Caïphe ; c’est de lui qu’il s’agit vers. 15, 16 et 19, et au témoignage des Synoptiques c’est dans la cour de son palais qu’eurent lieu les trois reniements de S. Pierre. S. Jean, qui n’avait pas dit un mot de ce changement du lieu de la scène, le mentionne au vers. 24, sous forme de parenthèse ou de récapitulation. Toutefois, il est assez irrégulier de traduire au v. 24 le verbe ἀπέστειλεν par un plus-que-parfait. Aussi plusieurs exégètes pensent, après S. Cyrille d’Alexandrie, que la remarque du vers. 24 devait se lire après le verset 14. Tout se suit alors naturellement. Cependant la phrase du verset 24, telle qu’elle est construite se comprend mieux après le verset 23, qu’après le 14e. Pour expliquer la difficulté de ce passage, il suffit de supposer la cour intérieure commune entre Anne et Caïphe. Et en attendant la réunion des Sanhédrites chez lui, le grand-prêtre Caïphe serait venu chez son beau-père interroger le prisonnier.
16mais Pierre était resté près de la porte, en dehors. L’autre disciple, qui était connu du grand-prêtre sortit donc, parla à la portière, et fit entrer Pierre. ▼ 17Cette servante, qui gardait la porte, dit à Pierre : « N’es-tu pas, toi aussi, des disciples de cet homme ? » Il dit : « Je n’en suis point. » 18Les serviteurs et les satellites étaient rangés autour d’un brasier, parce qu’il faisait froid, et ils se chauffaient ; Pierre se tenait aussi avec eux, et se chauffait. 19Le grand-prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. 20Jésus lui répondit : « J’ai parlé ouvertement au monde ; j’ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s’assemblent, et je n’ai rien dit en secret. 21Pourquoi m’interroges-tu ? Demande à ceux qui m’ont entendu, ce que je leur ai dit ; eux, ils savent ce que j’ai enseigné. » 22À ces mots, un des satellites qui se trouvait là, donna un soufflet à Jésus, en disant : « Est-ce ainsi que tu réponds au grand-prêtre ? » 23Jésus lui répondit : « Si j’ai mal parlé, fais voir ce que j’ai dit de mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » 24Anne avait envoyé Jésus lié à Caïphe, le grand-prêtre. 25Or, Simon-Pierre était là, se chauffant. Ils lui dirent : « N’es-tu pas, toi aussi, de ses disciples ? » Il le nia et dit : « Je n’en suis point. » 26Un des serviteurs du grand-prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, lui dit : « Ne t’ai-je pas vu avec lui dans le jardin ? » 27Pierre nia de nouveau et aussitôt le coq chanta. 3. Chez Pilate (28 — xix, 16).
28Ils conduisirent Jésus de chez Caïphe au prétoire : c’était le matin. Mais ils n’entrèrent pas eux-mêmes dans le prétoire, pour ne pas se souiller et afin de pouvoir manger la Pâque. ▼▼28. Matth. xxvii, 2 ; Marc, xv, 1 ; Luc, xxiii, 1. — Quelques interprètes ont cru que la Pâque ne désignait pas ici l’agneau pascal, mais les victimes qu’on avait coutume d’immoler pendant les 7 jours que durait la fête et plus spécialement celles qu’on immolait le jour le plus solennel, le 15 Nisan (comp. Deut. xvi, 2-3 ; II Par. xxxv, 7-9). C’est à tort ; car ce n’est pas le sens de ces passages. Manger la Pâque, c’est toujours manger l’agneau pascal et jamais ces victimes ni la Hagigah.
29Pilate sortit donc vers eux, et dit : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » 30Ils lui répondirent : « Si ce n’était pas un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas livré. » 31Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes, et jugez-le selon votre loi. » Les Juifs lui répondirent : « Il ne nous est pas permis de mettre personne à mort » : 32afin que s’accomplît la parole que Jésus avait dite, lorsqu’il avait indiqué de quelle mort il devait mourir. ▼▼32. Afin que s’accomplît… C’était une disposition d’en haut pour que Jésus fût crucifié, comme il l’avait prédit (Matth. xx, 19 ; Jean, iii, 14 ; viii, 28 ; xii, 32). Les Juifs n’auraient pu que le lapider comme faux prophète (Lév. xxv, 14), comme coupable d’un crime contre la divinité. Pour qu’il subît le supplice de la croix il fallait qu’il fût livré aux Romains qui punissaient ainsi les malfaiteurs insignes et spécialement la rébellion des gens du peuple contre l’État.
33Pilate étant donc rentré dans le prétoire, appela Jésus, et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » 34Jésus répondit : « Dis-tu cela de toi-même, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? » 35Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif ? Ta nation et les chefs des prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu fait ? » 36Jésus répondit : « Mon royaume n’est pas de ce monde ; si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour que je ne fusse pas livré aux Juifs, mais maintenant mon royaume n’est point d’ici-bas. » 37Pilate lui dit : « Tu es donc roi ? » Jésus répondit : « Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité : quiconque est de la vérité écoute ma voix. » 38Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Ayant dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit : « Pour moi, je ne trouve aucun crime en lui. 39Mais c’est la coutume qu’à la fête de Pâque je vous délivre quelqu’un. Voulez-vous que je vous délivre le roi des Juifs ? » 40Alors tous crièrent de nouveau : « Non pas lui, mais Barabbas. » Or, Barabbas était un brigand.
Copyright information for
FreCrampon