John 7
Incrédulité des frères de Jésus (1-10). Indécision de la foule (11-13). Deux discours de Jésus dans le temple : l’un vers le milieu de la fête (14-36), l’autre le dernier jour (37-39). On veut l’arrêter (40-44). Devant le Sanhédrin, Nicodème prend sa défense (45-53).
1Après cela, Jésus parcourut la Galilée, ne voulant pas aller en Judée, parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir. 2Or, la fête des Juifs, celle des Tabernacles, était proche. ▼▼VII, 2. S. Jean, se contentant d’une allusion aux courses apostoliques que fit alors N.-S. aux environs de la Galilée, dans le nord de la Palestine (Matth. xv-xviii), nous transporte à la fête des Tabernacles, qui se célébrait chaque année du 15 au 22 du mois appelé Tischri (septembre-octobre) ; le premier et le dernier jours étaient très solennels.
3Ses frères lui dirent donc : « Partez d’ici, et allez en Judée, afin que vos disciples aussi voient les œuvres que vous faites ; 4car personne ne fait une chose en secret, lorsqu’il désire qu’elle paraisse. Si vous faites ces choses, montrez-vous au monde. » 5Car ses frères mêmes ne croyaient pas en lui. ▼▼5. Ils doutaient encore qu’il fût le Messie, ce Messie puissant et glorieux qui, dans leur opinion, comme dans celle de la plupart de leurs contemporains, devait relever avec plus d’éclat le trône de David et de Salomon. Puisqu’il semble, cependant, prétendre à cette dignité, qu’il se hâte de quitter la Galilée, de sortir de la solitude où il se complaît, pour se rendre dans la capitale de la nation, et là, qu’il inaugure sa royauté avec éclat.
6Jésus leur dit : « Mon temps n’est pas encore venu ; mais votre temps à vous est toujours prêt. ▼▼6. Mon temps, le temps de me montrer au monde, à Jérusalem. — Votre temps est toujours prêt, c.‑à-d. tous les temps vous sont bons, vous pouvez aller à Jérusalem quand vous le voulez.
7Le monde ne saurait vous haïr ; moi, il me hait, parce que je rends de lui ce témoignage, que ses œuvres sont mauvaises. 8Montez, vous, à cette fête ; pour moi, je n’y vais point, parce que mon temps n’est pas encore venu. » ▼▼8. Je n’y vais point avec vous, avec la foule pour me montrer avec éclat comme vous le désirez.
9Après avoir dit cela, il resta en Galilée. 10Mais lorsque ses frères furent partis, lui-même monta aussi à la fête, non publiquement, mais en secret. 11Les Juifs donc le cherchaient durant la fête, et disaient : « Où est-il ? » 12Et il y avait dans la foule une grande rumeur à son sujet. Les uns disaient : « C’est un homme de bien. — Non, disaient les autres, il trompe le peuple. » 13Cependant personne ne s’exprimait librement sur son compte, par crainte des Juifs. 14On était déjà au milieu de la fête, lorsque Jésus monta au temple, et il se mit à enseigner. ▼▼14. Jésus monta au temple, εἰς τὸ ἱερὸν, il s’agit ici des galeries sacrées.
15Les Juifs étonnés disaient : « Comment connaît-il les Écritures, lui qui n’a point fréquenté les écoles ? » 16Jésus leur répondit : « Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. 17Si quelqu’un veut faire la volonté de Dieu, il saura si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de moi-même. 18Celui qui parle de soi-même, cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, est véridique, et il n’y a point en lui d’imposture. 19Est-ce que Moïse ne vous a point donné la Loi ? Et nul de vous n’accomplit la loi. 20Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? » La foule répondit : « Vous êtes possédé du démon ; qui est-ce qui cherche à vous faire mourir ? » 21Jésus leur dit : « J’ai fait une seule œuvre, et vous voilà tous hors de vous-mêmes ? ▼▼21. Allusion à la guérison d’un paralytique le jour du sabbat (v. 2 sv.).
22Moïse vous a donné la circoncision (non qu’elle vienne de Moïse, mais des Patriarches), et vous la pratiquez le jour du sabbat. 23Que si, pour ne pas violer la loi de Moïse, on circoncit le jour du sabbat, comment vous indignez-vous contre moi, parce que, le jour du sabbat, j’ai guéri un homme dans tout son corps ? 24Ne jugez point sur l’apparence, mais jugez selon la justice. » 25Alors quelques habitants de Jérusalem dirent : « N’est-ce pas là celui qu’ils cherchent à faire mourir ? 26Et le voilà qui parle publiquement sans qu’on lui dise rien. Est-ce que vraiment les chefs du peuple auraient reconnu qu’il est le Christ ? 27Celui-ci, néanmoins, nous savons d’où il est ; mais quand le Christ viendra, personne ne saura d’où il est. » 28Jésus, enseignant dans le temple, dit donc à haute voix : « Vous me connaissez et vous savez d’où je suis !… et pourtant ce n’est pas de moi-même que je suis venu : mais celui qui m’a envoyé est vrai : vous ne le connaissez point ; 29moi, je le connais, parce que je suis de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. » 30Ils cherchèrent donc à le saisir ; et personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue. 31Mais beaucoup, parmi le peuple, crurent en lui, et ils disaient : « Quand le Christ viendra, fera-t-il plus de miracles que n’en a fait celui-ci ? » 32Les Pharisiens entendirent la foule murmurant ces choses au sujet de Jésus ; alors les Princes des prêtres et les Pharisiens envoyèrent des satellites pour l’arrêter. 33Jésus dit : « Je suis encore avec vous un peu de temps, puis je m’en vais à celui qui m’a envoyé. 34Vous me chercherez, et vous ne me trouverez point, et où je suis vous ne pouvez venir. » 35Sur quoi les Juifs se dirent entre eux : « Où donc ira-t-il, que nous ne le trouverons point ? Ira-t-il vers ceux qui sont dispersés parmi les Gentils, et ira-t-il les instruire ? 36Que signifie cette parole qu’il a dite : Vous me chercherez et vous ne me trouverez point, et où je suis, vous ne pouvez venir ? » 37Le dernier jour de la fête, qui en est le jour le plus solennel, Jésus debout, dit à haute voix : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. ▼▼37. Il s’agit du huitième jour, qui clôturait la fête. Voy. Lév. xxiii, 36 sv.
38Celui qui croit en moi, de son sein, comme dit l’Écriture, couleront des fleuves d’eau vive. » ▼▼38. Plusieurs prophètes ont annoncé l’effusion des dons de l’Esprit-Saint dans les âmes à l’époque du Messie : p. ex. Is. xliv, 3 ; Joël, ii, 28 ; Ezéch. xxxvi, 25, etc.
39Il disait cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. ▼▼39. Ce qui eut lieu à la 1re Pentecôte et depuis : le don de l’Esprit-Saint, son effusion dans les âmes par les charismes, devait être le fruit de la victoire et de la glorification de l’Homme-Dieu.
40Parmi la foule, quelques-uns, qui avaient entendu ces paroles, disaient : « C’est vraiment le prophète. » ▼▼40. Le Prophète : voy. i, 21.
41D’autres : « C’est le Christ. — Mais, disaient les autres, est-ce de la Galilée que doit venir le Christ ? 42L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la race de David, et du bourg de Bethléem, où était David, que le Christ doit venir ? » 43C’est ainsi que le peuple était partagé à son sujet. 44Quelques-uns voulaient l’arrêter ; mais personne ne mit la main sur lui. 45Les satellites étant donc revenus vers les Pontifes et les Pharisiens, ceux-ci leur dirent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » 46Les satellites répondirent : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme. » ▼ 47Les Pharisiens leur répliquèrent : « Vous aussi, vous êtes-vous laissés séduire ? 48Y a-t-il quelqu’un parmi les Princes du peuple qui ait cru en lui ? Y en a-t-il parmi les Pharisiens ? 49Mais cette populace qui ne connaît pas la Loi, ce sont des maudits ! » 50Nicodème, l’un d’eux, celui qui était venu de nuit à Jésus, leur dit : ▼ 51« Notre loi condamne-t-elle un homme sans qu’on l’ait d’abord entendu, et sans qu’on sache ce qu’il a fait ? » 52Ils lui répondirent : « Toi aussi, es-tu Galiléen ? Examine avec soin les Écritures, ▼▼52. Les Écritures. Ce mot qu’on lit dans la Vulgate ne se trouve pas dans le grec : cependant il est bien dans le sens.
et tu verras qu’il ne sort point de prophète de la Galilée. » 53Et ils s’en retournèrent chacun dans sa maison.
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