‏ Nahum 3


3. Chap. iii, 1-19 : Malheur à la ville coupable. — Crimes de Ninive (iii, 1-7) ; elle partagera le sort de Thèbes (iii, 8-11). Impuissance devant l’ennemi (iii, 12-19).

1Malheur à la ville de sang,
toute pleine de fraude, de violence,
et qui ne cesse pas ses rapines !
2On entend le bruit du fouet,
le bruit du fracas des roues,
le galop des chevaux,
les chariots qui bondissent !
3Cavaliers qui s’élancent,
épée flamboyante, lance fulgurante !
Multitude de blessés, masse de morts,
des cadavres à l’infini…
On trébuche sur leurs cadavres.

4C’est à cause des nombreuses prostitutions
III, 4.  Prostitution : cette image désigne ici l’espèce de fascination que Ninive exerçait sur les peuples voisins, les attirant à elle par le prestige de sa puissance et par sa politique astucieuse, puis les asservissant sans pitié et les traitant comme des esclaves. — Qui vendait, selon le sens ordinaire du mot mâkar. Mais la même racine, en arabe, signifie tromper, sens qui conviendrait peut-être mieux au contexte.
de la prostituée,
pleine d’attraits, habile aux enchantements,
qui vendait les nations par ses prostitutions,
et les peuples par ses enchantements.
5Me voici contre toi ! — oracle de Yahweh des armées ;
je vais relever les pans de ta robe jusque sur ton visage,
je montrerai aux nations ta nudité,
et ta honte aux royaumes.
5.  Je vais, ô prostituée, te traiter en prostituée, t’humilier devant toutes les nations de la terre. — Jusque sur ton visage, ou peut-être, plus simplement : devant toi.

6Je jetterai sur toi des ordures et je t’avilirai,
et je te donnerai en spectacle.
7Quiconque te verra, fuira loin de toi,
et dira : « Ninive est détruite ! »
Qui la plaindra ?
Où te chercherai-je des consolateurs ?
8Vaux-tu mieux que No-Amon
8.  No-Amon, cap. de la Haute Égypte. — Les fleuves, le Nil et ses canaux. — La mer ; les grands fleuves sont souvent appelés mer, par ex. l’Euphrate Is. xxvii, 1 ; Jér. li, 36 ; le Nil, Is. xix, 5 ; etc.
,
qui était assise sur les fleuves,
que les eaux environnaient,
qui avait la mer pour rempart,
et dont la mer était la muraille ?
9L’Éthiopie était sa force, ainsi que l’Égypte,
et ils étaient innombrables ;
Phut
9.  Phut, les habitants de la côte septentrionale de l’Afrique jusqu’à la Mauritanie. — Les Libyens proprement dits. — Tes auxiliaires ; LXX, ses auxiliaires.
et les Libyens étaient tes auxiliaires.
10Pourtant, elle est allée en exil, elle a été captive ;
ses petits enfants aussi ont été écrasés,
à l’angle de toutes les rues ;
on a jeté le sort sur ses nobles,
et tous ses grands ont été chargés de chaînes.

11Toi aussi, tu seras enivrée et tu disparaîtras
11.  Tu disparaîtras. D’autres : tu seras objet de dédain.
 ;
toi aussi, tu chercheras un refuge devant l’ennemi.
12Toutes tes places fortes
sont des figuiers aux figues mûres ;
on secoue, et elles tombent
dans la bouche de qui veut les manger.
13Voici que ton peuple est comme des femmes au milieu de toi ;
devant tes ennemis s’ouvriront toutes grandes
les portes de ton pays ;
le feu dévore tes verrous.

14Puise-toi de l’eau en vue du siège,
restaure tes forts,
pétris l’argile
14.  Pétris l’argile, afin de réparer les murailles avec des briques, soit séchées au soleil, soit cuites au four.
et foule la terre glaise,
saisis le moule à briques.
15Là le feu te dévorera,
l’épée t’exterminera,
elle te dévorera comme le yéléq,
quand tu serais nombreux comme le yéléq,
nombreux comme la sauterelle.

16Tu as multiplié tes marchands
16.  Tes marchands etc. ; mais ils ne seront pas pour toi une force : dès que l’ennemi paraîtra, ils prendront la fuite avec la rapidité de la sauterelle. — Le yéléq, une espèce de sauterelle, ou encore un des états de la sauterelle au cours de ses métamorphoses. — Ouvre ses ailes. D’autres : se répand, fait invasion ; ou encore, se dépouille ou mue.
,
plus que les étoiles du ciel ;
le yéléq ouvre ses ailes et s’envole.
17Tes gardes sont comme le yéléq
et tes chefs comme un amas de sauterelles ;
elles se posent sur les haies en un jour froid ;
dès que le soleil paraît, elles fuient,
et l’on ne connaît plus leur séjour ; où sont-elles ?
18Tes pasteurs sont endormis, roi d’Assyrie ;
tes vaillants hommes sont couchés,
ton peuple est dispersé sur les montagnes,
et il n’y a personne qui les rassemble.

19Ta blessure est sans remède,
ta plaie est grave ;
tous ceux qui entendront raconter ton sort
battront des mains à ton sujet ;
car sur qui ta méchanceté n’a-t-elle pas passé sans trêve ?

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