‏ Nehemiah 5

4. Chap. v, 1-19 : Quelques traits de l’administration de Néhémie. — Plaintes du peuple contre les exactions des grands (v, 1-5). Colère de Néhémie (v, 6, 7a). Il provoque une assemblée, ses blâmes (v, 7b-9) ; les grands s’engagent à des restitutions (v, 10-13). Désintéressement de Néhémie malgré ses lourdes charges (v, 14-19).

1Et il s’éleva une grande plainte des gens du peuple et de leurs femmes contre leurs frères les Juifs. 2Il y en avait qui disaient : « Nous, nos fils et nos filles, nous sommes nombreux ; recevons du blé, afin que nous mangions et que nous vivions. »
V, 2. Vulg.  Nos fils et nos filles, nous sommes nombreux ; vendons-les, et recevons du blé pour le prix, afin que, etc. Un léger changement dans le texte original (’orebim, comme au vers. 3, au lieu de rabbim) donnerait un sens qui se rapprocherait de la Vulgate et qui semble exigé par tout le contexte, vers. 3 et 5 : Nous engageons (comme esclaves) nos fils et nos filles, pour recevoir du blé, afin que, etc.
3Il y en avait qui disaient : « Nous engageons nos champs, nos vignes et nos maisons pour recevoir du blé durant la famine. » 4Il y en avait qui disaient : « Nous avons, pour payer le tribut du roi, emprunté de l’argent sur nos champs et nos vignes. 5Et maintenant, notre chair est comme la chair de nos frères, nos enfants sont comme leurs enfants ; et voici que nous soumettons à la servitude nos fils et nos filles, et il y a de nos filles qui sont déjà servantes !… Et nous n’y pouvons rien, car nos champs et nos vignes sont à d’autres. »

6Je fus très irrité lorsque j’entendis leurs plaintes et ces paroles. 7Et, après avoir réfléchi en moi-même,
7.  Et après avoir réfléchi en moi-même ; m. à m. Et mon cœur prit conseil en moi. — À cause d’eux. D’autres : contre eux.
j’adressai des réprimandes aux grands et aux magistrats, et je leur dis : « Vous prêtez donc à intérêt, chacun à votre frère ! » Et, ayant réuni à cause d’eux une grande assemblée,
8je leur dis : « Nous avons racheté selon notre pouvoir nos frères les Juifs qui étaient vendus aux nations, et vous vendriez vous-mêmes vos frères, et c’est à nous qu’ils seraient vendus !… » Ils se turent, ne trouvant rien à répondre. 9J’ajoutai : « Ce n’est pas une bonne action que vous faites là ! Ne devriez-vous pas marcher dans la crainte de notre Dieu, pour éviter l’insulte des nations, nos ennemies ? 10Moi aussi, mes frères et mes serviteurs, nous leur avons prêté de l’argent et du blé. Faisons l’abandon de cette dette. 11Rendez-leur donc aujourd’hui leurs champs, leurs vignes, leurs oliviers et leurs maisons, et le centième de l’argent, du vin nouveau et de l’huile que vous avez exigé d’eux comme intérêt. » 12Ils répondirent : « Nous le rendrons, et nous ne leur demanderons plus rien ; nous ferons ce que tu dis. » J’appelai alors les prêtres, et je leur fis jurer qu’ils agiraient selon cette parole. 13Et je secouai mon manteau,
13.  Je secouai mon manteau : après avoir relevé mon manteau et y avoir fait un pli, je fis le geste d’en répandre à terre le contenu (voir Is. xlix, 22, et comp. Matth. x, 14 ; Act. xiii, 51).
en disant : « Que Dieu secoue ainsi hors de sa maison et de ses biens tout homme qui n’aura pas tenu cette parole, et qu’ainsi cet homme soit secoué et laissé à vide ! » Toute l’assemblée dit : « Amen ! » et loua Yahweh ; et le peuple agit selon cette parole.

14Depuis le jour où le roi me chargea d’être leur gouverneur dans le pays de Juda, savoir depuis la vingtième année jusqu’à la trente-deuxième année du roi Artaxerxès, pendant douze ans, ni moi ni mes frères n’avons mangé le pain du gouverneur.
14.  Nous n’avons mangé le pain du gouverneur, c.-à-d. nous n’avons pas utilisé les frais de table alloués au gouverneur.
15Les anciens gouverneurs qui m’avaient précédé accablaient le peuple et recevaient de lui du pain et du vin, outre quarante sicles
15.  Outre quarante sicles, etc. ; le mot achar se prête mal à cette signification de outre. La Vulgate paraît supposer un autre texte (yaïn yôm échad au lieu de : yaïn achar) et permet de traduire : et recevaient de lui pour le pain et le vin, quarante sicles d’argent par jour.
d’argent ; leurs serviteurs mêmes opprimaient le peuple ; mais moi, je n’ai point agi de la sorte, par crainte de Dieu.
16Et même, je me suis appliqué à l’œuvre de cette muraille ; nous n’avons acheté aucun champ, et tous mes gens étaient là rassemblés pour l’œuvre. 17J’avais à ma table cent cinquante hommes, Juifs et magistrats, outre ceux qui venaient à nous des nations d’alentour. 18Voici ce qu’on préparait pour chaque jour : un bœuf, six moutons choisis, de la volaille étaient préparés à mes frais, et, tous les dix jours, tout le vin nécessaire, en abondance. Malgré cela, je n’ai pas réclamé le pain
18.  Je n’ai pas réclamé le pain, les sommes allouées pour la nourriture.
du gouverneur, parce que les travaux pesaient lourdement sur ce peuple.

19Souvenez-vous en ma faveur, ô mon Dieu, de tout ce que j’ai fait pour ce peuple !
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