Sir 1
PREMIÈRE PARTIE. [I, 1 — XVI, 21.] ORIGINE ET NATURE DE LA SAGESSE : SE METTRE À SON ÉCOLE.
1. Chap. i. 1-10 : Origine de la sagesse, sa diffusion.
1Toute sagesse ▼▼1. Sagesse, σοφία. Ici, comme dans les Proverbes et le livre de la Sagesse, ce mot signifie, tantôt la Sagesse incréée, soit comme attribut divin impersonnel, soit comme hypostase en Dieu ; tantôt la sagesse créée, soit communiquée par Dieu à ses créatures raisonnables, soit poétiquement personnifiée. L’auteur emploie comme termes corrélatifs : φρόνησις, σύνεσις, ἐπιστήμη, παιδεία, (prudentia, intellectus, scientia, disciplina dans la Vulgate). — Vulg., pour le membre : Et elle a toujours été avec lui, et elle est avant tous les siècles.
vient du Seigneur,elle est avec lui à jamais.
2Qui peut compter le sable de la mer,
les gouttes de la pluie et les jours du passé ?
3Qui peut atteindre les hauteurs du ciel, la largeur de la terre,
la profondeur de l’abîme et la sagesse ? ▼
▼3. Vulg. Qui a mesuré la hauteur du ciel, la largeur de la terre et la profondeur de l’abîme, et qui a pénétré la sagesse de Dieu antérieure à toutes choses ?
4La sagesse a été créée avant toutes choses,
et la lumière de l’intelligence dès l’éternité.
5[La source de la sagesse, c’est la parole de Dieu au plus haut des cieux,
ses voies sont les commandements éternels.]
6À qui a été révélée la racine de la sagesse,
et qui a connu ses desseins profonds ?
7[À qui la science de la sagesse a-t-elle été révélée et manifestée,
et qui comprend la richesse de ses voies ?]
8Il n’y a qu’un sage grandement redoutable,
assis sur son trône : c’est le Seigneur. ▼
▼8. Vulg., Il n’y a qu’un très haut créateur tout-puissant, roi fort et grandement redoutable, assis sur son trône, et Dieu souverain.
9C’est lui qui l’a créée ;
il l’a vue et il l’a fait connaître. ▼
▼9. Qui l’a créée ; la Vulg. ajoute, dans ou par l’Esprit-Saint. — Il l’a fait connaître par ses œuvres, en créant le monde, où elle se montre avec éclat dans l’ordre et l’harmonie de toutes ses parties. Dinumeravit rend bien le grec ἐξηρίθμησεν ; mais on conjecture avec vraisemblance que ἐξηρίθμησεν rend mal le sens que doit prendre ici le mot hébreu (sâphar), qui signifie à la fois compter et raconter.
10Il l’a répandue sur toutes ses œuvres,
ainsi que sur toute chair, selon la mesure de son don,
il l’a donnée libéralement à ceux qui l’aiment.
2. Chap. i, 11-30 : sagesse et crainte de dieu. — Avantages de la crainte de Dieu (i, 11-13) ; ce qu’elle set pour la sagesse (i, 14-20) ; elle préserve du péché et, en particulier, de la colère (i, 21-25). Il faut s’y adonner, et éviter l’hypocrisie et l’orgueil (i, 26-30).
11La crainte du Seigneur est gloire et honneur,et joie, et couronne d’allégresse.
12La crainte du Seigneur réjouit le cœur ;
elle donne gaieté, joie et longue vie.
13Celui qui craint le Seigneur s’en trouvera bien à la fin,
et il trouvera grâce au jour de sa mort.
[L’amour de Dieu est une glorieuse sagesse ;
à ceux à qui il se montre, Dieu communique la sagesse,
pour qu’ils le puissent contempler.] ▼
▼13. Des manuscrits grecs ajoutent : La crainte du Seigneur est un don du Seigneur ; elle met sur les voies de l’amour. Cette maxime n’est pas dans le latin. La Vulg. (14, 15) traduit ainsi la maxime qui est entre crochets et qui figure aussi dans plusieurs manuscrits grecs : L’amour de Dieu est une glorieuse sagesse ; ceux à qui elle se montre la chérissent dès qu’ils la voient, et qu’ils reconnaissent les grandes choses qu’elle opère.
14Le commencement de la sagesse est de craindre Dieu ;
elle est formée avec les fidèles dans le sein de leur mère. ▼
▼14. (Vulg. 16) Le commencement de la sagesse : comp. Prov. i, 7. — Elle est formée etc. : elle est donnée aux hommes fidèles dès le premier moment de leur existence. La Vulg. ajoute : elle marche avec les femmes choisies, et se montre dans la compagnie des justes et des fidèles. Elle insère en outre trois versets (17-19), dont le dernier répète le vers. 13 : La crainte du Seigneur est la relation de la science à Dieu (donne à la science une tendance religieuse, la fait tendre vers Dieu). La relation à Dieu garde et sanctifie le cœur, elle donne contentement et joie. Celui qui craint le Seigneur s’en trouvera bien, et au jour de sa fin il sera béni.
15Elle s’est préparé chez les hommes une éternelle habitation ;
elle demeurera fidèlement avec leur race.
16La plénitude de la sagesse est de craindre le Seigneur ;
elle rassasie de ses fruits ceux qui la possèdent.
17Elle remplit toute sa maison de choses désirables,
et ses greniers de ses produits.
18La couronne de la sagesse, c’est la crainte du Seigneur ;
elle fait fleurir la paix et les fruits de salut. ▼
▼18. Les fruits de salut : Grec : la santé du salut ou de la guérison.
19Le Seigneur l’a vue et l’a manifestée ;
[et toutes deux sont des dons de Dieu.]
Il fait pleuvoir à flots la science et la lumière de l’intelligence,
il exalte la gloire de ceux qui la possèdent.
20La racine de la sagesse, c’est de craindre le Seigneur,
et ses rameaux sont une longue vie. ▼
▼20 (Vulg. 25). La Vulgate ajoute (26) : Dans les trésors de la sagesse se trouvent l’intelligence et la relation de la science à Dieu : mais la sagesse est une abomination pour les pécheurs.
21[La crainte du Seigneur bannit le péché,
et celui qui s’y attache détourne la colère.] ▼
▼21. La Vulg. (27) n’a pas le second membre.
22L’homme injuste et emporté ▼
▼22. L’homme injuste et emporté m. à m. une colère injuste. Vulg. (28), Celui qui est sans crainte ne saurait être justifié.
ne saurait être justifié,car la fougue de sa colère amène sa ruine.
23L’homme patient attend jusqu’au temps voulu,
et ensuite la joie lui est rendue.
24Il cache ▼
▼24. Il cache ; la Vulg. (30) donne à ce verbe un autre sujet : l’homme de sens cache etc. — Et les lèvres des fidèles. Vulg., les lèvres de beaucoup.
jusqu’au temps voulu ses paroles,et les lèvres des fidèles raconteront sa prudence.
25Les trésors de la sagesse ▼
▼25. Les trésors de la sagesse etc. M. à m., Dans les trésors de la sagesse sont des maximes de prudence.
renferment des maximes de prudence,mais la piété envers Dieu est en abomination au pécheur.
26Désires-tu la sagesse ? garde les commandements, ▼
▼26. Garde les commandements. Vulg. (33), garde la justice.
et le Seigneur te l’accordera.
27Car la sagesse et l’instruction, c’est la crainte du Seigneur,
et ce qui lui plaît, c’est la fidélité et la mansuétude. ▼
▼27. La Vulg. (34) ajoute à ce verset : et il remplira le trésor de celui qui les possède.
28Ne te refuse pas à la crainte du Seigneur,
et ne t’approche pas de lui avec un cœur double.
29Ne sois pas hypocrite devant les hommes,
et prends garde à tes lèvres. ▼
▼29. Et prends garde à tes lèvres. Vulg. (37), et ne sois pas entraîné au mal (litt. scandalisé) par tes lèvres.
30Ne t’élève pas toi-même, ▼
▼30. Ne t’élève pas toi-même. Vulg. (38), prends garde à elles (à tes lèvres) : doublet. — Parce que tu ne t’es pas adonné à la crainte de Dieu. Vulg. (40), Parce que tu t’es approché malignement (en de mauvaises dispositions) de Dieu.
de peur que tu ne tombes,et que tu n’attires sur toi la confusion.
Car le Seigneur révélera ce que tu caches,
et te précipitera au milieu de l’assemblée,
parce que tu ne t’es pas adonné à la crainte du Seigneur,
et que ton cœur est plein de fraude.
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