‏ Sir 51


DEUX APPENDICES.

1. Chap. li, 1-12 : Prière de Jésus, fils de Sirach. — Louange au Seigneur qui l’a tiré d’un grand péril (li, 1-5) ! Détresse, abandon des hommes, recours à Dieu (li, 6-8). Prière exaucée, action de grâces (li, 9-12).

1Je veux vous célébrer, Seigneur, Roi ;
je veux vous louer, ô Dieu Sauveur,
je célèbre votre nom.
LI. 1-12. Dans tout ce morceau, abondent les expressions et les images familières aux Psaumes.


2Car vous avez été pour moi un protecteur et un secours ;
vous avez sauvé mon corps de la ruine,
du filet de la langue calomnieuse,
des lèvres de ceux qui pratiquent le mensonge ;
et, en face de mes adversaires,
3vous avez été mon soutien et vous m’avez délivré,
selon la grandeur de votre miséricorde et de votre nom,
de ceux qui grinçaient des dents,
3.  De ceux qui grinçaient des dents prêts à me dévorer (litt. prêts à manger). Hébr., du piège de ceux qui guettent sur le rocher. — De toutes les tribulations. Vulg. (5), des portes (de la puissance) des tribulations. Hébr., de nombreux dangers vous m’avez sauvé.
prêts à me dévorer ;
de la main de ceux qui en voulaient à ma vie,
de toutes les tribulations dont j’étais assiégé ;
4de la suffocation du feu qui m’entourait,
du milieu d’un feu
4.  Du milieu d’un feu etc. Vulg. (6), et au milieu du feu je n’ai pas été brûlé.
que je n’avais pas allumé ;
5de l’abîme profond du schéol,
5.  De l’abîme profond du schéol, litt. de la profondeur du ventre du schéol. — De la parole mensongère etc. ; Vulg. (7), de la parole de mensonge, du roi inique et de la langue injuste. Hébr., des lèvres de méchanceté, et de ceux qui fabriquent le mensonge, et des flèches de la langue trompeuse.

de la langue impure et de la parole mensongère adressée au roi,
de la calomnie d’une langue injuste.

6Mon âme
6.  Mon âme etc. ; Vulg. (8), mon âme jusqu’à la mort louera le Seigneur.
s’approchait de la mort,
et ma vie touchait au schéol en bas.
7Ils m’entouraient de toutes parts,
7.  Ils m’entouraient de toutes parts ; Hébr., je regardais de toutes parts.

et il n’y avait personne pour me secourir ;
je regardais après le secours des hommes, et il n’y en avait aucun.
8Alors je me suis souvenu de votre miséricorde, Seigneur,
et de vos œuvres
8.  De vos œuvres ; Hébr., de ses bontés. — Et que vous les délivriez etc. ; Hébr., et qui les délivre de tout mal.
dans les temps antiques ;
je me suis souvenu que vous sauviez ceux qui espéraient en vous,
et que vous les délivriez des mains des nations idolâtres.

9Et, prosterné contre terre
9.  Et prosterné contre terre etc. Vulg. (13), vous avez exalté ma maison sur la terre ; au lieu de ἰκετείαν, prière, le traducteur a lu οἰκετείαν, et a donné à ce mot le sens de οἰκίαν. Hébr, de terre j’élevai ma voix, et des portes du schéol j’ai crié.
, j’ai fait monter ma prière,
et je vous ai conjuré de me sauver de la mort.
10J’invoquai le Seigneur, père de mon Seigneur,
10.  Père de mon Seigneur ; Hébr., je proclamai : « Seigneur, tu es mon père ; ne m’abandonne pas aux jours de la détresse, au jour de la ruine et de la destruction. »

pour qu’il ne m’abandonnât point aux jours de ma détresse,
au temps des orgueilleux, où il n’y avait pas de secours :
11« Je louerai sans cesse votre nom,
et je le chanterai dans ma reconnaissance. »
Et ma prière a été exaucée,
12car vous m’avez sauvé de la ruine,
et vous m’avez délivré au temps du malheur.
C’est pourquoi je vous célébrerai et je vous louerai,
et je bénirai le nom du Seigneur.
12. Dans les deux premiers membres, l’hébreu emploie la pers.Après le vers. 12, l’hébreu renferme un psaume à refrain, analogue au Ps. cxxxvi, quant à la composition. Il compte quinze versets.

2. Chap. li, 13-30 : Zèle pour l’acquisition de la sagesse. — L’auteur allègue son expérience, le zèle de ses recherches (li, 13-16), le profit qu’il en a retiré (li, 17-22). Ses conseils : ne rien négliger pour une si précieuse acquisition (li, 23-30).

13Quand j’étais encore jeune, avant d’avoir erré,
13.  Avant d’avoir erré, dans la voie de l’erreur. D’autres : avant d’avoir erré sur la terre étrangère, ou bien encore voyagé à l’étranger pour son instruction (comp. [[Bible_Crampon_1923/Ecclésiastique#34-12|xxxiv, 12).

j’ai recherché ouvertement la sagesse dans ma prière.
13-30. L’hébreu laisse tant à désirer en cette section qu’on l’a regardé comme une retraduction du syriaque ; aussi ne lui emprunterons-nous que peu de variantes.

14Je l’ai demandé devant le temple,
et je la rechercherai jusqu’à la fin.
15 En voyant sa fleur, comme à la vue de la grappe qui se colore,
15. Vulg. (19, 20),  elle a fleuri comme un raisin précoce, mon cœur s’est réjoui en elle.

mon cœur se réjouissait en elle.
Avec elle, mon pied a marché dans le droit chemin ;
dès ma jeunesse, j’ai suivi sa trace.
16Je lui ai prêté l’oreille un peu de temps et je l’ai recueillie,
et j’ai trouvé pour moi une grande instruction.

17Grâce à elle
17.  Grâce à elle, j’ai retiré un grand profit. Ou encore : J’ai fait en elle de grands progrès.
, j’ai retiré un grand profit :
à celui qui m’a donné la sagesse je veux rendre gloire !
18Car je me suis résolu à la mettre en pratique,
je me suis appliqué au bien, et je ne serai pas confondu.
19Pour elle mon âme a lutté,
et j’ai apporté un grand soin à mes actions.
19.  Et j’ai apporté etc. Le grec (Vatican.) a une leçon manifestement fausse : j’ai porté attention à l’acte de la faim. Au lieu de λιμοῦ l’Alexandrinus porte seulement μοῦ ; d’où la traduction adoptée. Vulg. (25), et je me suis fortifié dans sa pratique. — Les deux derniers membres ne figurent pas dans l’hébreu. — J’ai déploré de l’avoir ignorée, litt. J’ai déploré les ignorances d’elle. Vulg. (26), et insipientiam ejus luxi.

J’ai levé mes mains en haut,
et j’ai déploré de l’avoir ignorée.
20Vers elle j’ai dirigé mon âme,
et, dans la pureté de la vie, je l’ai trouvée.
20.  Dans la pureté. Vulg. (27), in agnitione, en cherchant à la connaître ( ?). — Après le vers. 20, l’hébreu porte : ma main ouvrit ses portes, je l’entourai et la regardai.

Avec elle, dès le commencement, j’ai acquis l’intelligence ;
c’est pourquoi je ne serai jamais abandonné.
21Mes entrailles se sont émues à sa recherche ;
aussi ai-je acquis un bien précieux.
22Le Seigneur m’a donné en récompense le don de la parole,
et j’en userai pour le louer.

23Approchez-vous de moi, ignorants,
et établissez votre demeure dans la maison de l’instruction,
24puisque vous manquez de sagesse,
24.  Puisque vous manquez de sagesse. Traduction large d’un texte difficile. Le m. à m. paraît être : Puisque vous dites que vous manquez de ces choses. D’autres manuscrits portent : Pourquoi en êtes vous dépourvus et dites vous à ce sujet ? Vulg. (32). pourquoi tardez-vous, et que dites-vous à cela ? Hébr., jusqu’à quand en manquerez vous… (texte incertain).

et que vos âmes ont grandement soif.
25J’ouvre ma bouche et je parle :
Procurez-vous-la sans argent ;
26pliez votre cou sous le joug,
et que votre âme reçoive l’instruction ;
26.  L’instruction ; Hébr., son fardeau. — Il n’y a pas etc. ; m. à m. il est près de la trouver. Ainsi Vulg. (34). Hébr., elle est proche de ceux qui la cherchent, et qui applique son âme la trouvera.

il n’y a pas à aller loin pour la trouver.
27Voyez de vos yeux que j’ai peu travaillé,
et que j’ai trouvé un grand repos.
28Prenez part à l’instruction à grand prix d’argent,
et avec elle vous aurez acquis de l’or en abondance.
29Que votre âme se réjouisse de la miséricorde du Seigneur,
et ne rougissez pas de sa louange.
30Accomplissez votre œuvre avant le temps,
et, en son temps, il vous donnera la récompense.
30. Après ce vers. on lit dans de nombreux manuscrits grecs :  Sagesse de Jésus, fils de Sirach. L’hébreu, de son côté, renferme plusieurs additions dont la plupart figurent dans le syriaque, celle-ci notamment : Jusqu’ici les paroles de Siméon, fils de Jésus, nommé Ben Sira. Sagesse de Siméon, fils de Jésus, fils d’Éléazar, fils de Sira.

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