‏ Tob 1

PREMIÈRE PARTIE.

1. Chap. i, 1-25 : Les vertus de Tobie l’ancien. — Son origine et sa captivité (i, 1-3). Sa jeunesse en Galilée (i, 4-8) ; son mariage (i, 9, 10). Ses vertus en terre d’exil, sa faveur sous Salmanasar (i, 11-17), ses épreuves sous Sennachérib (i, 18-23) ; la faveur lui revient sous le monarque suivant (i, 24, 25).

1Tobie
I, 1-3. En grec les versets 1-3 peuvent se traduire ainsi : 1.  Livre des actions de Tobit, fils de Tobiel, fils d’Ananiel, fils d’Adouël, fils de Gabaël, de la race d’Asaël, de la tribu de Nephthali. 2 lequel fut emmené captif au temps d’Enemessar, roi des Assyriens, de la ville de Thisbé (Thesbi, où naquit Élie), laquelle est à droite (au sud) de Cydios (Cadès) de la tribu de Nephthali, dans la Galilée, au dessus d’Aser. 3. Moi, Tobit, je marcherai dans les voies de la vérité et de la justice tous les jours de ma vie.
, de la tribu et d’une ville de Nephthali, qui est dans la Galilée supérieure, au-dessus de Naasson, derrière le chemin qui va au couchant, ayant à gauche la ville de Séphet,
2fut emmené captif au temps de Salmanasar,
2.  Au temps de Salmanasar : le gros de la tribu avait été emmené en exil par Téglathphalasar (II Rois, xv, 29) ; une seconde déportation eut lieu sous Salmanasar ou Sargon, car c’est très probablement ce dernier nom qu’il faudrait lire ici et aux vers. 13 et 18. Les textes grecs portent Enemessar, forme étrange qui, d’après le savant orientaliste Bickell, semble cacher le nom de Sargon. L’assvrien Sarru-Kinu. adouci en Sarru Ginum (Roi-terme) deviendrait, par transposition des deux éléments, Ginum-Sarru, en hébreu : Inum-Sar, en grec : Enemessaros. Et, dans sa captivité même, il n’abandonna pas, etc. En grec, le récit est à la première personne.
roi des Assyriens ; et, dans sa captivité même, il n’abandonna pas le chemin de la vérité.
3Tous les jours, il distribuait à ses frères, ceux de sa nation, captifs comme lui, tout ce dont il pouvait disposer.

4Et alors même qu’il était le plus jeune de ceux de la tribu de Nephthali, il n’y avait rien de juvénile en sa conduite.
4-6. Le grec offre un sens plus naturel :  Lorsque j’étais dans mon pays, dans la terre d’Israël, et que j’étais encore jeune, toute la tribu de Nephthali, mon père, avait abandonné le temple de Jérusalem… moi seul, j’allais fréquemment à Jérusalem, aux jours de fête. etc…
,
5Aussi, tandis que tout le monde allait adorer les veaux d’or que Jéroboam, roi d’Israël, avait faits, lui seul fuyait la compagnie de tous, 6et il se rendait à Jérusalem, au temple du Seigneur où il adorait le Seigneur, Dieu d’Israël, offrant fidèlement les prémices et les dîmes de ses biens. 7Tous les trois ans, il distribuait aux prosélytes et aux étrangers toute sa dîme. 8Il observait ces choses et d’autres semblables, selon la loi de Dieu, dès son jeune âge. 9Parvenu à l’âge d’homme, il épousa une femme de sa tribu, nommée Anne ; et il en eut un fils auquel il donna son nom,
9.  Son nom : le père est toujours appelé Tobit dans le texte grec, Tobis dans la vers. Italique, et le fils Tobias ; la Vulg. seule donne aux deux ce dernier nom. C’est donc dans un sens large qu’il faut, ce semble, entendre les mots son nom dans notre verset. Cependant on pourrait aussi regarder le t final du texte gr. et l’s de l’Italique comme de simples désinences ajoutées à la forme hébraïque Tobi, et cette forme hébraïque elle-même comme une abréviation du nom complet Tobiyah, en gr. Tobias, l’élément yah pouvant se sous-entendre dans les noms propres. Compar. Phaltiel (Dieu est mon libérateur) II Sam. iii, 15 et Phalti (mon libérateur est Dieu) I Sam. xxv, 44.
10et qu’il instruisit dès l’enfance à craindre Dieu et à s’abstenir de tout péché.

11Lors donc qu’il fut arrivé comme captif, avec sa femme et son fils, en la ville de Ninive, où était toute sa tribu, 12bien que tous les autres mangeassent des mets des païens, il garda son âme pure, et jamais il ne se souilla par leurs viandes. 13Et parce qu’il se souvenait fidèlement du Seigneur, Dieu lui concilia la faveur du roi Salmanasar, 14qui lui donna pouvoir d’aller partout où il voudrait, avec liberté de faire ce qu’il lui plairait.
14. D’après le texte grec, Tobie était le fournisseur de la cour.
15Il allait donc visiter tous ceux qui étaient captifs et leur donnait des conseils salutaires.

16Etant une fois allé à Ragès,
16.  Ragès (en gr. Rhage ou Rhagoi), une des plus grandes et des plus anciennes villes de la Médie. Dans l’inscription de Béhistoun elle est appelée Raga (texte perse) Rakkan (texte médique) ; ses ruines, un peu à l’est de Téhéran, portent le nom de Rei.
ville des Mèdes, avec dix talents, provenant des largesses dont le roi l’avait enrichi,
17il vit, parmi le grand nombre de ses compatriotes, un homme de sa tribu, nommé Gabélus,
17.  Gabélus, en gr. Gabaël. — Contre un reçu : le grec dit mieux, en dépôt : on ne voit pas autrement pourquoi Tobie aurait prêté une si grosse somme (90 000 fr. !) à Gabélus.
qui était dans le besoin, et il lui donna contre un reçu cette somme d’argent.

18Longtemps après, le roi Salmanasar
18.  Salmanasar : Sargon (voir la note du vers. 2) après avoir régné de 722 à 705 avant J.-C., eut pour successeur Sennachérib.
étant mort, Sennachérib, son fils, régna à sa place. Comme ce prince avait une grande haine contre les enfants d’Israël,
19Tobie allait visiter chaque jour tous ceux de sa parenté ; il les consolait et distribuait de ses biens à chacun, selon son pouvoir ; 20il donnait à manger à ceux qui avaient faim, procurait des vêtements à ceux qui étaient nus et mettait un grand zèle à donner la sépulture à ceux qui étaient morts ou qui avaient été tués. 21Lorsque le roi Sennachérib,
21.  Sennachérib : voy. II Rois, xviii, xix ; II Par. xxxii ; Is. xxxvi sv.
revenu de Judée en fugitif, après la défaite dont Dieu l’avait frappé pour ses blasphèmes, faisait mettre à mort, dans sa fureur, un grand nombre des enfants d’Israël, Tobie enterrait les cadavres.
22La nouvelle en ayant été apportée au roi, il ordonna de le mettre à mort et lui ôta tous ses biens. Mais Tobie prit la fuite avec son fils et sa femme, et, dépouillé de tout, il réussit à se cacher, parce qu’il avait beaucoup d’amis. Quarante-cinq jours après, le roi fut tué par ses propres fils. Alors Tobie revint dans sa maison, et tous ses biens lui furent rendus.
25.  Il fut redevable de son retour, comme l’explique le texte grec, à l’intervention de son neveu Achiacharus (ou Achior, Vulg. xi, 20) : Mais cinquante (-cinq) jours n’étaient pas encore passés, que deux de ses fils le tuèrent et s’enfuirent dans les montagnes d’Ararat. Sarchedonus, son fils, régna à sa place. Il mit à la tête des finances de son père et de toutes ses affaires, Achiacharus, fils de mon frère Anati, Achiacharus intercéda pour moi, et je revins à Ninive. Achiacharus était échanson, garde du sceau, intendant et préposé aux affaires. Et Sarchedonus l’établit le premier après lui ; il était mon neveu. (Voir ii, 19 note.)
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