‏ Tob 2

2. Chap. ii, 1 — iii, 6 : La cécité de Tobie, sa résignation. — Zèle de Tobie pour la sépulture des morts (ii, 1-9). L’accident et ses raisons providentielles (ii, 10-14). Réponse de Tobie aux railleries de ses parents et amis (ii, 15-18). Colère de la femme de Tobie en présence de ses scrupules (ii, 19-23). Prière de Tobie, il demande la mort (iii, 1-6).

1Après cela, une fête
II, 1.  Une fête, celle de la Pentecôte (texte grec).
du Seigneur étant venue, et un grand repas ayant été préparé dans la maison de Tobie,
2il dit à son fils : « Va et amène quelques hommes de notre tribu, craignant Dieu, afin qu’ils mangent avec nous. » 3Son fils partit ; à son retour, il lui annonça qu’un des enfants d’Israël, qu’on avait assassiné, gisait dans la rue. À l’instant, Tobie se leva de table et, laissant là le repas sans avoir rien mangé, arriva au cadavre, 4le prit et le rapporta secrètement à sa maison, afin de l’inhumer avec précaution après le coucher du soleil. 5Lorsqu’il l’eut caché, il prit son repas avec larmes et tremblement, 6au souvenir de cette parole que le Seigneur avait dite par le prophète Amos : « Vos jours de fêtes seront changés en gémissements et en deuil. » 7Puis, quand le soleil fut couché, il sortit et mit le corps en terre. 8Tous ses voisins le blâmaient en disant : « On a déjà ordonné de te faire mourir pour ce sujet, et à peine as-tu échappé à cet arrêt de mort, que tu recommences à donner aux morts la sépulture ! » 9Mais Tobie, craignant plus Dieu que le roi, enlevait les corps de ceux qui avaient été tués, les cachait dans sa maison et les inhumait pendant la nuit.
9 sv. Le vers. 9 manque dans les manuscrits gr. et dans l’Ital., et le vers. 10, rattachant ce qui suit à ce qui précède, commence ainsi :  Cette nuit là même, comme j’étais couché, étant impur, au pied de la muraille, etc. En touchant le cadavre, Tobie avait contracté une souillure lévitique. Trop fatigué pour s’en purifier immédiatement par une ablution (Nombr. xix, 2-22), il n’entra pas dans sa maison, pour ne pas communiquer aux siens son impureté. La Vulg. semble distinguer deux faits là où le grec n’en voit qu’un seul.

10Un jour qu’il s’était fatigué à donner la sépulture aux morts, étant rentré à sa maison, il se jeta au pied de la muraille et s’endormit. 11Pendant qu’il dormait,
11.  Pendant qu’il dormait ; en grec., mes yeux étant ouverts. — Hirondelles ; le mot gr. désigne toute espèce de petits oiseaux. D’après l’Ital., l’accident arrivé à Tobie ne lui causa qu’une inflammation des yeux, laquelle, par la faute des médecins, amena une cécité complète. — Après le récit de l’accident, le grec ajoute : Achiacharus pourvut à mon entretien jusqu’à mon (son ?) départ pour l’Elymaïde.
il tomba d’un nid d’hirondelles de la fiente chaude sur ses yeux, et il devint aveugle.
12Dieu permit que cette épreuve lui arrivât, afin que sa patience, comme celle du saint homme Job, fût donnée en exemple à la postérité. 13Car, ayant toujours craint Dieu dès son enfance et observé ses commandements, il ne s’attrista pas contre Dieu de ce que le malheur de la cécité l’avait atteint. Mais il resta inébranlable dans la crainte de Dieu, lui rendant grâces tous les jours de sa vie.

De même que les chefs de tribu insultaient au bienheureux Job, ainsi les parents et les amis de Tobie raillaient sa conduite, en disant : « Qu’est devenue ton espérance, pour laquelle tu faisais des aumônes et donnais la sépulture aux morts ? » Tobie les reprenait en disant : « Ne parlez pas ainsi ; car nous sommes enfants des saints,
18.  Des saints, des patriarches, tels que Abraham, Isaac et Jacob, qui ont supporté courageusement les épreuves, dans l’attente de l’éternelle récompense (Hébr. xi, 3 sv.). Ces paroles ne se lisent que dans la Vulgate, ainsi que la comparaison de Tobie avec Job, vers. 12-15.
et nous attendons cette vie que Dieu doit donner à ceux qui ne lui retirent jamais leur fidélité. »

14Anne, sa femme, allait tous les jours tisser de la toile et, par le travail de ses mains, elle rapportait, pour leur entretien, ce qu’elle pouvait gagner.
19. Après ce que dit la Vulgate (i, 25) on est un peu surpris de voir la famille de Tobie réduite à la pauvreté par le seul fait de la cécité du père ; le grec ne dit point que tous les biens furent rendus à Tobie, mais seulement qu’il retrouva sa maison, sa femme et son fils (ii, 1).
Il arriva ainsi qu’ayant reçu un chevreau,
20.  Ayant reçu un chevreau, « en présent, outre son salaire » ajoute le grec.
elle l’apporta à la maison. Son mari, ayant entendu le bêlement du chevreau dit : « Voyez si ce chevreau n’aurait pas été dérobé, et rendez-le à son maître, car il ne nous est pas permis de rien manger qui provienne d’un vol, ni même d’y toucher. »
21, 22. Dans le grec, Anne répond à Tobie en lui expliquant l’origine du chevreau, mais Tobie ne la croit pas et insiste sur la restitution. C’est alors qu’interviennent les imprécations d’Anne.
Alors sa femme répondit avec colère : « Il est manifeste que ton espérance est devenue vaine ; voilà ce que t’ont rapporté tes aumônes ! » C’est par ces discours et d’autres semblables qu’elle l’injuriait.
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