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II. — LA SAGESSE CONTRE L’IDOLÂTRIE [XIII, 1 — XIX, 22.] FORMES DIVERSES DE L’IDOLÂTRIE.

1. Chap. xiii, 1-9 : Le culte des éléments. — Erreur initiale (xiii, 1, 2) ; des créatures on peut s’élever au Créateur (xiii, 3-5). Gravité atténuée de cette forme d’idolâtrie (xiii, 6-9).

1Insensés par nature tous les hommes qui ont ignoré Dieu,
et qui n’ont pas su, par les biens visibles, voir Celui qui est,
ni, par la considération de ses œuvres, reconnaître l’Ouvrier.
2Mais ils ont regardé le feu, le vent, l’air mobile,
le cercle des étoiles, l’eau impétueuse, les flambeaux du ciel
XIII, 2.  Les flambeaux du ciel. Vulg. le soleil et la lune.
,
comme des dieux gouvernant l’univers.

3Si, charmés de leur beauté, ils ont pris ces créatures pour des dieux,
qu’ils sachent combien le Maître l’emporte sur elles ;
car c’est l’Auteur même de la beauté qui les a faites.
4Et s’ils en admiraient la puissance et les effets,
qu’ils en concluent combien est plus puissant celui qui les a faites.
5Car la grandeur et la beauté des créatures
font connaître par analogie
5.  Par analogie. (Comp. Rom. i, 20 ; Act. xiv, 14.)
Celui qui en est le Créateur.

6Ceux-ci pourtant encourent un moindre reproche
6.  Un moindre reproche, si on les compare aux adorateurs d’idoles dont il va être parlé (vers. 10 sv.).
 ;
car ils s’égarent peut-être
en cherchant Dieu et en voulant le trouver.
7Occupés de ses œuvres, ils en font l’objet de leurs recherches,
et s’en rapportent à l’apparence, tant ce qu’ils voient est beau !
8D’autre part, ils ne sont pas non plus excusables ;
9car, s’ils ont acquis assez de science
pour arriver à connaître le monde,
comment n’en ont-ils pas connu plus facilement le Maître ?

2. Chap, xiii, 10 — xiv, 11 : Folie et impiété du culte des statues. — Thèse (xiii, 10). Description ironique de la fabrication de l’idole (xiii, 11-16). Sottise du culte qui lui est rendu (xiii, 17-19) ; en particulier, folie de celui qui l’implore pour un voyage en mer (xiv, 1-7). Châtiment des idoles et de leurs adorateurs (xiv, 8-11).

10Mais ils sont bien malheureux,
et ils mettent leur espérance en des objets sans vie,
ceux qui ont appelé Dieu des ouvrages de la main des hommes,
de l’or et de l’argent travaillés avec art,
des figures d’animaux ou une pierre inutile,
ouvrage d’une main antique.
11Voici qu’un artisan a coupé un arbre facile à travailler
11.  Facile à travailler. Vulg. droit.
 ;
il en ôte adroitement toute l’écorce,
et, le façonnant avec habileté,
il en fabrique un meuble utile pour l’usage de la vie.
12Son travail achevé, il emploie ce qui reste
à faire cuire ses aliments, et satisfait sa faim.
13Quant aux derniers débris, qui ne sont plus d’aucun usage,
au bois tordu et plein de nœuds,
il le prend, le taille pour occuper ses loisirs,
et, par un travail habile, lui donne une figure :
il le fait ressembler à un homme.
14Ou bien il en fait l’image de quelque vil animal,
le peint de vermillon, en recouvre la surface d’une couleur rouge,
et fait disparaître sous un enduit toutes les taches.
15Puis, lui ayant disposé une habitation convenable,
il le place contre la muraille et le fixe avec du fer.
16Il prend bien garde qu’il ne tombe,
sachant que le dieu ne peut s’aider lui-même,
car ce n’est qu’une statue qui a besoin d’appui.

17Cependant il le prie au sujet de ses biens,
de ses mariages et de ses enfants,
et il ne rougit pas de parler à ce qui n’a point d’âme.
Il demande la santé à ce qui est sans force,
18la vie à ce qui est mort,
le secours à ce qui ne peut rendre aucun service,
un heureux voyage à ce qui ne peut se servir de ses pieds.
19Pour assurer ses profits, ses entreprises, le succès de son travail,
il demande l’énergie à ce qui a les mains les plus débiles.
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