‏ 3 Macc 2

1Alors Simon
Fils du grand prêtre Onias.
, le souverain pontife, se prosterna vers le temple, et les mains élevées vers le ciel, il fit sa prière en ces termes :
2Seigneur, Seigneur, Roi du ciel, souverain maître de toutes les créatures, source de toute sainteté… (1524), Dieu tout-puissant, jetez un regard favorable sur votre peuple, qui gémit sous l’oppression d’un roi impie, abominable et enflé de son audacieuse puissance. 3Ce vaste univers est l’ouvrage de vos mains, vous le gouvernez par de justes lois, et vous punissez avec rigueur ceux qui font de l’orgueil et de la violence la règle de leurs actions. 4Vous effaçâtes par un déluge universel l’impiété des premiers hommes, et avec eux périrent aussi les géants, ces hommes audacieux qui avaient mis toute leur confiance en leur propre force. (.) 5Vous consumâtes dans des torrents de soufre et de feu les habitants de Sodome, ces peuples si fameux par leur orgueil et leurs honteuses abominations ; et vous fîtes de cette ville un exemple redoutable à tous les siècles, de la rigueur de vos jugements (.) 6Vous armâtes votre bras puissant contre Pharaon qui opprimait votre peuple sous une dure servitude ; et après avoir frappé de plusieurs plaies ce prince endurci, 7Vous l’ensevelîtes dans les profonds abîmes de la mer, avec ses chariots de guerre et toute son armée, et vous délivrâtes de ses mains le peuple dont vous étiez toute l’espérance, et qui, dans les transports de sa juste reconnaissance, publia par des cantiques la force de votre bras tout-puissant. (.) 8Seigneur, souverain Créateur de ce vaste univers, vous avez choisi cette ville ; et quoique suffisant à vous-même, et n’ayant aucun besoin de vos créatures, vous vous l’êtes consacrée ; vous y avez paru dans tout l’éclat de votre gloire, et vous l’avez rendue célèbre par la sainteté de votre nom redoutable. 9Vous avez aimé la maison d’Israël, et vous avez promis que quand même elle se serait éloignée de vous
Litt. : Que toutes les fois qu’elle se trouverait dans quelque adversité ou dans quelque péril, vous écouteriez les prières, etc. Ce qui a rapport à ce qui est dit Dans la version on a suivi le sens du syriaque.
, et que, pour la punir, vous l’auriez réduite à la plus affreuse misère, vous écouteriez néanmoins les prières qu’elle viendrait vous offrir dans ce saint temple.
10Vous êtes fidèle et véritable dans vos promesses ; vous avez souvent secouru nos pères dans leurs afflictions, et touché de la sincérité de leurs larmes, vous les avez délivrés des maux extrêmes qu’ils souffraient. 11Et maintenant, Seigneur, Dieu saint, le nombre et l’énormité de nos crimes nous ont réduits dans une affreuse servitude, nos ennemis triomphent de notre faiblesse ; 12Et pour comble de misère, un roi hardi et méchant est sur le point de profaner le seul endroit de la terre qui soit consacré à la sainteté de votre nom. 13Car vous habitez au plus haut des cieux, et ce lieu est inaccessible à des hommes mortels. Mais, Seigneur, quoique vous ayez établi votre gloire au milieu d’Israël, et que vous ayez choisi cet endroit entre tous les autres, 14Ne vous vengez point sur nous de ces abominations
Litt. : Par l’impureté et les souillures de ces païens. Par la profanation et le sacrilège que ces idolâtres vont commettre contre la sainteté de votre temple et de votre sanctuaire.
, et ne faites point retomber sur voire peuple les châtiments que nos ennemis ont mérités, et que dans l’excès de leur orgueil ils ne disent : Nous avons foulé aux pieds le lieu saint, comme on foule les lieux profanes.
15Effacez nos péchés, ne vous ressouvenez plus de nos iniquités, et dans l’extrémité où nous nous trouvons réduits, faites éclater votre miséricorde. Hâtez-vous, Seigneur, de nous secourir, et en nous rendant la paix et la tranquillité, donnez à ce peuple abattu et humilié de justes sujets de vous offrir leurs louanges. 16Alors, celui à qui tout est présent, Dieu, la source de toute sainteté, exauça des vœux si purs. Il étendit son bras vengeur sur ce prince, qui allait ajouter à l’orgueil de son cœur l’insulte et l’emportment ; et l’agitant avec violence, comme un faible roseau devenu le jouet du vent, il le renversa par terre sans force et sans mouvement, en sorte qu’accablé sous la main qui le frappait avec tant de justice, il ne trouvait plus de voix pour se faire entendre 17En même temps ses favoris et ses gardes, qui étaient les tristes témoins d’un châtiment si subit, craignirent qu’il n’expirât à leurs yeux, et saisis eux-mêmes d’une vive crainte, ils l’emportèrent de ce lieu. 18Ptolémée reprit peu à peu ses sens, et, tout brisé qu’il était, il n’eut aucun regret de son crime ; mais en se retirant, il fit d’horribles menaces à tous les Juifs
Josèphe, liv. II contre Appion., donne un autre prétexte à la vengeance de Ptolémée contre les Juifs, qui est que ce prince voulant s’emparer du royaume de son frère, et l’ôter à Cléopâtre et à ses enfants, Onias, grand prêtre, était venu à la tête des Juifs s’opposer à cette entreprise.
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19Lorsqu’il fut de retour en Égypte, il mit le comble à sa malice, et soutenu de ses alliés et de ses amis, qui ne connaissaient pas plus que lui la justice et l’équité, il s’abandonna à toutes sortes de voluptés ; il poussa même l’effronterie jusqu’à répandre partout les plus noires calomnies contre les Juifs, et engagea ses favoris à le soutenir par de lâches artifices. 20Ayant donc résolu de flétrir la nation Juive par une infamie publique, il fit élever une colonne dans la tour qui était près de son palais
Syriaque, une idole en relief, et qu’il fit placer entre les tours de son palais. Il fit publier un édit que quiconque refuserait d’y sacrifier ne pourrait plus entrer dans le temple de Dieu, c’est-à-dire du dieu Bacchus. Voy. le verset suivant. Josèphe ne fait aucune mention de ce fait ni de ces circonstances.
. Elle portait par l’inscription que personne n’entrât dans les temples de l’Égypte, sans y sacrifier aux dieux ; qu’on fit un dénombrement exact de tous les Juifs qui se trouvaient dans son empire, et qu’ils fussent réduits au rang des esclaves ; que, si quelqu’un refusait de se soumettre à cet ordre, il fût mis à mort.
21Que ceux qui seraient enregistrés fussent marqués avec un fer chaud d’une feuille de lierre, pour preuve de leur consécration à Bacchus
Gr. et syr.: Du signe de Denis, c’est-à-dire, de Bacchus, fils de Jupiter et de Sémélé, que les païens ont cru être l’inventeur du vin.
et de leur servitude.
22Mais pour ne point s’attirer en même temps la haine de toute la nation, il ajouta que si quelques-uns d’entre eux voulaient se faire initier aux mystères de ses dieux, ils jouiraient des mêmes privilèges que les citoyens d’Alexandrie. 23Plusieurs Juifs renoncèrent aisément à la sainte alliance pour embrasser la religion du prince, dans l’espérance que ce changement leur ouvrirait la voie à toutes sortes d’honneurs et de dignités. 24Mais d’autres, inébranlables dans leur foi, s’y tinrent courageusement attachés, et rachetant leur vie de quelques sommes d’argent, ils tâchaient de se délivrer d’une honteuse servitude ; ils avaient une ferme assurance que le ciel combattrait enfin pour eux. 25Ils regardaient avec abomination et comme les véritables ennemis de leur nation ceux qui les avaient si indignement abandonnés, et ne voulaient avoir avec eux ni liaison, ni commerce.
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