‏ 1 Corinthians 1

Saint Paul salue les fidèles de Corinthe. Il rend grâces à Dieu des dons surnaturels qu’il a répandus sur eux. Il les exhorte à éviter les divisions. Sagesse humaine réprouvée de Dieu. Croix, scandale aux yeux des Juifs, folie aux yeux des gentils, force de Dieu pour sauver ceux qui croient. Dieu confond les puissants par les faibles, afin que nul ne se glorifie qu’en lui.

1Paul appelé à l’apostolat de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, et Sosthène, son frère,
I Cor. 1,1 : * Sosthène. Voir Actes des Apôtres, 18, 17.
2À l’Eglise de Dieu, qui est à Corinthe, aux sanctifiés en Jésus-Christ, appelés saints, avec tous ceux qui invoquent le nom du Seigneur Jésus-Christ, en quelque lieu qu’ils soient ou que nous soyons nous-mêmes,
I Cor. 1,2 : Appelés saints. Voir Actes des Apôtres, 9, 13
3Grâce à vous, et paix par Dieu notre Père, et par le Seigneur Jésus-Christ. 4Je rends grâces à mon Dieu pour vous sans cesse, à cause de la grâce de Dieu, qui vous a été donnée dans le Christ Jésus. 5De ce que vous avez été faits en lui riches en toutes choses, en toute parole et en toute science
I Cor. 1,5-7 : Les éloges que saint Paul donne ici aux Corinthiens, et les faveurs dont il parle, s’adressent au corps de l’Eglise de Corinthe, et non point à chacun des membres en particulier. Les éloges sont pour les parfaits, les leçons et les reproches pour les imparfaits. Cette observation suffit pour justifier l’Apôtre de la contradiction que plusieurs lui ont reproché sur ce point.
6(Ainsi le témoignage du Christ a été confirmé parmi vous);
I Cor. 1,6 : Le témoignage du Christ ; c’est-à-dire le témoignage qui a été rendu au Christ par la prédication de l’Evangile.
7De sorte que rien ne vous manque en aucune grâce, à vous qui attendez la manifestation de Notre Seigneur Jésus-Christ, 8Qui vous affermira même jusqu’à la fin, pour que vous soyez sans reproche au jour de l’avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ. 9Il est fidèle, le Dieu par qui vous avez été appelés à la société de son fils Jésus-Christ Notre Seigneur.
I Cor. 1,9 : Voir 1 Thessaloniciens, 5, 24.
10Je vous conjure donc, mes frères, par le nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, de n’avoir tous qu’un même langage, et de ne pas souffrir de schismes parmi vous ; mais d’être tous affermis dans le même esprit et dans les mêmes sentiments. 11Car J’ai été averti, mes frères, par ceux de la maison de Chloé, qu’il y a des contestations parmi vous.
I Cor. 1,11 : Chloé ne nous est connue que par ce passage. Mes frères : Paul emploie souvent cette formule pour faire accepter quelque reproche sévère. ― Les gens, les esclaves ou les enfants (voir Romains, 16, 11) de Chloé, quelque pieuse dame d’Ephèse qui, après un voyage à Corinthe, aura instruit saint Paul de la situation de cette Eglise.
12Or, je parle ainsi, parce que chacun de vous dit : Moi, je suis à Paul, et moi à Apollo, et moi à Céphas, et moi au Christ.
I Cor. 1,12 : Voir Actes des Apôtres, 18, 24. ― Apollo, Céphas. « Plusieurs pensent que ce sont là des noms fictifs, mis en avant par l’Apôtre pour éviter aux véritables chefs de parti la confusion de se voir désigner publiquement. Mais ce sentiment s’accorde mal avec ce qu’on lit dans la première épître de saint Clément. Saint Paul a bien pu omettre certains noms ; mais ceux qu’il cite ne paraissent pas imaginaires. On sait par saint Luc qu’Apollo avait séjourné à Corinthe, qu’il avait succédé à saint Paul pour la prédication, et qu’on avait applaudi son éloquence. Quant à saint Pierre, saint Denys, évêque de Corinthe vers le milieu du second siècle, nous apprend que son Eglise le tenait pour son fondateur aussi bien que saint Paul. Il est probable que le chef des Apôtres avait passé par cette ville en se rendant à Rome, ou qu’il s’y était retiré avec Prisque et Aquila au moment où un décret de Claude obligea tous les Juifs à s’éloigner de la capitale de l’empire. ― Quoi qu’il en soit, le reproche que saint Paul fait ici aux Corinthiens ne saurait fournir aucun appui à la fable du pétrinisme et du paulinisme, imaginée par Baur et son école. Les partis dont parle saint Paul sont de simples coteries qui n’accusent aucun dissentiment en manière de croyance, et qui n’ont pu avoir de durée ni s’étendre au-delà de Corinthe. Les Apôtres y restent complètement étrangers. » (L. BACUEZ.)
13Le Christ est-il divisé ? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? ou est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? 14Je rends grâces à Dieu de ce que je n’ai baptisé aucun de vous, si ce n’est Crispus et Caïus ;
I Cor. 1,14 : Voir Actes des Apôtres, 18, 8. ― Crispus était le chef de la synagogue de Corinthe. Voir Actes des Apôtres, note 18.8. ― Caïus donnait l’hospitalité à saint Paul à Corinthe (voir Romains, 16, 23). Origène dit qu’il devint évêque de Thessalonique.
15Afin que nul ne dise qu’il a été baptisé en mon nom. 16J’ai baptisé aussi la famille de Stéphanas : au reste, je ne sais si j’ai baptisé quelque autre personne ;
I Cor. 1,16 : Stéphanas est mentionné de nouveau plus loin, voir 1 Corinthiens, 16, 16-17, comme l’un des premiers convertis de l’Achaïe. Il était avec saint Paul à Ephèse, quand l’Apôtre écrivit cette première Epître aux Corinthiens. D’après saint Jean Chrysostome, Stéphanas s’était rendu à Ephèse pour consulter saint Paul sur des questions de discipline. D’autres croient que le motif du voyage avait été un but charitable. Peut-être les assemblées des fidèles avaient-elles lieu dans sa maison à Corinthe.
17Parce que le Christ ne m’a point envoyé pour baptiser, mais pour prêcher l’Evangile, non pas toutefois selon la sagesse de la parole, afin de ne pas rendre vaine la croix du Christ.
I Cor. 1,17 : Voir 2 Pierre, 1, 16 ; 1 Corinthiens, 2, 1. ― Parce que le Christ, etc. Ces paroles ne signifient pas que le baptême n’est pas fonction et l’objet principal de la mission des apôtres, mais que la prédication était l’œuvre principale de la mission de saint Paul.
18Car la parole de la croix est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, c’est-à-dire pour nous, elle est vertu de Dieu.
I Cor. 1,18 : Voir Romains, 1, 16.
19Car il est écrit : Je perdrai la sagesse des sages, et, la prudence des prudents, je la réprouverai.
I Cor. 1,19 : Voir Isaïe, 29, 14.
20Où est le sage ? Où est le Scribe ? Où est l’investigateur de ce siècle ? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse de ce monde ?
I Cor. 1,20 : Voir Isaïe, 33, 18.
21En effet, puisque, dans la sagesse de Dieu, le monde, par sa sagesse, n’a pas connu Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. 22Car les Juifs demandent des miracles, et les Grecs cherchent la sagesse ;
I Cor. 1,22 : Les Juifs ne demandaient pas de simples miracles, car Jésus-Christ et les Apôtres en opéraient un grand nombre qu’ils reconnaissaient et qu’ils proclamaient eux-mêmes, puisqu’ils les attribuaient au démon, mais ils demandaient, sans aucun droit, des prodiges d’un certain genre, des prodiges qui vinssent immédiatement du ciel.
23Et nous, nous prêchons le Christ crucifié, pour les Juifs, il est vrai scandale, et pour les gentils, folie ; 24Mais, pour ceux qui sont appelés, soit Juifs, soit Grecs, vertu de Dieu et sagesse de Dieu ; 25Car ce qui est folie en Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse en Dieu est plus fort que les hommes.
I Cor. 1,25 : Ce qui, dans les voies de Dieu, paraît folie au monde, est certainement très sage, et ce qui paraît faiblesse est au-dessus de toute force humaine.
26En effet, voyez, mes frères, votre vocation, ce n’est pas un grand nombre de sages selon la chair, ni un grand nombre de puissants et de grands, 27Que Dieu a choisis, mais ce qui est insensé selon le monde, pour confondre les sages ; il a choisi aussi ce qui est faible selon le monde, pour confondre ce qui est fort ; 28Enfin, Dieu a choisi ce qui est vil et méprisable selon le monde, et les choses qui ne sont pas, pour détruire les choses qui sont ;
I Cor. 1,28 : Les choses qui ne sont pas ; c’est-à-dire de peu de valeur, de rien.
29Afin que nulle chair ne se glorifie en sa présence.
I Cor. 1,29 : Nulle chair, aucun homme. Voir Matthieu, 24, 22.
30Et c’est par lui que vous êtes dans le Christ Jésus, que Dieu a fait notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption ;
I Cor. 1,30 : Voir Jérémie, 23, 5.
31Afin, comme il est écrit, que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur.
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