2 Esd 13
Autre vision d’Esdras et l’interprétation qu’il en reçoit. 1Après que les sept jours furent expirés, j’eus une vision pendant la nuit. 2Tout d’un coup il s’éleva de la mer un vent qui soulevait les flots. 3Et comme j’étais attentif à considérer ce qui se passait, j’en vis sortir un homme ▼▼Voy. le vers. 25 ci-après. L’auteur explique ce que figurait cet homme, et il dit qu’il figure le Fils de Dieu lorsqu’il viendra juger l’univers.
qui était suivi d’un nombre infini ▼▼Litt. : De milliers, c’est-à-dire d’anges.
d’esprits célestes, et partout où il jetait ses regards, il y répandait la crainte et la frayeur. 4La voix qui sortait de sa bouche, semblable à un feu qui ravage les campagnes ▼▼Autr. : Il n’avait pas sitôt fait sortir quelques sons de sa bouche, que ceux qui l’avaient entendu se sentaient embrasés. Ceci s’entend de la parole du Fils de Dieu lorsqu’il jugera l’univers. Voy. les vers. 10 et 33 ci-après.
, brûlait tous ceux qui l’entendaient ▼▼Litt. : Comme la terre repose lorsque le feu y a passé, c’est-à-dire devient stérile et en friche lorsqu’elle a été brûlée par le feu.
. 5Je vis ensuite une multitude innombrables d’hommes qui s’assemblaient des quatre coins du ciel pour combattre celui qui était sorti de la mer. 6Mais il s’était taillé de ses mains une montagne très-haute, et il s’y était envolé ▼▼Cette montagne figure le ciel, où le Fils de Dieu s’est retiré après sa résurrection, et où il doit paraître dans son second avènement pour juger l’univers. L’auteur, ci-après vers. 35, l’appelle, dans un sens figuré, la montagne de Sion.
. 7Et je cherchais l’endroit d’où cette montagne avait été tirée, et je ne le pus découvrir. 8Alors tous ceux qui s’étaient assemblés pour combattre cet homme ▼▼Qui dans tous les temps l’ont combattu par leur infidélité et leur désobéissance à sa loi, et surtout les réprouvés, qui souhaiteront alors ne pas paraître devant lui, ni ressentir les effets de sa souveraine puissance.
me parurent saisis d’une grande crainte, et cependant ils osèrent s’exposer au combat. 9Mais quand cet homme vit toute cette multitude qui venait fondre sur lui, il ne leva point sa main et ne l’arma ni de son épée, ni d’aucun autre instrument de guerre ▼▼Ce qui prouve qu’il ne tire sa force et sa toute-puissance que de lui-même et de son propre fonds. Voy. les versets 26 et 27.
. 10Il ne fit que laisser aller de sa bouche un souffle de feu ▼▼Ceci paraît être copié sur ce qui est dit Apoc. xi, 5. Cet auteur n’attribue tous ces effets qu’à la seule parole de Dieu. Voy. ci-après, verset 33.
et de ses lèvres un vent brûlant, de sa langue ▼▼C’est ce qui est exprimé dans saint Matthieu, c. xxv, 41, par ce peu de paroles : Retirez-vous de moi, maudits, et allez au feu éternel. C’est dans ce sens que l’auteur a cru sans doute qu’il pouvait comparer cette parole au feu. Voy. vers. 58 ci-après, et c’est ce qui l’a obligé de lui donner le surnom de loi.
il excitait tous ces traits, des étincelles et des tempêtes, et réunissant tous ces traits, 11Il les lança avec fureur sur cette multitude préparée au combat, et les consuma tous ; en sorte qu’il n’en resta que les cendres d’où sortait une odeur de fumée, et à la vue de ces prodiges, je fus saisi de crainte. 12Cet homme étant ensuite descendu de la montagne, appelait à soi une autre multitude d’hommes paisibles et tranquilles ▼▼Ce sont ceux que Jésus-Christ appelle ( Matth. xxv, 34) les bénis de son Père. L’auteur les représente sous la figure des dix tribus captives emmenées par Salmanasar. Voy. le verset 40 ci-après.
. 13Et de tous ceux qui s’avançaient vers lui, les uns paraissaient joyeux, les autres tristes ; quelques-uns étaient liés, et d’autres enfin étaient chargés de choses qu’on a coutume d’offrir au Seigneur ▼▼Ces différents états marquent les différents mérites des saints.
. Et dans l’excès de ma frayeur, je me trouvai mal, je m’éveillai et je dis : 14Seigneur, vous m’avez découvert ces prodiges dès le commencement, et ma prière vous a paru digne d’être écoutée. 15Maintenant donc, Seigneur, accordez-moi l’explication de cette nouvelle vision. 16Car, autant que je puis prévoir, malheur à ceux qui seront sur la terre ▼▼Litt. : Qui seront abandonnés ou délaissés.
en ces jours-là, et plus malheureux encore ceux que la mort aura déjà ravis ▼▼Litt. : Qui n’auront pas été abandonnés ou délaissés. Le sens de ce verset paraît très-obscur, et il ne peut s’entendre qu’en supposant que l’auteur compare ici le sort des impies, qui, par leur mort, se trouveront exposés à des malheurs sans ressource, avec celui des hommes vivants encore sur la terre, mais accablés de maux, de malheurs et de tentations horribles qui les exposeront aux mêmes dangers que les premiers. Voy. le verset 23 ci-après.
. 17Et ceux qui n’étaient plus au rang des vivants ▼▼Litt. : Qui n’étaient pas délaissés ou abandonnés.
, paraissaient fort tristes. 18Je vois donc présentement les choses qui arriveront à la fin des temps, et les maux qui doivent tomber sur ceux qui ont disparu de dessus la terre, et sur ceux qui y seront alors. 19C’est pourquoi ils se sont trouvés dans de grandes calamités et dans des périls extrêmes, comme ces songes le marquaient. 20Cependant, il leur serait plus facile d’échapper à tous ces dangers presque insurmontables, qu’à nous, de nous élever de ce siècle, comme un nuage ▼▼C’est à-dire aussi haut que les nuées. Autr. : Dans le ciel pour découvrir, etc.
, et de découvrir ce qui doit arriver à la fin des temps, et il me répondit : 21Je vais t’expliquer la vision et te découvrir les choses dont tu as parlé. 22À l’égard de ceux qui se trouveront alors sur la terre, voici ce qui leur arrivera. 23Celui qui en ce temps-là aura pu se garantir de ces périls, se verra en sûreté ; mais pour les autres qui y tomberont, ce sont ceux qui ont la foi et qui font la volonté du Tout-Puissant ▼▼C’est-à-dire qu’il sera plus avantageux de n’être point exposé aux extrêmes malheurs qui arriveront dans ces derniers temps, parce que ceux qui y seront exposés ne pourront s’en délivrer que par une grande foi au Seigneur, et par la pratique des œuvres les plus héroïques. Ce verset est très obscur, surtout si on le compare aux versets 16 et 17 précédents, où l’auteur regarde ceux qui sont morts comme plus malheureux que ceux qui restent sur la terre. — Voy. la note 2 sur le verset ci-dessus, et le verset 24 ci-après.
. 24Comprends donc que les hommes qui vivront alors sur la terre ▼▼Après que les maux qu’il a prédits seront passés.
seront beaucoup plus heureux que ceux qui en auront été enlevés ▼▼Et qui auront souffert tous les maux dont l’auteur vient de les menacer. On peut donner aussi à ce verset le même sens que l’on a donné au verset 26 ci-dessus.
. 25Quant à l’homme ▼▼Voy. le verset 3 ci-dessus.
que tu as vu sortir du sein de la mer, voici ce qu’il signifie : 26C’est celui que le Très-Haut réserve pour la fin des temps ▼▼C’est le Verbe de Dieu qui s’est incarné, et qui étant remonté dans les cieux par sa résurrection, reviendra dans son second avènement juger tous les hommes.
; il délivrera par lui-même ▼▼Par sa toute-puissance égale à celle de son père.
toutes ses créatures, et il prendra soin de ceux qui seront alors sur la terre. 27Et comme il sortait de sa bouche une espèce de souffle mêlé de feu et de tempête, 28Et qu’il n’avait ni épée, ni aucune autre arme de guerre ; ainsi c’est par sa propre force qu’il a renversé cette multitude qui s’avançait pour le combattre ; voici l’explication de toutes ces choses. 29Les jours s’approchent, et le Très-Haut viendra délivrer ceux qui sont sur la terre. 30Et quand il paraîtra, la frayeur s’emparera de leurs esprits. 31Ils seront occupés à se faire la guerre les uns aux autres ; on verra se soulever ville contre ville, pays contre pays, nation contre nation, royaume contre royaume ▼▼Ce sont les mêmes signes que Jésus-Christ a dit qui devaient précéder son second avènement. ( Matth. xxiv, 7.)
. 32Et quand le temps sera venu ▼▼Voy. ci-dessus, v, 1.
, et que les signes que je t’ai montrés d’abord commenceront à paraître, alors se fera ▼▼Litt. : Mon fils sera reconnu, lequel, etc.
la révélation ▼▼Voy. ci-dessus, v, 1.
de mon fils que tu as vu sous la figure de cet homme ▼▼Litt. : Que vous avez vu comme un homme, c’est-à-dire revêtu de l’humanité, sous laquelle nature il cachait alors sa nature divine.
qui sortait ▼▼Voy. le vers. 5 ci-dessus. Autr. : Qui s’envolait sur la montagne, c’est-à-dire dans les cieux par sa résurrection. Voy. le vers. 6 ci-dessus. Dans la version, on s’est conformé à ce que dit le même auteur au vers. 51 ci-après.
de la mer. 33À peine aura-t-il fait entendre sa voix à toutes les nations de la terre, qu’elles cesseront de se faire la guerre. 34Et cette multitude innombrable se réunira comme si elle était dans le dessein de le combattre. 35Mais pour lui, il se tiendra sur le haut de la montagne de Sion ▼▼C’est la montagne que l’auteur dit, au vers. 6 ci-dessus, qu’il s’était taillée de ses mains, et au verset suivant, dont on ne voyait sur la terre aucune trace d’où elle eût été tirée.
. 36La ville de Sion paraîtra tout d’un coup dans sa gloire, et tous la verront bâtie et parée, semblable à la montagne que tu as vue se former sans qu’on y eut touché. 37Alors, mon fils ▼▼Jésus-Christ, le Verbe incarné, le Fils de Dieu.
jugera les crimes et les impiétés des nations, qui dans l’égarement de leurs pensées se sont jetées elles-mêmes dans la tempête et dans les supplices dont elles commenceront alors à être tourmentées. 38Les flammes ▼▼Litt, Ce seront des tourments semblables aux flammes.
serviront sa colère, et il se vengera par une loi ▼▼Autr. : Par la parole.
qui, comme un feu ▼▼Litt. : Que j’ai comparée aux flammes. Voy. le vers. 10 ci-dessus.
dévorant, les consumera sans peine. 39Quant à cette autre multitude d’hommes paisibles qu’il a rassemblés autour de lui, 40Ce sont les dix tribus que Salmanasar, roi d’Assyrie, réduisit en captivité sous le règne d’Osée ▼▼Roi de ces dix tribus d’Israël, l’an du monde 3283.
, et qu’il transporta au delà du fleuve, dans une terre étrangère. 41Mais pour eux ▼▼C’est-à-dire de quelques-uns d’entre eux qui s’échappèrent des mains de ceux qui les voulaient conduire à Babylone.
, ils prirent tous la résolution d’abandonner la multitude des nations ▼▼Qui aimèrent mieux aller librement habiter des pays plus éloignés que de vivre comme des esclaves chez les Chaldéens.
, et de s’avancer plus avant dans le pays, en une contrée que les hommes n’avaient jamais habitée avant eux ▼▼Qu’aucun de leurs frères n’avaient habitée ou fréquentée avant eux, et même dans des lieux absolument déserts et inhabités.
. 42Et d’y observer les saintes lois qu’ils avaient violées dans leur propre pays. 43Ils y pénétrèrent enfin par les sentiers étroits de l’Euphrate. 44Le Seigneur fit alors des prodiges en leur faveur, et il arrêta le cours du fleuve jusqu’à ce qu’ils fussent passés ▼▼Ce miracle et les autres circonstances de l’histoire de la retraite de ces Israélites ne se trouvent rapportés en aucun endroit de l’Écriture ; peut-être, l’auteur n’a-t-il voulu décrire sous ces figures que le soin qu’eut la Providence de les protéger, sous laquelle il figure aussi la protection qu’elle doit donner à ses saints jusqu’à la consommation des siècles. — Voy. le v. 46 et suiv., qui ne peuvent avoir que ce dernier sens.
. 45Car il fallait marcher pendant un an et demi pour arriver dans cette contrée, et elle s’appelait Arsareth ▼▼Le mot hébreu signifie la terre de leur sortie, de leur exil et de leur bannissement ; ainsi, ce n’est point proprement le nom d’un lieu particulier. Quelques interprètes prétendent qu’il s’est glissé une erreur de copiste, et qu’il faut lire Ararath, c’est-à-dire l’Arménie, qui est située bien au-delà de Babylone.
. 46Ils l’habiteront jusqu’à la fin des temps, et quand ils se disposeront à revenir, 47Le Très-Haut arrêtera de nouveau les courants du fleuve, afin qu’ils puissent avoir un chemin libre ▼▼Sous ce sens figuré, l’auteur veut uniquement marquer que Dieu aplanira à ses saints toutes les voies et toutes les difficultés pour leur retour et pour les conduire au salut. — Voy. le vers. 49 ci-après.
, et c’est pour cela que tu as vu cette multitude dans une profonde paix ▼▼Se consolant sur les promesses et la protection de Dieu.
. 48C’est dans ce lieu qu’il règne sur ceux de ton peuple qui s’y sont retirés ▼▼Litt. : Mais ceux qui demeurent ici sont ceux qui sont restés d’entre ceux de ton peuple.
. 49Et quand il s’armera pour détruire cette assemblée innombrable de toutes les nations, alors il épargnera ce peuple qui a été mis en réserve ▼▼Les mêmes dont il vient de parler av verset précédent.
. 50Et il fera plusieurs prodiges en sa faveur. 51Et je lui dis : Seigneur, souverain dominateur, découvrez-moi ce que signifie cet homme que j’ai vu sortir du milieu de la mer, et il me répondit : 52De même que tu ne peux sonder ni connaître les choses qui sont dans ce vaste et profond abîme ▼▼Litt. : De la mer.
, de même aucun homme vivant ne pourra voir mon fils, ni ceux qui sont avec lui, que la fin des temps ne soit arrivée. 53Voilà ce que signifie la vision que tu as eue, et tu es le seul qui en ait reçu l’intelligence. 54Car tu as abandonné ta loi pour t’attacher à la mienne, et la méditer sans cesse. 55Tu as marché dans les voies de la sagesse, et tu as aimé l’intelligence comme ta propre mère. 56C’est pourquoi je t’ai fait voir les récompenses que le Très-Haut te réservait ; et quand il se sera passé encore trois jours, je te découvrirai de nouveaux mystères, et je t’apprendrai des choses importantes et merveilleuses. 57Alors je me mis en chemin, et je m’avançai dans la campagne, glorifiant et louant le Très-Haut des merveilles qu’il me faisait voir de temps en temps, 58Parce que c’est lui qui gouverne le temps, et toutes les choses qui sont entraînées dans son cours : et m’étant arrêté dans un endroit, j’y restai assis durant trois jours.
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