‏ 2 Esd 9

Les jugements de Dieu aussi bien que ses autres œuvres éclatantes seront précédées de quelques autres signes.

1Le Seigneur me répondit et me dit : Mesure exactement
Litt. : mesure, en mesurant ; hébraïsme, pour dire avec soin et exactitude.
le temps, parcours-en les espaces, et quand tu auras vu l’accomplissement d’une partie des signes que je t’ai prédits,
2Comprends alors que le Très-Haut est près d’entrer en jugement avec le siècle qu’il a créé. 3Quand la terre tremblera en divers lieux, et que les peuples se soulèveront les uns contre les autres
Ceci paraît avoir été copié sur le verset 7 du chapitre xxiv de St. Matthieu.
,
4Alors tu reconnaîtras que le Très-Haut avait prédit ces choses dès le commencement, avant même que tu fusses né. 5Car de même que toutes les choses qui ont été créées sur la terre ont eu un commencement, et qu’il n’est pas moins certain qu’elles doivent un jour cesser d’être ; 6Il en est ainsi des temps du Très-Haut, ils ont eu des commencements signalés par des prodiges, et leur fin sera précédée de signes éclatants. 7Alors tous ceux qui sont du nombre des élus
Litt. : qui seront sauvés.
, et qui pourront échapper à la faveur de leurs œuvres et d’une foi semblable à celle des justes
Litt. : À celle en laquelle vous avez cru.
,
8Ceux-là, dis-je, sortiront victorieux des périls et des obstacles que je t’ai prédits, et ils jouiront
Litt. : Il verra ; voir pour jouir. Expression hébraïque.
sous mon règne et dans mon empire du salut
Litt. : Mon salutaire dans ma terre et dans mes frontières, c’est-à-dire, le Sauveur que j’ai envoyé à mon peuple et aux nations qui les environnent.
que je leur avais préparé, car je les avais choisis
Je me les suis sanctifiés. Ce mot, selon les Hébreux, peut signifier aussi, je les ai séparés et mis à part pour moi.
dès le commencement.
9Mais pour ceux qui ont corrompu mes voies, ils seront accablés de misères
Litt. : Ils feront pitié, c’est-à-dire, par le misérable état où ils seront réduits, ils se feront horreur à eux-mêmes.
, et ceux qui les ont rejetées avec mépris n’auront pour partage que des tourments sans fin.
10Car je les avais comblés de bienfaits pendant leur vie et ils ne m’ont point connu. 11Ils n’avaient que du dégoût pour ma loi, lorsqu’ils étaient encore en pleine liberté de la suivre
Le verset suivant explique celui-ci.
.
12Et ayant encore le temps de faire pénitence, ils n’en ont point profité et se sont fermé les yeux ; il est donc juste que, livrés enfin à la mort, ils soient instruits par les tourments et les supplices
Voy. ce que dit le Sage au Livre de la Sagesse, v, 3 et suiv.
.
13Ne cherche donc plus à connaître de quelle manière les impies seront tourmentés ; efforce-toi donc plutôt de découvrir quel sera le bonheur des justes, qui sont ceux qui composeront le siècle futur, et quand il commencera à paraître
Litt. : À qui appartient le monde et pour lesquels le monde est, et quand ils en seront absolument victorieux.
.
14Alors je répondis et je dis : 15Je l’ai dit autrefois
Voy. le vers. 1 du chap. viii ci-dessus.
, je le dis encore, et je ne cesserai de le dire ; ceux qui tombent dans la perdition sont en plus grand nombre que ceux qui seront sauvés,
16Comme le flot de la mer est plus grand qu’une des gouttes dont il est formé, et il me dit : 17Tel est le champ, telles sont les semences ; telles sont les fleurs, telles sont les couleurs ; tel est l’ouvrier, tel est son ouvrage ; tel est le laboureur, tel est son travail : car tel était l’ordre qui régnait dans l’univers
C’est-à-dire, dès le commencement du monde, et selon la nature ; mais depuis le péché de l’homme, tout cet ordre a été renversé. Voy. le vers. suivant.
.
18Lorsque je préparais le monde qui devait être la demeure des hommes qui l’habitent à présent, personne alors ne s’opposait à mes volontés, 19Et
Ce verset est très-obscur, et l’on peut lui donner cet autre sens : Tous les hommes étaient alors présents à mes yeux, et depuis je les ai créés successivement sur cette terre parée pour leurs besoins, où les moissons ne trompaient jamais leur attente et où tout était réglé par un enchaînement de causes incompréhensibles ; mais leurs mœurs se sont corrompues.
chacun obéissait ; mais depuis qu’il subsiste, la corruption des mœurs s’est multipliée par une fécondité malheureuse et par une loi secrète.
20J’ai donc considéré ce siècle, et j’ai vu les malheurs qu’allaient attirer sur lui ses désirs criminels. 21Je l’ai néanmoins épargné, et je me suis réservé un grain de la grappe et une plante d’une race nombreuse. 22Périsse donc à jamais cette multitude ingrate et stérile
Litt. : Née en vain.
, et qu’il n’en reste que ce
Litt. : Mon grain et ma plante.
grain et cette plante que j’ai cultivée avec tant de soins
Litt. : Parce que je l’ai cultivé avec beaucoup de travail.
.
23Pour toi, Esdras, laisse encore passer sept jours, pendant lesquels tu ne jeûneras point. 24Mais tu iras dans un champ rempli de fleurs et dans lequel il n’y a aucune maison ; tu ne te nourriras que des fleurs qui y croissent, tu ne mangeras pas de viande et tu ne boiras point de vin. 25Offres-y sans cesse tes prières, j’y viendrai et je m’entretiendrai avec toi. 26J’allai donc, comme le Seigneur me l’avait dit, dans un champ qui s’appelait Ardath
On ne sait point ce que signifie ce mot hébreu ; mais peut-être lisait-on autrefois arga ou haruga, qui signifie parterre de fleurs ou champ de fleurs, et sans doute que ce mot a été corrompu par les copistes.
 ; je m’y assis au milieu des fleurs, et je mangeai des herbes qui y croissent, jusqu’à en être rassasié.
27Au bout des sept jours, lorsque j’étais encore couché sur l’herbe de ce champ, je sentis mon cœur agité comme auparavant. 28Et alors, ouvrant ma bouche, je commençai à parler au Très-Haut, et je lui dis : 29Seigneur, avant de vous montrer à nous, vous vous êtes fait voir à nos pères dans le désert, ce lieu stérile et inhabité, et lorsqu’ils sortirent de l’Égypte, vous leur dites : 30Israël, écoute-moi ; et toi, maison de Jacob, sois attentive à mes paroles. 31Car je vais mettre ma loi dans vos cœurs comme une semence ; elle y portera du fruit et elle vous rendra à jamais glorieux sur la terre. 32Mais vos pères, après avoir reçu ma loi, ne l’ont point gardée ; ils ont violé mon alliance, la loi n’a porté aucun fruit en eux, et elle ne le pouvait ; car c’était de vous qu’il devait sortir
Ce verset est obscur, peut-être par l’omission de quelques mots, c’est ce qui oblige les interprètes de lui donner divers sens. Quelques-uns lui donnent celui-ci : Le fruit de la loi n’a point paru et n’a rien produit ; car il ne le pouvait, parce qu’il n’y en avait point. D’autres : La loi a été sans fruit, ce qui ne devait pas être, puisqu’elle venait de nous. Les versets 36 et 37 ci-après semblent donner à ce verset un troisième sens, qui est celui-ci : Le fruit que la loi devait produire n’a point paru, mais la loi n’en a point souffert, car elle ne le pouvait puisqu’elle venait de vous.
.
33Et ainsi ceux à qui elle avait été donnée ont été rejetés
Litt. : Sont péris.
, parce qu’ils n’ont conservé la semence qui avait été dans leurs cœurs.
34Il arrive ordinairement que quand la terre a reçu la semence, qu’un vaisseau a été mis en mer, qu’on a rempli un vase de quelque nourriture, ces choses dans lesquelles tout cela a été mis venant à être détruites, 35Ce qu’on y a semé ou inséré, ou ce qui y a été reçu, est détruit en même temps et ne subsiste plus alors parmi nous ; mais il n’en est pas de même à notre égard. 36Car nous avons été rejetés après avoir violé la loi que nous avions reçue, et notre cœur, où elle avait été jetée comme une semence, a eu le même sort. 37Mais la loi n’a point été anéantie, et elle a conservé toute sa force. 38Comme je disais ces choses en moi-même, et que j’étais attentif, je vis à ma droite une femme qui pleurait et qui jetait de grands cris ; elle paraissait très abattue de douleur ; ses vêtements étaient déchirés et elle se couvrait la tête de poussière
Litt. : De cendres. Tout ceci est une parabole que l’auteur dans la suite applique à la Synagogue. Voy. le chap. x ci-après, verset 44 et suiv.
.
39Alors, interrompant toutes mes réflexions, je me tournai vers elle, et je lui dis : 40Pourquoi pleurez-vous, et quel est le sujet de votre douleur ? Elle me répondit : 41Mon Seigneur, souffrez, souffrez que je pleure et que je me livre de plus en plus à ma douleur, car je suis dans une grande amertume de cœur, et rien n’est égal à mon affliction. 42L’ayant ensuite pressée instamment de me dire ce qui lui était arrivé, elle me répondit : 43Votre servante avait vécu dans une honteuse stérilité, et je n’avais point enfanté, quoique j’eusse été avec mon mari l’espace de trente ans ; 44Et pendant tout ce temps je n’ai cessé, ni le jour, ni la nuit, d’offrir mes prières au Très-Haut. 45Enfin, au bout de trente ans, le Seigneur exauça votre servante, il vit mon affliction, il fut touché de mes peines, et me donna un fils qui fut toute ma joie
Ce fils est le peuple Juif. Voy le vers. 45 du chap. suiv. L’auteur rapporte que cette intervalle de trente années est le temps pendant lequel les Juifs demeurèrent à Jérusalem, sans temple, jusqu’à celui que leur bâtit Salomon. Voy. les notes sur ce lieu.
, celle de mon mari et l’espérance de toute la ville, et nous en témoignâmes notre reconnaissance au Dieu tout-puissant.
46Je l’élevai avec beaucoup de peine. 47Et lorsqu’il fut grand et en âge de se marier, je célébrai le jour de ses noces
La dédicace du temple de Salomon, et sous cette image la gloire du peuple Juif. Voy. vers, 46 et 47 du chap. suiv.
.
Copyright information for FreVulgGlaire1