Ecclesiastes 10
1Les mouches mourant gâtent la suavité d’un parfum. Une folie légère et de courte durée prévaut sur la sagesse et la gloire. ▼▼Eccl. 10,1 : Les mouches qui meurent dans un parfum en font perdre la bonne odeur. ― Une folie, etc. Il y a une certaine folie qui l’emporte sur la sagesse et la gloire. Pour être véritablement sage, il faut devenir insensé aux yeux du monde. Or, cette folie, suivant saint Paul, vaut mieux que toute la prétendue sagesse humaine, qui, en effet, selon le même apôtre, n’est que folie devant Dieu. Voir 1 Corinthiens, 1, 25 ; 3, 18.
2Le cœur du sage est dans sa droite, et le cœur de l’insensé dans sa gauche. 3Mais même l’insensé qui marche dans sa voie, comme il est lui-même dépourvu de sagesse, il estime tous les hommes insensés. 4Si l’esprit de celui qui a le pouvoir s’élève contre toi, ne quitte pas ta place, parce que le remède fera cesser les plus grands péchés. ▼▼Eccl. 10,4 : Si l’esprit, etc. Le sens le plus naturel de ce verset est : Si un grand, un homme puissant est irrité contre toi, ne quitte pas ta place ; c’est-à-dire ne te décourage pas, mais sois modéré et doux ; car, par ce moyen, tu éviteras et tu feras éviter les plus grandes fautes. Remarquons que le terme hébreu rendu dans la Vulgate par remède (curatio) signifie aussi modération, douceur, soit dans les paroles, soit dans la manière d’agir ; signification qui convient parfaitement dans ce passage.
5Il est un mal que j’ai vu sous le soleil, sortant comme par erreur de la face du prince : ▼▼Eccl. 10,5 : Sortant, etc. ; c’est-à-dire qu’on ne peut considérer que comme une faute d’ignorance du prince, comme un manque de sagesse ou d’attention de sa part.
6L’insensé élevé à une haute dignité, et des riches assis en bas. 7J’ai vu des esclaves sur des chevaux, et des princes marchant sur la terre comme des esclaves. 8Celui qui creuse une fosse y tombera, et celui qui détruit une haie, un serpent le mordra. ▼▼Eccl. 10,8 : Voir Proverbes, 26, 27 ;, 27, 29.
9Celui qui transporte des pierres en sera meurtri ; et celui qui fend du bois en sera blessé. 10Si le fer a perdu son tranchant, et qu’il ne soit pas comme auparavant, mais qu’il soit émoussé, c’est avec beaucoup de travail qu’on l’aiguisera : ainsi après l’application viendra la sagesse. 11Si un serpent mord dans le silence, celui qui médit en cachette n’a rien de moins que ce serpent. ▼▼Eccl. 10,11 : N’a rien de moins, etc. ; le médisant ne diffère en rien du serpent ; il n’est pas moins dangereux.
12Les paroles de la bouche du sage sont pleines de grâce ; et les lèvres de l’insensé le précipiteront ; 13Le commencement de ses paroles est la folie, et la dernière de sa bouche une erreur très funeste. 14L’insensé multiplie les paroles. L’homme ignore ce qui a été avant lui ; et ce qui doit être après lui, qui pourra le lui indiquer ? 15Le travail des insensés les affligera, eux qui ne savent pas aller à la ville. ▼▼Eccl. 10,15 : Le travail, etc. L’insensé est si paresseux, que tout travail le lasse et l’accable ; il est en même temps si ignorant et si stupide, qu’il ignore jusqu’au chemin de la ville.
16Malheur à toi, terre dont le roi est un enfant, et dont les princes mangent dès le matin. 17Bienheureuse la terre dont le roi est noble, et dont les princes mangent en leur temps, pour se refaire et non pour la sensualité. 18Par la paresse s’affaissera la charpente ; et par la faiblesse des mains dégouttera la maison. 19Les vivants emploient le pain en divertissement, et le vin pour leurs festins ; et à l’argent toutes choses obéissent. 20Dans ta pensée ne médis pas du roi, et dans le secret de ta chambre ne maudis pas le riche, parce que même les oiseaux du ciel porteront ta voix, et celui qui a des ailes publiera ton sentiment.
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