‏ Job 14

1L’homme né d’une femme, vivant peu de temps, est rempli de beaucoup de misères. 2Comme une fleur, il s’élève, et il est brisé, et il fuit comme l’ombre, et jamais il ne demeure dans un même état.
Job 14,2 : Voir Job, 8, 9 ; Psaumes, 143, 4.
3Et vous croyez, ô Dieu, qu’il soit digne de vous, d’ouvrir les yeux sur un tel être, et de l’appeler avec vous en jugement ? 4Qui peut rendre pur celui qui a été conçu d’un sang impur ? N’est-ce pas vous qui seul êtes pur ?
Job 14,4 : Voir Psaumes, 50, 4. ― Celui qui a été conçu, etc. Job fait évidemment allusion au péché originel ; aussi les Pères de l’Eglise, grecs et latins, se sont-ils servis de ce passage pour établir le dogme de la tache originelle, source de tous les maux et surtout de la concupiscence.
5Les jours de l’homme sont courts ; le nombre de ses mois est en vos mains ; vous avez marqué son terme, lequel ne pourra être dépassé.
Job 14,5-6 : Il faut évidemment faire violence à ce passage, pour y trouver, comme l’ont fait plusieurs hérétiques, de quoi établir une certaine fatalité ou destinée, qui impose une espèce de nécessité inévitable à tous les hommes, soit par leur mort, soit même pour toutes les actions de leur vie.
6Retirez-vous un peu de lui, afin qu’il se repose, jusqu’à ce que vienne, comme un mercenaire, son jour désiré. 7Un arbre a de l’espoir : si on le coupe, il reverdit, et ses rameaux poussent. 8Quand sa racine aurait vieilli dans la terre, quand son tronc serait mort dans la poussière,
Job 14,8 : Si un tronc était entièrement mort, on ne pourrait, en aucune manière, lui faire pousser des rejetons ; mais il arrive souvent qu’un tronc qui paraît mort conserve encore, dans l’intérieur, quelque fibre vivante que l’humidité met en action.
9À l’odeur de l’eau, il germera, et portera des feuilles comme auparavant, lorsqu’il fut planté. 10Mais un homme, lorsqu’il est mort et dépouillé et consumé, où est-il, je vous prie ?
Job 14,10 : Où est-il, je vous prie ? Les vivants ne peuvent plus le trouver, le voir et lui parler.
11De même que si des eaux se retirent de la mer, elles n’y reviennent plus, et que si un fleuve tari se dessèche, il ne coule pas de nouveau,
Job 14,11 : Elles n’y reviennent plus… il ne coule pas de nouveau. Ces mots ou autres semblables sont évidemment sous-entendus. Au reste les ellipses de ce genre se rencontrent souvent dans l’Ecriture.
12Ainsi, un homme, lorsqu’il s’est endormi, ne ressuscitera point jusqu’à ce que le ciel soit détruit ; il ne s’éveillera point, et il ne se lèvera pas de son sommeil.
Job 14,12 : Lorsqu’il s’est endormi ; lorsqu’il est mort. Ce qui est dit dans ce verset s’applique très vraisemblablement à la résurrection qui aura lieu à la fin du monde.
13Qui me donnera que vous me protégiez dans l’enfer, et que vous me cachiez jusqu’à ce que votre fureur soit passée, et que vous me marquiez un temps où vous vous souviendrez de moi ? 14Penses-tu qu’une fois mort un homme revive ? Pendant tous les jours, où maintenant je combats, j’attends que mon changement vienne. 15Vous m’appellerez, et moi je vous répondrai ; vous tendrez votre droite à l’ouvrage de vos mains. 16Vous avez, à la vérité, compté mes pas ; mais pardonnez mes péchés.
Job 14,16 : Voir Job, 31, 4 ; 34, 21 ; Proverbes, 5, 21.
17Vous avez scellé comme dans un sac mes offenses ; mais vous avez guéri mon iniquité.
Job 14,17 : Vous avez scellé, etc. Vous avez mis comme en réserve mes offenses dans les trésors de votre justice ; mais la pénitence que j’en ai faite, et les maux dont vous m’avez accablé, me font espérer que mon iniquité est pardonnée.
18Une montagne qui tombe disparaît, et un rocher est transporté de sa place. 19Les eaux cavent des pierres, et une terre est à peu près consumée par une inondation : c’est donc ainsi que vous perdrez un homme. 20Vous l’avez affermi pour un peu de temps, afin qu’il disparût pour toujours ; vous changerez sa face, et vous l’enverrez au loin.
Job 14,20 : Vous changerez sa face ; par la vieillesse. ― Vous l’enverrez au loin ; c’est-à-dire vous le ferez sortir de ce monde par la mort.
21Que ses enfants soient dans la gloire, ou qu’ils soient dans l’ignominie, il ne le saura pas. 22Toutefois sa chair, tandis qu’il vivra, souffrira, et son âme pleurera sur lui.
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