‏ John 10

1En vérité, en vérité, je vous le dis : Celui qui n’entre point par la porte dans le bercail des brebis, mais y monte par ailleurs, est un voleur et un larron.
Jean 10,1 : Le bercail en Orient est ordinairement un enclos en plein air, dont l’enceinte consiste en un mur grossièrement fait de pierres ou en une palissade. C’est là qu’on enferme les troupeaux la nuit. Le berger entre par la porte avec ses brebis, mais le voleur pour y pénétrer monte par dessus le mur ou la palissade.
2Mais celui qui entre par la porte, est le pasteur des brebis. 3C’est à celui-ci que le portier ouvre, et les brebis entendent sa voix, et il appelle ses propres brebis par leur nom, et les fait sortir. 4Et lorsqu’il a fait sortir ses propres brebis, il marche devant elles, et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. 5Elles ne suivent point un étranger, mais elles le fuient, parce qu’elles ne connaissent point la voix des étrangers. 6Jésus leur dit cette parabole. Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. 7Jésus leur dit donc encore : En vérité, en vérité, je vous le dis, c’est moi qui suis la porte des brebis. 8Tous ceux qui sont venus sont des voleurs et des larrons, et les brebis ne les ont point écoutés.
Jean 10,8 : « Tous ceux qui sont venus avant moi » et en dehors de moi : la plupart des Scribes et des Pharisiens. Ces deux mots manquent dans la Vulgate. ― Les brebis, les pieux Israélites.
9C’est moi qui suis la porte. Si c’est par moi que quelqu’un entre, il sera sauvé ; et il entrera, et il sortira, et il trouvera des pâturages. 10Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour qu’elles aient la vie, et qu’elles l’aient plus abondamment. 11Moi je suis le bon pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis.
Jean 10,11 : Voir Isaïe, 40, 11 ; Ezéchiel, 34, 23 ; 37, 24. ― On sait que dans les catacombes les premiers chrétiens ont représenté des milliers de fois Notre-Seigneur sous la forme du Bon Pasteur.
12Mais le mercenaire, et celui qui n’est point pasteur, dont les brebis ne sont pas le bien propre, voyant le loup venir, laisse là les brebis et s’enfuit ; et le loup ravit et disperse les brebis ; 13Or le mercenaire s’enfuit, parce qu’il est mercenaire, et qu’il n’a point de souci des brebis. 14Moi, je suis le bon pasteur, et je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, 15Comme mon Père me connaît, et que moi-même je connais mon Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.
Jean 10,15 : Voir Matthieu, 11, 27 ; Luc, 10, 22.
16Mais j’ai d’autres brebis qui ne sont point de cette bergerie ; et il faut que je les amène, et elles entendront ma voix, et il n’y aura qu’un bercail et qu’un pasteur.
Jean 10,16 : D’autres brebis, les Gentils. ― Il n’y aura plus, après ma mort, qu’un bercail : le mur de séparation entre le judaïsme et le paganisme sera renversé (voir Ephésiens, 2, verset 14 et suivants ; Colossiens, 2, 15).
17Et si mon Père m’aime, c’est parce que je quitte ma vie pour la reprendre.
Jean 10,17 : Voir Isaïe, 53, 7.
18Personne ne me la ravit ; mais je la donne de moi-même ; j’ai le pouvoir de la donner et j’ai le pouvoir de la reprendre. C’est le commandement que j’ai reçu de mon Père. 19Une dissension s’éleva de nouveau parmi les Juifs à cause de ces paroles. 20Beaucoup d’entre eux disaient : Il a en lui un démon, et il a perdu le sens ; pourquoi l’écoutez-vous ? 21D’autres disaient : Ces paroles ne sont pas d’un homme qui a un démon en lui ; est-ce qu’un démon peut ouvrir les yeux des aveugles ? 22Or on faisait à Jérusalem la Dédicace ; et c’était l’hiver.
Jean 10,22 : Voir 1 Machabées, 4, vv. 56, 59. ― « La fête de la dédicace remontait à l’an 164, où Judas Machabée, ayant délivré Jérusalem, avait brisé l’idole de Jupiter Olympien, placée dans le sanctuaire, et purifié le temple des profanations commises trois ans auparavant par Antiochus Epiphane. Elle durait huit jours et se célébrait à l’entrée de l’hiver, comme saint Jean en fait la remarque pour ses lecteurs, étrangers à la Judée. » (L. BACUEZ.)
23Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon.
Jean 10,23 : « La galerie couverte où se promenait Notre-Seigneur s’appelait portique de Salomon parce qu’elle était bâtie sur une terrasse élevée par Salomon. Peut-être y voyait-on encore quelques restes de l’ancien temple. [Elle s’étendait parallèlement à la vallée de Josaphat et formait le côté oriental de l’enceinte du temple.] On découvrait de là la colline des Oliviers et toute la vallée du Cédron. Le Sauveur et les Apôtres s’y tenaient de préférence, parce qu’elle était ouverte aux Gentils aussi bien qu’aux Juifs. » (L. BACUEZ.)
24Les Juifs donc l’entourèrent et lui dirent : Jusqu’à quand tiendras-tu notre esprit en suspens ? Si tu es le Christ, dis-le-nous ouvertement. 25Jésus leur répondit : Je vous parle et vous ne croyez point ; les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi ; 26Mais vous ne croyez point, parce que vous n’êtes point de mes brebis. 27Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais et elles me suivent ; 28Et je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais, et nul ne les ravira de ma main. 29Quant à mon Père, ce qu’il m’a donné est plus grand que toutes choses, et personne ne le peut ravir de la main de mon Père. 30Moi et mon Père nous sommes une seule chose. 31Alors les Juifs prirent des pierres pour le lapider. 32Jésus leur dit : J’ai fait devant vous beaucoup d’œuvres excellentes par la vertu de mon Père ; pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous ? 33Les Juifs lui répondirent : Ce n’est pas pour une bonne œuvre que nous te lapidons, mais c’est pour un blasphème, et parce que toi, étant homme, tu te fais Dieu. 34Jésus leur repartit : N’est-il pas écrit dans votre loi : Je l’ai dit : Vous êtes des dieux ?
Jean 10,34 : Voir Psaumes, 81, 6.
35Quand elle appelle dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, et que l’Ecriture ne peut être détruite, 36Vous me dites, à moi que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde : Tu blasphèmes ; parce que j’ai dit : Je suis le Fils de Dieu ? 37Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez point. 38Mais si je les fais, quand bien même vous ne voudriez pas me croire, croyez aux œuvres, afin que vous connaissiez et croyiez que mon Père est en moi, et moi dans mon Père. 39Ils cherchaient donc à le prendre, mais il s’échappa de leurs mains. 40Et il s’en alla de nouveau au-delà du Jourdain, dans le lieu où Jean baptisait d’abord ; et il y demeura.
Jean 10,40 : Jean Baptiste.
41Et beaucoup de personnes vinrent à lui, et ils disaient : Jean n’a fait aucun miracle. 42Mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. Et beaucoup crurent en lui.
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