‏ John 5

1Après cela se trouvait la fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem.
Jean 5,1 : Voir Lévitique, 23, 5 ; Deutéronome, 16, 1. ― La fête des Juifs ; c’est-à-dire la fête de Pâque (saint Irénée). Voir Jean, 4, 45. Jésus va à la fête pour ne pas se montrer opposé à la Loi et encourager la multitude qui accourait de toutes parts (saint Chrysostome).
2Or il y a à Jérusalem une piscine probatique appelée en hébreu Bethsaïda, et ayant cinq portiques.
Jean 5,2 : Une piscine probatique. On croit qu’elle était ainsi appelée parce qu’on y lavait les animaux (probata) que l’on devait offrir en sacrifice dans le temple de Salomon. Elle est située au nord-ouest de la porte d’entrée de l’église actuelle de Sainte-Anne, non loin de la porte Saint-Etienne, dans la partie nord-est de Jérusalem. Cette piscine porte aujourd’hui le nom de Birket Israil. Elle était probablement alimentée par les eaux amenées au temple au moyen d’un aqueduc des environs de Bethléem.
3Sous lesquels gisait une grande multitude de malades, d’aveugles, de boiteux, de paralytiques, attendant le mouvement des eaux. 4Car un ange du Seigneur descendait en un certain temps dans la piscine, et l’eau s’agitait. Et celui qui le premier descendait dans la piscine après le mouvement de l’eau, était guéri de quelque maladie qu’il fût affligé. 5Or il y avait là un homme qui était malade depuis trente-huit ans. 6Lorsque Jésus le vit couché et qu’il sut qu’il était malade depuis longtemps, il lui dit : Veux-tu être guéri ? 7Le malade lui répondit : Seigneur, je n’ai personne qui, lorsque l’eau est agitée, me jette dans la piscine ; car, tandis que je viens, un autre descend avant moi. 8Jésus lui dit : Lève-toi, prends ton grabat et marche. 9Et aussitôt cet homme fut guéri, et il prit son grabat, et il marchait. Or c’était un jour de sabbat. 10Les Juifs donc disaient à celui qui avait été guéri : C’est un jour de sabbat, il ne t’est pas permis d’emporter ton grabat.
Jean 5,10 : Voir Exode, 20, 10 ; Jérémie, 17, 24.
11Il leur répondit : Celui qui m’a guéri m’a dit lui-même : Prends ton grabat et marche. 12Alors ils lui demandèrent : Qui est cet homme qui t’a dit : Prends ton grabat et marche ? 13Mais celui qui avait été guéri ne savait qui il était ; car Jésus s’était retiré de la foule assemblée en ce lieu. 14Jésus ensuite le trouva dans le temple, et lui dit : Voilà que tu es guéri, ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pis. 15Cet homme s’en alla et annonça aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri. 16C’est pourquoi les Juifs persécutaient Jésus, parce qu’il faisait ces choses un jour de sabbat. 17Mais Jésus leur répondit : Mon Père agit sans cesse, et moi j’agis aussi. 18Sur quoi les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir ; parce que non seulement il violait le sabbat, mais qu’il disait que Dieu était son Père, se faisant ainsi égal à Dieu. Jésus répondant, leur dit : 19En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, si ce n’est ce qu’il voit que le Père fait ; car tout ce que le Père fait, le Fils le fait pareillement. 20Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu’il fait ; et il lui montrera des œuvres encore plus grandes que celles-ci, de sorte que vous en serez vous-mêmes dans l’admiration. 21Car, comme le Père réveille les morts et les rend à la vie, ainsi le Fils vivifie ceux qu’il veut. 22Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement à son Fils. 23Afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père : qui n’honore point le Fils n’honore point le Père qui l’a envoyé. 24En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne ’ vient pas en jugement ; mais il a passé de la mort à la vie. 25En vérité, en vérité, je vous le dis, vient une heure, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue, vivront. 26Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même ; 27Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme.
Jean 5,27 : « Parce que…, étant le Fils de Dieu, le Verbe éternel, il a voulu se faire fils de l’homme, s’incarner, pour être le Sauveur du monde. Le jugement est comme le dernier mot de l’incarnation ; car ce sera par le jugement que s’opérera la séparation définitive entre la partie sainte de l’humanité, unie à Jésus-Christ, comme le corps à son chef, et la partie mauvaise, gâtée par le péché, qui ne sera pas arrivée à la sainteté et au salut. Il convient donc que ce soit le Verbe incarné, l’Homme-Dieu, le Libérateur, qui soit chargé de porter la sentence finale. » (CRAMPON)
28Ne vous en étonnez pas, parce que vient l’heure où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de Dieu, 29Et en sortiront, ceux qui auront faille bien, pour ressusciter à la vie ; mais ceux qui auront fait le mal, pour ressusciter à leur condamnation.
Jean 5,29 : Voir Matthieu, 25, 46.
30Je ne puis rien faire de moi-même. Selon que j’entends, je juge ; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche point ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. 31Si je rends témoignage de moi-même, mon témoignage n’est pas vrai. 32C’est un autre qui rend témoignage de moi, et je sais que le témoignage qu’il rend de moi est véritable.
Jean 5,32 : Voir Matthieu, 3, 17 ; Jean, 1, 15.
33Vous, vous avez envoyé vers Jean, et il a rendu témoignage à la vérité.
Jean 5,33 : Vers Jean Baptiste.
34Pour moi, ce n’est pas d’un homme que je reçois témoignage ; mais je dis ceci afin que vous soyez sauvés. 35Il était la lampe ardente et luisante, et un moment vous avez voulu vous réjouir à sa lumière. 36Mais moi, j’ai un témoignage plus grand que celui de Jean. Car les œuvres que mon Père m’a données à accomplir, ces œuvres que je fais moi-même, rendent témoignage de moi, que le Père m’a envoyé. 37Et mon Père qui m’a envoyé a rendu lui-même témoignage de moi ; vous n’avez jamais entendu sa voix ni vu sa figure ;
Jean 5,37 : Voir Matthieu, 3, 17 ; 17, 5 ; Deutéronome, 4, 12.
38Et vous n’avez pas sa parole demeurant en vous, parce que vous ne croyez pas à celui qu’il a envoyé. 39Scrutez les Ecritures, puisque vous pensez avoir en elles la vie éternelle, car ce sont elles qui rendent témoignage de moi ;
Jean 5,39 : Il faut s’aveugler volontairement, pour trouver ici un ordre donné à tous de lire les Ecritures. C’est évidemment un reproche fait aux pharisiens, de ce que lisant les Ecritures, et pensant y trouver la Vie éternelle, ils ne voulaient pas reconnaître Jésus-Christ, lui à qui toutes les Ecritures rendaient témoignage, et par qui seul ils pouvaient avoir cette véritable vie.
40Mais vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie. 41Je n’accepte point une gloire venant des hommes. 42Mais j’ai reconnu que vous n’avez pas l’amour de Dieu en vous. 43Je suis venu moi-même au nom de mon Père, et vous ne me recevez point ; si un autre vient en son nom, vous le recevrez. 44Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez la gloire l’un de l’autre, et ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ? 45Ne pensez pas que ce soit moi qui doive vous accuser devant le Père : celui qui vous accuse, c’est Moïse, en qui vous espérez. 46Car si vous croyiez à Moïse, vous croiriez sans doute à moi aussi, parce que c’est de moi qu’il a écrit.
Jean 5,46 : Voir Genèse, 3, 15 ; 22, 18 ; 49, 10 ; Deutéronome, 18, 15.
47Mais si vous ne croyez point à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ?
Copyright information for FreVulgGlaire1