‏ Lamentations 3

1Je suis un homme voyant ma misère sous la verge de son indignation.
Lm. 3,1-66 : Le chapitre 3 s’occupe principalement, quoique non exclusivement, de la désolation du Prophète lui-même.
Lm. 3,1 : Son indignation ; l’indignation du Seigneur.
2Il m’a conduit et amené dans les ténèbres et non à la lumière. 3C’est seulement contre moi qu’il tourne et retourne sa main durant tout le jour. 4Il a fait vieillir ma peau et ma chair, il a brisé mes os. 5Il a bâti autour de moi, et il m’a environné de fiel et de peine.
Lm. 3,5 : Il a bâti autour de moi comme pour m’assiéger, il m’a environné et abreuvé d’amertume.
6Il m’a mis dans des lieux ténébreux comme les morts éternels.
Lm. 3,6 : Des lieux ténébreux ; la prison où il fut mis pendant le siège de Jérusalem (voir Jérémie, 38, 6-7). ― Les morts éternels ; ceux qui sont réellement dans le tombeau. Comparer à Psaumes, 48, 12(?) ; 142, 3.
7Il a bâti autour de moi, afin que je ne sorte pas ; il a appesanti mes fers aux pieds. 8Mais lors même que je crierais et que je prierais, il a repoussé ma prière. 9Il a fermé mes voies avec des pierres de taille, il a détruit mes sentiers.
Lm. 3,9 : Il a fermé mes voies avec des pierres de taille ; il m’a barré le chemin par un mur et m’a ainsi empêché de fuir et de me mettre en sureté.
10Il est devenu pour moi un ours en embuscade, un lion dans des lieux cachés. 11Il a détruit mes sentiers et il m’a brisé, il m’a mis dans la désolation. 12Il a tendu son arc, il m’a fait comme le but de ses flèches. 13Il a lancé dans mes reins les filles de son carquois.
Lm. 3,13 : Les filles de son carquois ; ses flèches.
14Je suis devenu la raillerie de tout mon peuple, leur chanson durant tout le jour. 15Il m’a rempli d’amertume, il m’a enivré d’absinthe.
Lm. 3,15 : Il m’a enivré d’absinthe. Voir Proverbes, 5, 4.
16Et il a brisé toutes mes dents, il m’a nourri de cendre. 17Et mon âme a été éloignée de la paix, et j’ai oublié le bonheur. 18Et j’ai dit : Elle a péri, ma fin, et ce que j’espérais du Seigneur.
Lm. 3,18 : Elle a péri, ma fin (periit finis meus) ; ma fin est consommée, c’en est fait de moi ; ou bien, la fin de mes maux n’aura jamais lieu.
19Souvenez-vous de ma pauvreté, et de l’excès commis contre moi, de l’absinthe et du fiel.
Lm. 3,19 : L’excès commis contre moi ; la persécution que je souffre ; c’est le vrai sens de l’expression de la Vulgate transgressionis meæ, expliqué par le texte original, les pronoms possessifs ayant en hébreu la signification passive aussi bien que la signification active. Les Septante portent aussi, ma persécution.
20J’en conserverai toujours la mémoire, et mon âme séchera en moi de douleur.
Lm. 3,20 : J’en conserverai toujours la mémoire ; littéralement et par hébraïsme, par la mémoire, je me remémorerai.
21Je repasserai ces choses dans mon cœur, c’est pourquoi j’espérerai. 22C’est grâce aux miséricordes du Seigneur que nous n’avons pas été consumés ; c’est parce que ses bontés n’ont pas fait défaut. 23Elles se renouvellent au point du jour ; votre fidélité est grande.
Lm. 3,23 : Elles ; les bontés du Seigneur, mentionnées au verset précédent. ― Se renouvellent ; littéralement sont nouvelles. Le latin porte nouveaux (novi), parce qu’en hébreu le mot bonté (hésed) est du masculin, et que l’auteur de la Vulgate se conforme quelquefois à la concordance hébraïque. ― Au point du jour (diluculo) ; c’est-à-dire avec promptitude, avec empressement. ― Votre fidélité dans vos promesses ; c’est le sens du texte original.
24Mon partage est le Seigneur, a dit mon âme ; à cause de cela je l’attendrai. 25Le Seigneur est bon à ceux qui espèrent en lui, à l’âme qui le recherche. 26Il est bon d’attendre en silence le salut de Dieu. 27Il est bon à l’homme de porter un joug dès sa jeunesse. 28Il s’assiéra solitaire, et il se taira, parce qu’il a mis ce joug sur lui. 29Il mettra sa bouche dans la poussière, pourvoir si par hasard il y a espérance.
Lm. 3,29 : Il mettra, etc. ; il se prosternera le visage contre terre.
30Il tendra la joue à celui qui le frappera, il sera rassasié d’opprobres. 31Parce que le Seigneur ne rejettera pas toujours ; 32Parce que s’il a rejeté, il aura aussi pitié selon la multitude de ses miséricordes. 33Car il n’a pas humilié d’après son cœur, il n’a pas rejeté les fils des hommes,
Lm. 3,33 : D’après son cœur. Ce n’est pas de son gré que Dieu châtie les hommes ; il y est forcé par leurs péchés. Comparer à Ezéchiel, 18, vv. 23, 32 ; 33, 11.
34Afin de fouler sous ses pieds tous les captifs de la terre, 35Afin de faire incliner le droit de l’homme devant la face du Très-Haut. 36Perdre un homme dans son jugement, le Seigneur ne le sait pas. 37Qui est celui qui a dit qu’une chose se fît, le Seigneur ne l’ayant pas commandé ?
Lm. 3,37 : Voir Amos, 3, 6. ― Qui a dit, etc. ; qui oserait dire qu’une chose est arrivée sans l’ordre du Seigneur ?
38De la bouche du Très-Haut, les maux et les biens ne sortiront-ils pas ? 39Pourquoi a murmuré l’homme vivant, l’homme, de la punition de ses péchés ?
Lm. 3,39 : La punition, etc. Souvent dans l’Ecriture le péché est mis pour la peine, le châtiment du péché.
40Scrutons nos voies, interrogeons-les, et retournons au Seigneur. 41Elevons nos cœurs avec nos mains vers le Seigneur qui est dans les cieux. 42Nous, nous avons iniquement agi, et au courroux nous vous avons provoqué, c’est pour cela que vous êtes inexorable. 43Vous vous êtes enveloppé dans votre fureur, et vous nous avez frappés ; vous avez tué et vous n’avez pas épargné. 44Vous avez mis une nuée devant vous, afin que la prière ne passe pas. 45Comme une plante arrachée et rejetée, vous m’avez mis au milieu des peuples. 46Tous nos ennemis ont ouvert la bouche contre nous.
Lm. 3,46 : Contrairement à l’ordre alphabétique, le mot Phé est mis avant Aïn (voir verset 49). Voir Lamentations de Jérémie, 2, 16.
47La prophétie nous est devenue effroi, lacs et ruine. 48Mon œil a fait couler des courants d’eaux sur la ruine de la fille de mon peuple. 49Mon œil s’est affligé, et ne s’est pas tu, de ce qu’il n’y avait point de repos, 50Jusqu’à ce que le Seigneur regardât et vît des cieux. 51Mon œil a tourmenté mon âme à cause de toutes les filles de ma ville.
Lm. 3,51 : À tourmenté ; maltraité ; sens qui paraît être celui de l’hébreu, et auquel peut être ramené le deprædatus est de la Vulgate. ― Les filles de ma ville ; c’est-à-dire les vierges de Jérusalem (voir Lamentations de Jérémie, 1, vv. 4, 18 ; 2, vv. 10, 21), ou bien les villes de Juda dont Jérusalem était comme la mère.
52Ils m’ont pris à la chasse comme un oiseau, mes ennemis, sans sujet. 53Ma vie est tombée dans la fosse, et ils ont posé une pierre sur moi.
Lm. 3,53 : Ma vie, etc. Je suis tombé tout vivant dans une fosse, et l’on a fermé l’orifice avec une pierre pour que ne puisse pas être sauvé.
54Des eaux se sont débordées sur ma tête ; j’ai dit : Je suis perdu. 55J’ai invoqué votre nom, Seigneur, du lac le plus profond. 56Vous avez entendu ma voix ; ne détournez pas votre oreille de mes sanglots et de mes cris. 57Vous vous êtes approché de moi un jour, quand je vous ai invoqué ; vous avez dit : Ne crains pas. 58Vous avez jugé, Seigneur, la cause de mon âme, rédempteur de ma vie. 59Vous avez vu. Seigneur, leur iniquité contre moi ; jugez leur jugement. 60Vous avez vu toute leur fureur, toutes leurs pensées contre moi. 61Vous avez entendu leurs outrages, Seigneur, toutes leurs pensées contre moi ; 62Les lèvres de ceux qui s’élèvent contre moi, et leurs projets contre moi tout le jour. 63Quand ils sont assis, et quand ils se lèvent, voyez, je suis l’objet de leurs chansons. 64THAU. Vous leur rendrez la pareille, Seigneur, selon les œuvres de leurs mains. 65THAU. Vous leur mettrez comme un bouclier sur le cœur, la peine dont vous les accablerez. 66THAU. Vous les poursuivrez dans votre fureur, et vous les briserez sous le ciel. Seigneur.
Copyright information for FreVulgGlaire1