‏ Matthew 23:35

35Afin que retombe sur vous tout le sang innocent qui a été versé sur la terre, depuis le sang du juste Abel jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l’autel.
Matth. 23,35 : Voir Genèse, 4, 8 ; Hébreux, 11, 4 ; 2 Paralipomènes, 24, 22. ― Zacharie, fils de Barachie. « Il y a divers sentiments, plus ou moins plausibles, sur la personne de Zacharie, fils de Barachie. ― Plusieurs interprètes pensent qu’il s’agit ici de celui que les zélateurs ont immolé dans le temple, pendant le dernier siège de Jérusalem. Notre-Seigneur aurait pu parler de ce meurtre à l’avance et annoncer qu’il serait puni ; mais il ne paraît pas le faire ici. Il parle au passé, comme d’un crime déjà commis. ― D’autres supposent qu’il est question de Zacharie, le dernier des petits prophètes. Son père s’appelait bien Barachie ; mais si un personnage si connu, le plus récent des prophètes, avait été tué entre le vestibule et l’autel, est-il à croire qu’il n’en fût fait mention nulle part ? ― La plupart croient, comme saint Jérôme, que ce Zacharie est celui qui fut lapidé par Joas, in atrio domus Domini, c’est-à-dire dans le parvis des prêtres, entre l’autel des holocaustes placé en avant du vestibule et le saint ou l’enceinte qui précédait immédiatement le Saint des Saints. C’était probablement un usage parmi les Juifs d’unir le meurtre d’Abel à celui de ce pontife, comme les deux crimes les plus odieux qui eussent jamais déjà été commis. Si l’on objecte que le meurtre de Zacharie était déjà bien ancien pour être cité comme le dernier dont ils fussent coupables, on répond que le livre dans lequel on le lisait était un des livres historiques les plus récents de leur canon. Ainsi le meurtre d’Abel se lisait aux premières pages de la Bible, et celui de Zacharie aux dernières. La difficulté de ce sentiment est que, selon les Paralipomènes, ce Zacharie était fils de Joiadas et non pas de Barachie. On peut néanmoins la résoudre de plusieurs manières : ― En supposant que le père de Zacharie, Joiadas, avait deux noms, qu’il était surnommé Barachie ou fils d’Achias, ce qui n’a rien d’invraisemblable. ― En prenant le mot fils dans le sens de petit-fils ou d’héritier, ce qui a lieu fréquemment. Si l’on suppose Barachie mort avant son père Joiadas, il était naturel que l’auteur des Paralipomènes donnât à Zacharie la qualification de fils, c’est-à-dire de descendant et d’héritier de Joiadas, son aïeul, plutôt que de Barachie, son père. Or, il paraît que l’âge de Joiadas confirme cette supposition. ― En supposant que les mots fils de Barachie, qui ne sont pas en saint Luc, et qui manquent dans le manuscrit du Sinaï, à cet endroit de saint Matthieu, ont été introduits par un des premiers copistes, qui aura cru qu’il s’agissait du dernier Zacharie. » (L. BACUEZ.) ― Entre le temple, le naos, la maison de Dieu, et l’autel des holocaustes. Voir Matthieu, 21, 12.
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