‏ Proverbs 8

1Est-ce que la sagesse ne crie pas, et que la prudence ne fait pas entendre sa voix ?
Prov. 8,1-36 : Ce chapitre est une prosopopée. La Sagesse y parle comme une reine. Il y a trois séries de pensées : richesse des dons que prodigue la Sagesse, versets 1 à 21 ; son origine divine et éternelle, versets 22 à 31 ; bienfaits qu’elle répand sur ceux qui la possèdent, versets 31 à 36. Ce chapitre développe ainsi deux idées déjà indiquées dans les chapitres précédents : la description de la sagesse comme prêchant aux hommes, voir Proverbes, 1, 20-30 ; comme médiateur et instrument divin dans la création du monde, voir Proverbes, 3, 19-26.
Prov. 8,1 : La sagesse. La plupart des Pères entendent ici par ce mot la sagesse divine et éternelle, en tant que seconde personne de la très sainte Trinité ; en sorte, néanmoins, qu’une partie des attributs de cette divine sagesse s’applique à la divinité, et une autre partie à l’humanité du Fils de Dieu.
2Sur les plus hauts et les plus élevés sommets, au-dessus de la voie, se tenant au milieu des sentiers, 3Près des portes de la cité, à l’entrée même de la ville, elle parle, disant : 4Ô hommes, c’est à vous que je crie, et ma voix s’adresse aux fils des hommes. 5Apprenez, ô tout petits, la finesse, et vous, insensés, faites attention.
Prov. 8,5 : O tout petits. Voir Proverbes, 1, 4.
6Ecoutez, car je vais parler de grandes choses, et mes lèvres s’ouvriront pour proclamer la droiture. 7Ma bouche s’exercera à la vérité, et mes lèvres détesteront ce qui est impie. 8Tous mes discours sont justes, il n’y a rien de dépravé ni de pervers. 9Ils sont droits pour ceux qui ont de l’intelligence, et équitables pour ceux qui trouvent la science. 10Recevez ma discipline et non de l’argent : choisissez la doctrine plutôt que l’or. 11Car mieux vaut la sagesse que toutes les choses les plus précieuses ; et tout ce qu’il y a de désirable ne peut lui être comparé. 12Moi, sagesse, j’habite dans le conseil, et je suis présente aux savantes pensées. 13La crainte du Seigneur hait le mal : l’arrogance et l’orgueil, une voie dépravée, et une langue double, je les déteste. 14À moi est le conseil et l’équité : à moi est la prudence, à moi est la force. 15Par moi les rois règnent, et les législateurs décrètent des choses justes ; 16Par moi les princes commandent, et les puissants rendent la justice. 17Moi, j’aime ceux qui m’aiment, et ceux qui dès le matin veillent pour me chercher me trouveront. 18Avec moi sont les richesses et la gloire, des biens superbes, et la justice. 19Car mieux vaut mon fruit que l’or et les pierres précieuses, et mieux valent mes produits que l’argent le meilleur.
Prov. 8,19 : L’argent le meilleur ; excellent : littéralement choisi (electo).
20Je marche dans les voies de la justice, au milieu des sentiers du jugement,
Prov. 8,20 : Du jugement ; c’est-à-dire du droit, de ce qui est juste et légitime. Cette explication, conforme d’ailleurs au parallélisme et au texte hébreu, nous a paru préférable à celle des interprètes, qui traduisent le judicium de la Vulgate par prudence ou sagesse. Les Septante ont rendu par justice, ce qui revient à notre explication.
21Afin d’enrichir ceux qui m’aiment, et de remplir leurs trésors. 22Le Seigneur m’a possédée au commencement de ses voies, avant qu’il fît quelque chose dès le principe.
Prov. 8,22-26 : Origine divine de la Sagesse.
Prov. 8,22 : Le Seigneur m’a possédée. Ce verset est célèbre dans l’histoire des discussions dogmatiques, parce que les Ariens en faussaient le sens et prétendaient en conclure que le Verbe n’était pas incréé, mais ce passage signifie que la Sagesse ou le Verbe est coéternel et consubstantiel au Père.
23Dès l’éternité j’ai été établie, dès les temps anciens, avant que la terre fût faite. 24Les abîmes n’étaient pas encore, et moi déjà j’avais été conçue ; les sources des eaux n’avaient pas encore jailli :
Prov. 8,24 : Les abîmes ; les mers.
25Les montagnes à la pesante masse n’étaient pas encore affermies, et moi, avant les collines, j’étais engendrée : 26Il n’avait pas encore fait la terre et les fleuves, et les pôles du globe de la terre. 27Quand il préparait les cieux, j’étais présente : quand par une loi inviolable il entourait d’un cercle les abîmes :
Prov. 8,27-31 : Coopération de la sagesse divine à la création du monde.
Prov. 8,27 : D’un cercle, de la voûte céleste qui, à l’horizon, a l’apparence d’un cercle. ― Les abîmes ; les eaux de la mer.
28Quand il affermissait en haut la voûte éthérée, et qu’il mettait en équilibre les sources des eaux : 29Quand il mettait autour de la mer ses limites, et qu’il imposait une loi aux eaux, afin qu’elles n’allassent point au-delà de leurs bornes ; quand il pesait les fondements de la terre : 30J’étais avec lui, disposant toutes choses ; et je me réjouissais chaque jour, me jouant, en tout temps, devant lui : 31Me jouant dans le globe de la terre ; et mes délices sont d’être avec les fils des hommes. 32Maintenant donc, mes fils, écoutez-moi : Bienheureux ceux gardent mes voies. 33Ecoutez la discipline, et soyez sages, et n’allez pas la rejeter.
Prov. 8,33 : La discipline. Voir, sur le sens de ce mot, Proverbes, 1, 2.
34Bienheureux l’homme qui m’écoute, et qui veille tous les jours à l’entrée de ma demeure, et se tient en observation auprès de ma porte.
Prov. 8,34 : Auprès de ma porte ; littéralement aux poteaux, aux jambages de ma porte.
35Celui qui me trouvera trouvera la vie, et puisera le salut dan ? le Seigneur : 36Mais celui qui péchera contre moi blessera son âme. Tous ceux qui me haïssent aiment la mort.
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