Psalms 103
Le Psalmiste loue le Seigneur à la vue de sa grandeur, de sa sagesse et de sa puissance qui éclate dans ses ouvrages. 1De David lui-même. ▼▼* Ce psaume contient, des œuvres du Créateur, une magnifique description qui rappelle le premier chapitre de la Genèse, et une exhortation à louer l’auteur de ces merveilles. — « Qu’il nous soit permis d’indiquer dans les hymnes que [renferme] le livre des Psaumes, une de celles que nous regardons comme les modèles parfaits de ces sortes de compositions : c’est le Ps. ciii, que l’on pourrait appeler l’hymne de la création. Qu’on le lise ; qu’on lise ensuite tout ce qui a été écrit de plus estimé sur cette matière si souvent traitée, en prose et en vers, depuis Hésiode jusqu’à Ovide, depuis Cicéron et Pline jusqu’à Buffon, et nous ne craignons pas qu’on puisse ensuite en citer qui soit du ton et de la hauteur de ce psaume. » (Gatien Arnoult.) — « Les tableaux répandus dans la Bible, dit Chateaubriand, peuvent servir à prouver doublement que la poésie descriptive est née, parmi nous, du Christianisme. Job, les Prophètes, l’Ecclésiaste, et surtout les Psaumes, sont remplis de descriptions magnifiques. Le ps. Benedic, anima mea, est un chef-d’œuvre dans ce genre… Horace et Pindare sont restés bien loin de cette poésie. » — « On peut dire, écrit Alexandre de Humboldt, que le 103 psaume est à lui seul une esquisse du monde. Le Seigneur, revêtu de lumière, a étendu le ciel comme un tapis. Il a fondé la terre sur sa propre solidité, en sorte qu’elle ne vacillât pas dans toute la durée des siècles. Les eaux coulent du haut des montagnes dans les vallons, aux lieux qui leur ont été assignés, afin que jamais elles ne passent les bornes prescrites, mais qu’elles abreuvent tous les animaux des champs. Les oiseaux du ciel chantent sous le feuillage. Les arbres de l’Éternel, les cèdres, que Dieu lui-même a plantés, se dressent pleins de sève. Les oiseaux y font leur nid, et l‘autour bâtit son habitation sur les sapins. » Dans le même psaume est décrite la mer « où s’agite la vie d’êtres sans nombre. Là passent les vaisseaux et se meuvent les monstres que tu as créés, ô Dieu, pour qu’ils s’y jouent librement. » L’ensemencement des champs, la culture de la vigne qui réjouit le cœur de l’homme, celle de l’olivier, y ont aussi trouvé place. Les corps célestes complètent ce tableau de la nature. « Le Seigneur a créé la lune pour mesurer le temps, et le soleil connaît le terme de sa course. Il fait nuit : les animaux se répandent sur la terre, les lionceaux rugissent après leur proie et demandent leur nourriture à Dieu. Le soleil paraît : ils se rassemblent et se réfugient dans leurs cavernes, tandis que l’homme se rend à son travail et fait sa journée jusqu’au soir. » On est surpris, dans un poème lyrique aussi court, de voir le monde entier, la terre et le ciel, peints en si grands traits : à la vie confuse des éléments est opposée l’existence calme et laborieuse de l’homme, depuis le lever du soleil jusqu’au moment ou le soir met fin à ses travaux. Ce contraste, ces vues générales sur l’action réciproque des phénomènes, ce retour à la puissance invisible et présente qui peut rajeunir la terre ou la réduire en poudre, tout est empreint d’un caractère sublime. »
Bénis, mon âme, le Seigneur : Seigneur mon Dieu, votre magnificence a paru avec un grand éclat. Vous avez revêtu la louange et l’honneur ; ▼▼Ps. 103,1 : Louange ; c’est ici le vrai sens du mot confessionem de la Vulgate, ainsi que du texte correspondant des Septante : l’hébreu porte majesté.Ps. 103,1-4 : Éloge de l’œuvre du premier et du second jours de la création.
2Couvert de lumière comme d’un vêtement ; Étendant le ciel comme une tente ; ▼▼Ps. 103,2 : Couvert de lumière. Voir 1 Timothée, 6, 16. ― Tente ; littér. peau. Chez les Hébreux, la tente ne se composait, dans l’origine, que de peaux de bêtes que l’on étendait sur des perches fortement fixées en terre, pour que la tente pût résister à la violence du vent.
3Vous qui couvrez d’eaux sa partie la plus élevée, Qui montez sur un nuage, qui marchez sur les ailes des vents ; ▼▼Ps. 103,3 : Sa partie ; c’est-à-dire la partie du ciel, exprimée dans le verset précédent. Le Psalmiste fait allusion à ce qui est dit dans Genèse, 1, 7.
4Qui faites de vos anges des vents, et de vos ministres un feu brûlant ; ▼▼Ps. 103,4 : Voir Hébreux, 1, 7. ― Qui faites, etc. ; qui donnez à vos anges la rapidité des vents et à vos ministres l’ardeur des flammes.
5Qui avez fondé la terre sur sa base : elle ne sera pas ébranlée dans les siècles des siècles. ▼▼Ps. 103,5-9 : * Formation de la terre.
6L’abîme, comme un vêtement, l’enveloppe ; des eaux s’élèveront au-dessus des montagnes. ▼▼Ps. 103,6 : * L’abîme, la mer. Description de l’état de la terre avant que les eaux et l’aride ou la terre ferme fussent séparées.
7À votre réprimande elles s’enfuiront ; à la voix de votre tonnerre, elles seront saisies d’une forte crainte. 8Des montagnes s’élèvent, et des champs s’abaissent dans le lieu que vous leur avez fixé. 9C’est vous qui avez posé aux eaux un terme qu’elles ne dépasseront pas, et elles ne reviendront pas couvrir la terre. 10Vous lâchez des fontaines dans les vallons : au milieu des montagnes traverseront les eaux. 11Toutes les bêtes de la campagne s’abreuveront ; les onagres soupireront après elles dans leur soif. ▼▼Ps. 103,11 : L’onagre, demeurant les déserts les plus reculés, et par conséquent plus exposé à souffrir la soif qu’aucun autre animal moins sauvage.
12Au-dessus les oiseaux du ciel habiteront : du milieu des rochers ils feront entendre leurs voix. 13Vous arrosez les montagnes avec les eaux supérieures du ciel : du fruit de vos ouvrages la terre sera rassasiée ; ▼▼Ps. 103,13 : Avec les eaux supérieures du ciel ; littér. avec ses eaux supérieures ; or le pronom ses (suis) se rapporte à ciel, qui est exprimé au verset précédent. Comparer au vers. 3.
14Vous produisez du foin pour les bêtes, et de l’herbe à l’usage des hommes, Afin que vous fassiez sortir du pain de la terre, ▼▼Ps. 103,14-18 : Les trois principales productions nourricières (céréales, vin et huile) ; les pluies qui fécondent la terre et les animaux qui habitent les montagnes.Ps. 103,14 : De l’herbe (herbam), l’hébreu signifie légume, plante nourrissante.
15Et que le vin réjouisse le cœur de l’homme : Afin qu’il égaie son visage avec l’huile, et que le pain fortifie le cœur de l’homme. ▼▼Ps. 103,15 : Avec l’huile. Les anciens croyaient que les onctions d’huile faites sur le corps étaient presque aussi nécessaires que la nourriture.
16Ils seront abondamment nourris, les arbres de la campagne et les cèdres du Liban qu’il a plantés ; 17Là des passereaux nicheront. 18De hautes montagnes servent de retraite aux cerfs ; un rocher, de refuge aux hérissons. 19Il a fait la lune pour marquer les temps ; le soleil a connu son coucher. ▼▼Ps. 103,19 : Il a fait la lune, etc. Ce sont, en effet, les différentes phases de la lune qui ont fourni aux premiers hommes l’occasion de déterminer les mois et les années. Comparer à Ecclésiastique, 43, 6.Ps. 103,19-23 : * Les astres.
20Vous avez établi des ténèbres, et la nuit a été faite : c’est durant la nuit que feront leurs courses toutes les bêtes de la forêt. 21Les petits des lions rugiront, cherchant une proie, et demandant à Dieu leur pâture. 22Le soleil s’est levé, et ils se sont rassemblés ; et ils se retireront dans leurs tanières. 23Alors l’homme sortira pour son ouvrage, et pour son travail jusqu’au soir. 24Combien magnifiques sont vos œuvres, Seigneur ! Vous avez fait toutes choses avec sagesse : la terre est remplie de vos biens. ▼▼Ps. 103,24-26 : * Les habitants des mers.
25Cette mer est grande et spacieuse des deux côtés ; là sont des reptiles sans nombre ; Des animaux petits avec des grands ; ▼▼Ps. 103,25 : Des deux côtés ; c’est-à-dire par sa longueur et sa largeur. Le terme hébreu que la Vulgate a rendu par mains (manibus) signifie aussi côtés ; et comme il est ici au duel, il ne peut avoir d’autre sens que celui que nous lui avons donné dans notre traduction. ― Reptiles ; c’est-à-dire poissons. Comparer à Genèse, 1, 20.
26Là des navires traverseront. 27Tous attendent de vous que vous leur donniez la nourriture au temps voulu. ▼▼Ps. 103,27-30 : * Dieu donne la nourriture et la vie.
28Vous leur donnant, ils recueilleront : vous ouvrant votre main, tous seront remplis de vos biens. 29Mais, vous détournant votre face, ils seront troublés : vous leur ôterez le souffle, et ils périront et retourneront dans leur poussière. 30Vous enverrez votre esprit, et ils seront créés ; et vous renouvellerez la face de la terre. 31Soit la gloire du Seigneur à jamais célébrée : le Seigneur se réjouira dans ses œuvres, ▼▼Ps. 103,31-35 : * Gloire à Dieu pour toutes ses merveilles.
32Lui qui regarde la terre et la fait trembler ; qui touche les montagnes, et elles fument. ▼▼Ps. 103,32 : Qui touche les montagnes, etc. Comparer à Exode, 19, 18.
33Je chanterai le Seigneur pendant ma vie : je jouerai du psaltérion en l’honneur de mon Dieu, tant que j’existerai. ▼▼Ps. 103,33 : Voir Psaumes, 145, 2.
34Qu’agréable lui soit ma parole : pour moi, je mettrai mes délices dans le Seigneur. 35Que les pécheurs disparaissent de la terre, ainsi que les hommes iniques, en sorte qu’ils ne soient plus : bénis, mon âme, le Seigneur. ▼▼Ps. 103,35 : * Bénis, mon âme, le Seigneur. Ces paroles sont la répétition du refrain initial, verset 1.
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