Psalms 104
Ce psaume contient des actions de grâces pour tous les bienfaits du Seigneur envers son peuple, et le récit de ses bienfaits depuis la vocation d’Abraham jusqu’à l’entrée des Hébreux dans la terre promise. 1Louez le Seigneur, et invoquez son nom : annoncez, parmi les nations, ses œuvres. ▼▼Ps. 104,1 : Voir 1 Paralipomènes, 16, 8 ; Isaïe, 12, 4. ― Ce psaume, composé par David, fut chanté à la fête de la translation de l’arche à Jérusalem, voir 1 Paralipomènes, 16, 7. Ce chapitre des Paralipomènes reproduit les quinze premiers versets, voir 1 Paralipomènes, 16, 8-22 ; il les fait suivre sans interruption, de Psaumes, 96, 1 et 106, 47-48. Le Psaume 104 résume l’histoire d’Israël et fait ressortir la Providence de Dieu sur son peuple. Voir Psaumes 77 et 105. ― La versification est régulière, mais ce psaume est sans grande élévation poétique.
2Chantez-le, et jouez du psaltérion en son honneur : racontez toutes ses merveilles. 3Glorifiez-vous en son nom saint : qu’il se réjouisse, le cœur de ceux qui cherchent le Seigneur. 4Cherchez le Seigneur et soyez fortifiés : cherchez sa face sans cesse. ▼▼Ps. 104,4 : Et soyez fortifiés ; hébraïsme, pour et vous serez fortifiés.
5Souvenez-vous de ses merveilles qu’il a faites ; de ses prodiges, et des jugements de sa bouche, ▼▼Ps. 104,5 : Prodiges et jugementssont des compléments du verbe souvenez-vous, quoiqu’ils ne soient pas au génitif, comme ils y sont dans le passage parallèle (voir 1 Paralipomènes, 16, 12), parce que, comme nous l’avons déjà fait observer, dans la Vulgate, les cas se mettent l’un pour l’autre, sans égard pour la concordance latine. La même anomalie se trouve ici dans les Septante. ― Les jugements de sa bouche ; c’est-à-dire exécutés par ses ordres, ou prédits auparavant. Comparer à Genèse, 15, 14 ; Exode, 3, 20.
6Postérité d’Abraham, ses serviteurs, enfants de Jacob, ses élus. ▼▼Ps. 104,6 : Ses serviteurs ; c’est-à-dire les serviteurs du Seigneur. Ainsi portent les Septante, en entendant par serviteurs les descendants d’Abraham ; l’hébreu lit son serviteur, en faisant de ce mot un qualificatif d’Abraham. Dans le passage parallèle (voir 1 Paralipomènes, 16, 13), les Septante mettent ses enfants (les enfants du Seigneur), mais l’hébreu met son serviteur. ― Ses élus ; c’est-à-dire les élus du Seigneur, selon l’hébreu et les Septante, ici et dans l’endroit parallèle des Paralipomènes. Quant à la Vulgate, elle est partout amphibologique, les mots servi et electii pouvant être au génitif singulier aussi bien qu’au nominatif vocatif pluriel.
7Lui-même est le Seigneur notre Dieu : sur toute la terre s’exercent ses jugements. 8Il s’est toujours souvenu de son alliance ; de la parole qu’il a prescrite pour mille générations, 9Qu’il a donnée à Abraham ; de son serment à Isaac ; ▼▼Ps. 104,9 : Voir Genèse, 22, 16. ― * Pour l’explication des allusions historiques contenues dans ce psaume, voir les passages auxquels renvoient les notes indiquant les références du texte sacré.
10Et il a établi ce serment avec Jacob en précepte, et avec Israël en alliance éternelle, 11Disant : Je te donnerai la terre de Chanaan pour cordeau de votre héritage. ▼▼Ps. 104,11 : Pour cordeau, etc. Voir .
12Lorsqu’ils étaient un petit nombre, très peu nombreux, et étrangers dans cette terre ; 13Et ils passèrent de nation en nation, et d’un royaume à un autre peuple ; 14Il ne permit pas qu’aucun homme leur fît du mal, il châtia même les rois à cause d’eux. 15Ne touchez pas âmes oints, et ne maltraitez pas mes prophètes. ▼ 16Et il appela la famine sur la terre, et il brisa tout soutien de pain. ▼▼Ps. 104,16 : Il brisa, etc. Briser le soutien ou le bâton du pain, signifiait chez les Hébreux ôter tout moyen de subsistance. Voir sur cette locution, Lévitique, 26, 26.
17Il envoya devant eux un homme : Joseph qui fut vendu comme esclave. ▼▼Ps. 104,17 : Voir Genèse, 37, 36.
18On humilia ses pieds dans des entraves ; un fer transperça son âme. ▼▼Ps. 104,18 : Voir Genèse, 39, 20. ― Un fer, etc. Comparer à Luc, 2, 35. ― Vint ; s’accomplît. ― Sa parole, la prédiction qu’il avait faite à l’échanson et au panetier de Pharaon (voir Genèse, 40, 22-23). Cette prédiction, en faisant connaître Joseph pour vrai prophète, fut la cause de sa mise en liberté et de son élévation.
19Jusqu’à ce que s’accomplît sa parole. La parole du Seigneur l’enflamma ; ▼▼Ps. 104,19 : La parole du Seigneur s’enflamma ; il reçut alors l’esprit de prophète. La parole de Dieu est souvent comparée dans l’Écriture à un feu ardent.
20Le roi envoya et le délia : le prince des peuples envoya, et le mit en liberté. ▼▼Ps. 104,20 : Voir Genèse, 41, 14.
21Il l’établit maître de sa maison, et prince de toutes ses possessions ; 22Afin qu’il instruisît ses princes comme lui-même, et qu’il enseignât la sagesse à ses vieillards. ▼▼Ps. 104,22 : Ses princes, ses vieillards ; c’est-à-dire les princes et les anciens ou sages de sa cour, ses conseillers.
23Et Israël entra en Egypte, et Jacob habita comme étranger dans la terre de Cham. ▼▼Ps. 104,23 : Voir Genèse, 46, 6. ― La terre de Cham ; c’est l’Égypte, ainsi nommée, parce que Cham, fils de Noé, y demeura, et que Mesraïm, second fils de Cham, la peupla. ― * Un des noms donnés par les anciens Égyptiens à leur pays est Chemi.
24Et Dieu y multiplia son peuple prodigieusement, et le rendit plus puissant que ses ennemis. ▼ 25Il changea leur cœur, afin qu’ils haïssent son peuple, et qu’ils employassent la fraude contre ses serviteurs. ▼▼Ps. 104,25 : Il changea, etc. Voir, pour le vrai sens de ce verset, Exode, 4, 21.
26Il envoya Moïse son serviteur, et Aaron qu’il choisit aussi. ▼ 27Il leur donna l’ordre de faire des signes et des prodiges dans la terre de Cham. ▼▼Ps. 104,27 : Voir Exode, 7, 10. ― L’ordre. Le terme hébreu rendu dans la Vulgate par paroles, et dans les Septante par discours, signifie souvent commandement, ordre. ― Signes ; c’est-à-dire miracles. Le grec répète le pronom ses devant le mot prodiges. ― La terre de Cham. Voir le verset 23.
28Il envoya des ténèbres, et répandit l’obscurité ; et il ne rétracta pas ses paroles. ▼▼Ps. 104,28 : Voir Exode, 10, 21. ― Et il ne rétracta pas ; littéralement il n’irrita pas, il n’aigrit pas. Le sens le plus simple et le plus naturel de cette seconde partie du verset, tel qu’il se lit dans la Vulgate, est, selon nous, que Dieu accomplit exactement tout ce qu’il avait dit à Moïse au sujet de ses plaies dont il devait frapper Pharaon et l’Égypte.
29Il changea leurs eaux en sang, et fit mourir leurs poissons. ▼▼Ps. 104,29 : Voir Exode, 7, 20.
30Leur terre produisit des grenouilles, qui pénétrèrent dans les appartements de leurs rois. ▼▼Ps. 104,30 : Voir Exode, 8, 6.
31Il dit, et il vint des myriades de mouches, et des moucherons dans tout leur pays. ▼▼Ps. 104,31 : Voir Exode, 8, 16, 24. ― * Il vint des myriades de mouches et de moucherons. Parmi ces insectes, il faut ranger surtout les moustiques. Ceux-là seuls qui ont habité l’Orient, l’Égypte et la Palestine peuvent se faire une idée de cette plaie. Un médecin en fait la description suivante : « Le moustique est un animal bien petit, mais bien rusé et bien avide de votre sang… Il bourdonne et vous pique ; il vous enfonce son aiguillon, et s’il y a plusieurs moustiques à la fois qui vous perforent, vous êtes en feu et votre corps est criblé de milliers de boutons, sièges brûlants de démangeaisons intolérables… Les moustiques sont des insectes plus dangereux et plus répandus qu’on ne le croit généralement. Le chancelier du consul général de France à Jérusalem, qui avait résidé à Zanzibar, nous a dit qu’une des régions de cette côte torride est absolument inhabitable par le fait des moustiques ; les ouvriers, pour travailler, sont obligés d’avoir tout le corps enduit d’une épaisse couche de mortier, qu’ils doivent renouveler plusieurs fois par jour ; quant aux chevaux, ânes et mulets, ils endurent de telles souffrances, qu’ils en perdent l’appétit et le sommeil ; ils ne peuvent ni manger ni dormir, ils maigrissent et meurent de consomption, au bout d’un mois de séjour sur cette côte inhospitalière. » E. Guibout, Jérusalem, Le Caire, Damas, 1889, p. 186.
32Il changea leurs pluies en grêle, et envoya un feu qui brûlait dans leur terre. 33Et il frappa leurs vignes et leurs figuiers, et brisa les arbres de leur pays. 34Il dit, et vint la sauterelle, et la chenille qui était sans nombre ; ▼▼Ps. 104,34 : Voir Exode, 10, 12.
▼▼Ps. 104,34-35 : Qui était sans nombre… Elle mangea. Ces verbes, qui, étant au singulier, ne concordent grammaticalement qu’avec le dernier substantif chenille, ont cependant aussi pour sujet le nom précédent sauterelle. Ce genre de construction n’est pas étranger au style de la Bible.
35Et elle mangea toute l’herbe dans leur terre, et elle mangea tout le fruit de leur terre. 36Et il frappa tout premier-né dans leur terre, et les prémices de tout leur travail. ▼▼Ps. 104,36 : Voir Exode, 12, 29.
37Et il les fit sortir avec de l’or et de l’argent : et il n’y avait pas dans leurs tribus un seul malade. ▼▼Ps. 104,37 : Il les fit sortir. Le pronom les tient la place du mot Hébreux ou Israélites, désignés aux versets 24 et 25 sous le nom de son peuple. ― Avec de l’or et de l’argent. Comparer à Exode, 11, 2 ; Exode, 12, 35-36.
38L’Égypte se réjouit à leur départ, parce que la crainte qu’elle avait d’eux fondit sur elle. 39Il étendit une nuée pour les couvrir, et un feu pour les éclairer pendant la nuit. ▼ 40Ils demandèrent, et la caille vint ; et du pain du ciel il les rassasia. ▼▼Ps. 104,40 : Voir Exode, 16, 13.
41Il fendit un rocher, et des eaux coulèrent : et dans un lieu sec se répandirent des fleuves ; ▼▼Ps. 104,41 : Voir Nombres, 20, 11.
42Parce qu’il se souvint de sa parole sainte qu’il a donnée à Abraham, son serviteur. ▼▼Ps. 104,42 : Voir Genèse, 17, 7.
43Et il fit sortir son peuple dans l’exultation, et ses élus dans l’allégresse. 44Et il leur donna les contrées des nations, et ils possédèrent les travaux des peuples ; 45Afin qu’ils gardent ses ordonnances, et qu’ils recherchent sa loi.
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