Psalms 34
Le Psalmiste invoque le secours de Dieu contre ses ennemis. La plupart rapportent ce psaume à la persécution de Saül ; d’autres au temps de la révolte d’Absalom. Les Pères y trouvent Jésus-Christ poursuivi par ses ennemis et accusé faussement par eux devant Pilate. 1Par David lui-même. 2Prenez des armes et un bouclier ; et levez-vous pour me venir en aide. 3Tirez votre épée à deux tranchants et fermez le passage à ceux qui me poursuivent ; dites à mon âme : Ton salut, c’est moi qui le suis. 4Qu’ils soient confondus, et qu’ils soient couverts de honte, ceux qui cherchent mon âme. ▼▼Ps. 34,4 : Voir Psaumes, 39, 15. ― Cherchent mon âme ; hébraïsme, pour cherchent à m’ôter la vie.
5Qu’ils deviennent comme la poussière devant la face du vent ; et qu’un ange du Seigneur les serre de près. 6Que leur voie devienne très ténébreuse et glissante, et qu’un ange du Seigneur les poursuive. ▼▼Ps. 34,6 : Très ténébreuse ; littéralement ténèbres. Les Hébreux remplaçaient souvent par le substantif l’adjectif, qui devait être au superlatif.
7Parce que, sans motif, ils ont caché pour moi la mort dans leur piège ; que gratuitement ils ont outragé mon âme. 8Qu’il lui vienne un piège qu’il ignore ; et que le rets qu’il a caché le saisisse ; qu’il tombe dans ses propres filets. ▼▼Ps. 34,8 : Lui ; hébraïsme, pour à chacun d’eux.
9Mais mon âme exultera dans le Seigneur, elle se réjouira du salut qu’il lui aura procuré. 10Tous mes os diront : Seigneur, qui est semblable à vous ? Qui arrachez un homme sans ressource aux mains des plus forts que lui, et l’indigent et le pauvre à ceux qui les dépouillaient. 11Des témoins iniques s’étant levés m’interrogeaient sur des choses que j’ignorais. 12Ils me rendaient des maux pour des biens : ils ont causé la stérilité à mon âme. ▼▼Ps. 34,12 : La stérilité à mon âme. Le mot stérilité est à l’accusatif ( sterilitatem) dans la Vulgate comme régime direct de ils rendaient ; et si nous avons ajouté, dans la traduction, ils ont causé, c’est à cause des exigences de notre langue. — Au lieu de stérilité, l’hébreu et le grec portent le manque, la privation d’enfants ; d’où le sens de la phrase entière est probablement : Ils m’ont causé une douleur semblable à celle d’une mère qui a perdu ses enfants.
13Et moi, pendant qu’ils me tourmentaient, j’étais revêtu d’un cilice. J’humiliais mon âme par le jeûne, et ma prière revenait dans mon sein. ▼▼Ps. 34,13 : Mon âme ; c’est-à-dire moi. On a déjà vu que chez les Hébreux le mot âme s’employait souvent pour personne, individu. ― Ma prière revenait souvent dans mon sein. C’est une coutume assez répandue chez les Orientaux, en particulier chez les Arabes, que, quand ils veulent prier très modestement, ils se courbent de manière que leur tête descend jusqu’aux genoux et que, par conséquent, leur bouche se trouve vis-à-vis de leur poitrine.
14Comme pour un de nos proches, et comme pour notre frère, ainsi pour chacun d’eux j’avais de la complaisance. Comme un homme en deuil et contristé, ainsi j’étais humilié. 15Et contre moi ils se sont réjouis et rassemblés : des fléaux se sont accumulés et j’ai ignoré pourquoi. 16Mes ennemis ont été dissipés et n’ont point été touchés de componction ; ils m’ont éprouvé, ils m’ont chargé d’insultes ▼▼Ps. 34,16 : Ils m’ont chargé d’insulte ; littéralement ils m’ont insulté par insulte. Dans le style biblique, l’addition d’un terme à un autre terme de même signification se fait pour donner plus de force et d’énergie à l’expression.
: ils ont grincé des dents contre moi. 17Seigneur, quand jetterez-vous un regard ? Arrachez mon âme à leur malignité, mon unique à des lions. ▼▼Ps. 34,17 : Mon unique. Voir Psaumes, 21, 21.
18Je vous confesserai dans une grande assemblée ; je vous louerai au milieu d’un peuple nombreux. 19Qu’ils ne se réjouissent point à mon sujet ceux qui s’opposent à moi injustement ; qui me haïssent sans motif et clignent les yeux. ▼▼Ps. 34,19 : Voir Jean, 15, 25. ― L’expression cligner les yeux ou l’œil ( annuere oculis ou oculo) se prend ordinairement en mauvaise part dans l’Écriture. Comparer à Proverbes, 6, 13 ; 10, 10 ; Ecclésiastique, 27, 25.
20Car à la vérité, ils me parlaient pacifiquement ; mais, dans leur colère ardente, parlant à la terre, ils pensaient à des fourberies. ▼▼Ps. 34,20 : Parlant à la terre ; c’est-à-dire portant leurs regards vers la terre, baissant les yeux en parlant, pour mieux déguiser leurs vrais sentiments ; ce qui s’accorde très bien avec le mot ils clignent les yeux du verset précédent.
21Et ils ont ouvert contre moi leur bouche ; ils ont dit : Triomphe ! triomphe ! nos yeux ont vu sa ruine. 22Vous l’avez vu, Seigneur ; ne gardez pas le silence : Seigneur ne vous éloignez pas de moi. 23Levez-vous, et procédez à mon jugement : mon Seigneur et mon Dieu, prenez en main ma cause, 24Jugez-moi selon votre justice, Seigneur, mon Dieu, qu’ils ne se réjouissent point à mon sujet. 25Qu’ils ne disent point dans leurs cœurs : Triomphe ! triomphe ! pour notre âme ; qu’ils ne disent point non plus : Nous l’avons dévoré. 26Qu’ils rougissent et qu’ils tremblent de frayeur, ceux qui se réjouissent de mes maux. Qu’ils soient revêtus de confusion et de frayeur, ceux qui parlent avec hauteur contre moi. 27Qu’ils exultent et qu’ils tressaillent d’allégresse, ceux qui veulent ma justice ; et qu’ils disent sans cesse : Que le Seigneur soit glorifié, ceux qui veulent la paix de son serviteur. ▼▼Ps. 34,27 : Qui veulent ma justice ; qui désirent que ma justice soit reconnue ; que Dieu me rende justice en me vengeant de mes ennemis.
28Et ma langue s’exercera à chanter votre justice, et tout le jour votre louange. ▼▼Ps. 34,28 : S’exercera ; c’est le sens de l’hébreu et du grec ; et c’est aussi évidemment celui de la traduction meditabitur de la Vulgate.
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