‏ Psalms 59

David se plaint à Dieu de ce qu’il a livré son peuple à ses ennemis. Il espère qu’après l’avoir ainsi châtié, il voudra bien de nouveau le protéger.

1Pour ceux qui seront changés, pour une inscription de titre par David lui-même, pour la doctrine,
Ps. 59,1 : Par. Voir le Psaume 15 (Hébreu : 16).Ps. 59,1-2 : Titre hébreu : « Au chef de chœur. Sur [l’air de] schouschan ‘êdouth (le lis du témoignage). Mikthâm. De David. Pour être enseigné (comme l’élégie sur la mort de Saül et de Jonathas, voir 2 Rois, 1, 18). » Les paroles : Lorsqu’il brûla, etc., indiquent d’une manière générale l’époque de la composition du psaume. Il fut fait avant la victoire de la vallée des Salines, à un moment où la Palestine du sud était maltraitée par les Iduméens à qui le roi n’avait pas de troupes suffisantes à opposer. ― Psaumes, 107, 7-14, est la reproduction de Psaumes, 59, 7-15.
2Lorsqu’il brûla la Mésopotamie de Syrie et Sobal, et que Joab, étant revenu, frappa l’Idumée dans la vallée des Salines, par la défaite de douze mille hommes.
Ps. 59,2 : Les faits historiques mentionnés dans ce titre, et qu’on lit en grande partie dans 2 Rois, 8, 13 ; 10,16, 19 ; 3 Rois, 11, 15-16 ; 1 Paralipomènes, 18, 12 ; 19, 19, offrent plusieurs difficultés ; on peut les voir exposées et expliquées dans les commentateurs.
3Ô Dieu, vous nous avez rejetés, et vous nous avez détruits ; vous avez été irrité ; et ensuite vous avez eu pitié de nous.
Ps. 59,3-7 : * Plaintes et prière d’Israël opprimé par les Iduméens.
4Vous avez ébranlé la terre, et vous l’avez bouleversée ; réparez ses brisures, parce qu’elle a été ébranlée. 5Vous avez montré à votre peuple des châtiments rigoureux ; vous nous avez fait boire du vin de componction.
Ps. 59,5 : Vous avez montré. Voir Psaumes, 49, 23. ― Du vin de componction ; c’est-à-dire du vin de douleur qui nous a fait ressentir de vifs remords de vous avoir offensé.
6Vous avez donné à ceux qui vous craignent un signal, afin qu’ils fuient à la face de l’arc : 7Sauvez-moi par votre droite, et exaucez-moi. 8Dieu a parlé dans son sanctuaire : Je me réjouirai, et je partagerai Sichem, et je mesurerai la vallée des tabernacles.
Ps. 59,8 : Dans son sanctuaire ; selon d’autres dans son saint ou par son saint ; c’est-à-dire David lui-même ou Jésus-Christ. ― Je partagerai, etc. Partager et mesurer un terrain, signifient s’en rendre maître. ― Sichem. Voir la note de Genèse, 12,6.Ps. 59,8-10 : * Discours de Dieu annonçant la défaite de tous les ennemis de son peuple.
9À moi est Galaad, et à moi est Manassé, et Ephraïm est la force de ma tête. 10Moab est le vase de mon espérance. Jusque dans l’Idumée j’étendrai mes pas ; des étrangers me sont devenus amis.
Ps. 59,10 : Moab, etc. Quelquefois, dit D. Calmet, on jetait les sorts au fond d’un vase plein d’eau. Le sort qui venait le dernier était le meilleur. Moab est le bon lot qui m’est venu, et qui a été tiré du fond du vase. Selon d’autres interprètes, le Psalmiste qualifie ainsi Moab, parce que c’était une province fertile et abondante. Le texte hébreu porte : Moab est le vase où je me lave ; ce qui marque l’assujettissement et l’avilissement des Moabites. Mais les Septante et Symmaque ont lu comme la Vulgate. ― Mes pas ; littér. ma chaussure. ― Des étrangers ; c’est-à-dire les Philistins qui avaient émigré dans la Palestine, et dont le pays est expressément nommé ici dans le texte hébreu. ― * Moab, désigne le pays à l’est de la mer Morte, habité par les descendants de Loth. ― L’Idumée, au sud de la Palestine, était très forte, à cause de ses montagnes.
11Qui me conduira dans une ville fortifiée ? qui me conduira jusque dans l’Idumée ?
Ps. 59,11 : Une ville fortifiée ; Bosra, ville forte de l’Idumée, selon la plupart, et dont il est parlé, voir Isaïe, 63, 1. ― * La ville fortifiée est plutôt Pétra, la capitale de l’Idumée. Voir la note sur 4 Rois, 14,7.Ps. 59,11-14 : * Prière pour obtenir la victoire contre les Iduméens.
12Ne sera-ce pas vous, ô Dieu, qui nous avez rejetés ? et ne sortirez-vous point, ô Dieu, à la tête de nos armées ? 13Donnez-nous du secours, pour nous tirer de la tribulation, parce que vain est le salut de l’homme.
Ps. 59,13 : Pour nous tirer. Ces mots sont évidemment sous-entendus ; l’expression de la tribulation, qui, d’ailleurs, ne saurait dépendre de donnez-nous du secours, en est le complément. Voir ce que nous avons dit sur ce genre de construction à la fin des Observations préliminaires.
14En Dieu nous ferons preuve de valeur ; et lui-même réduira au néant ceux qui nous tourmentent.
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