‏ Psalms 62

David représente vivement dans ce psaume la soif ardente qu’il avait pour Dieu, le désir de revoir son tabernacle, et la confiance en sa puissante protection.

1Psaume de David lorsqu’il était dans le désert de l’Idumée ().
Ps. 62,1 : * Prière de David dans le désert de Juda, pendant la persécution de Saül. Les éditions ordinaires des Septante et la Vulgate portent Idumée au lieu de Juda, mais c’est cette dernière leçon, qu’on lit dans plusieurs manuscrits et dans Euthymius, qui est la vraie. ― Ce psaume est une prière que David adresse à Dieu le matin, et c’est pour ce motif que l’Église le fait réciter à Laudes, qu’on chante le matin. Il a déjà été employé par la primitive Église comme prière du matin. ― Obligé de se réfugier dans un désert aride pour échapper à la colère de son ennemi, le Psalmiste réclame pour lui la protection de Dieu, et pour ceux qui le persécutent le châtiment qui leur est dû.
2Dieu, mon Dieu, je veille et
Ps. 62,2 : La lumière du jour, ou l’aurore, comme porte le texte hébreu. ― Mon âme, etc. Tout mon être, mon âme aussi bien que mon corps, ne soupire qu’après vous, ne respire que vous, est entièrement à vous.
j’aspire vers vous dès la lumière.
3Dans une terre déserte et sans chemin, et sans eau, je me suis présenté devant vous, comme dans le sanctuaire, afin de voir votre vertu et votre gloire.
Ps. 62,3 : Dans la terre déserte, etc., où je me trouve exilé, je vous adore et je vous prie comme si j’étais à Jérusalem dans votre sanctuaire, devant l’arche et le tabernacle.
4Parce que votre miséricorde est meilleure que la vie ; mes lèvres vous loueront.
Ps. 62,4 : La vie ; littér. et par hébraïsme les vies.
5Ainsi je vous bénirai pendant ma vie : et en votre nom je lèverai mes mains.
Ps. 62,5 : Je lèverai mes mains vers le ciel ; c’est-à-dire je prierai. Dans leurs prières, les Hébreux étendaient ordinairement les mains et les tenaient élevées vers le ciel.
6Que mon âme soit remplie comme d’une graisse abondante ; et avec des lèvres d’exultation, ma bouche vous louera.
Ps. 62,6 : D’une graisse abondante ; littér. d’une graisse et d’une graisse.
7Si je me suis souvenu de vous sur ma couche ; je méditerai les matins sur vous, 8Parce que vous avez été mon aide. Et à couvert sous vos ailes, je serai transporté de joie. 9Mon âme s’est attachée à vous ; votre droite m’a soutenu. 10Pour eux, en vain ils ont cherché mon âme ; ils entreront dans les parties inférieures de la terre. 11Ils seront livrés aux mains du glaive, ils seront la part des renards.
Ps. 62,11 : Sous le nom de renards ( vulpium), la Vulgate désigne ici les chacals, qui abondent dans la Palestine et qui déterrent les cadavres et les dévorent. Comparer à Juges, 15, 4.
12Mais le roi se réjouira en Dieu ; on louera tous ceux qui jureront par lui ; parce qu’a été fermée la bouche de ceux qui disaient des choses iniques.
Ps. 62,12 : Qui jugeront par lui. L’usage de jurer par la vie du roi était très commun parmi les Hébreux. Voir, entre autres passages de l’Écriture qui le prouvent, 1 Rois, 1, 26 ; 20, 3 ; 2 Rois, 15, 21. ― Plusieurs critiques, à cause de ce mot de roi, prétendent que ce psaume ne peut pas être du temps de la persécution de Saül, mais de l’époque et de la révolte d’Absalom, etc. Il n’est cependant nullement impossible que David, qui avait été sacré par Samuel, prît dès lors le titre de roi, et que ceux qui le suivaient lui donnaient ce titre et jurassent par lui.
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