‏ Psalms 72

Le Psalmiste fortifie les justes contre le scandale que leur cause la prospérité des méchants, en montrant l’inconstance et le revers de cette prospérité.

1Psaume d’Asaph. 2Mais mes pieds ont presque chancelé, et mes pas ont presque dévié. 3Parce que j’ai porté envie aux hommes iniques, voyant la paix des pécheurs.
Ps. 72,3 : Paix. Par ce mot, les Hébreux désignaient souvent une vie tranquille et prospère.
4Parce qu’ils ne pensent pas à leur mort, et que leur plaie n’a pas de consistance. 5Ils ne seront pas sujets à la fatigue des hommes, et avec les autres hommes ils ne seront pas frappés ; 6C’est pour cela que l’orgueil s’est emparé d’eux, qu’ils se sont couverts de leur iniquité et de leur impiété. 7Leur iniquité est sortie comme de leur graisse ; ils ont suivi le sentiment de leur cœur. 8Ils ont pensé et ils ont parlé méchanceté ; ils ont parlé hautement iniquité. 9Ils ont posé leur bouche contre le ciel, et leur langue a passé sur la terre.
Ps. 72,9 : Ils ont posé, etc. ils ont attaqué Dieu dans le ciel par leurs blasphèmes, et les hommes sur la terre par leurs médisances et leurs calomnies.
10C’est pour cela que mon peuple en reviendra là : et les impies trouveront en eux des jours pleins.
Ps. 72,10 : Mon peuple ; c’est-à-dire le peuple de Dieu. ― En reviendra là ; à cette plainte. ― Des jours pleins ; c’est-à-dire une vie longue et heureuse.
11Et ils ont dit : Comment Dieu le sait-il ? et le Très-Haut en a-t-il connaissance ?
Ps. 72,11 : Comment Dieu, etc. Comparer à Job, 22, 13 ; Psaumes, 9, 11 (Hébreu : 10, 11).
12Voilà que ces pécheurs eux-mêmes, vivant dans l’abondance, ont obtenu des richesses. 13Et j’ai dit : C’est donc sans cause que j’ai purifié mon cœur, et que j’ai lavé mes mains parmi des innocents. 14Car j’ai été affligé tout le jour, et mon châtiment a eu lieu les matins. 15Si je disais : Je parlerai ainsi, voilà que je réprouvais la race de vos enfants. 16Je pensais à connaître ce mystère : un pénible travail s’est trouvé devant moi. 17Jusqu’à ce que j’entre dans le sanctuaire de Dieu, et que je comprenne leurs fins dernières.
Ps. 72,17 : Leurs ; c’est-à-dire des pécheurs, qui sont nommés aux versets 3 et 12.
18Mais cependant à cause de leurs tromperies vous leur avez envoyé des maux ; vous les avez renversés, tandis qu’ils s’élevaient.
Ps. 72,18 : À cause, etc. C’est la traduction qui paraît la mieux fondée, surtout si l’on considère que plusieurs exemplaires des Septante et la plupart des anciens psautiers portent expressément leurs et maux ; et quelle se lie mieux au contexte.
19Comment sont-ils tombés dans la désolation ? Soudain ils ont défailli : ils ont péri à cause de leur iniquité. 20Comme un songe de ceux qui s’éveillent. Seigneur, vous réduirez au néant leur image dans votre cité. 21Parce que mon cœur a été enflammé, et que mes reins ont été bouleversés ;
Ps. 72,21-24 : Nous avons adopté, pour ces versets, la ponctuation suivie par Martini dans sa traduction italienne (vérifier), comme étant la seule qui permette la véritable explication de ce passage.
22Et que moi j’ai été réduit au néant, et que je n’ai pas su pourquoi. 23Que je suis devenu comme un animal stupide devant vous, mais que toujours j’ai été avec vous. 24Vous avez soutenu ma main droite : selon votre volonté vous m’avez dirigé, et vous m’avez reçu avec gloire.
Ps. 72,24 : Avec gloire ; en me comblant de gloire.
25Car qu’y a-t-il pour moi dans le ciel, et hors de vous qu’ai-je voulu sur la terre ? 26Ma chair a défailli, ainsi que mon cœur ; ô le Dieu de mon cœur, et le Dieu mon partage pour l’éternité ! 27Parce que voilà que ceux qui s’éloignent
Ps. 72,27 : En s’éloignant. Cette expression est véritablement sous-entendue. Voir fin des Observations préliminaires, .
de vous périront : vous avez perdu tous ceux qui forniquent, en s’éloignant de vous.
28Pour moi, mon bien est de m’attacher à Dieu, de mettre dans le Seigneur Dieu mon espérance ; Afin que j’annonce toutes vos louanges aux portes de la ville de Sion.
Ps. 72,28 : Vos louanges ; c’est le vrai sens du latin prædicationes, qui est, en effet, remplacé par laudationes à Psaumes, 9, 15. ― La fille de Sion : signifie le peuple ou la ville de Sion. ― * « Que ce psaume est beau ! dit Herder. Le poète commence par une sentence, résultat des nombreuses observations qui font sa conclusion. Passant avec rapidité et d’une manière inaperçue à des situations pénibles, il dépeint comment il s’est trompé ; et lorsqu’il a fait arriver ce tableau à son apogée, il en détourne son chant. Introduit enfin dans le conseil [de la Providence], il reconnaît que son premier jugement était [faux]. Des vœux nouveaux, mais toujours en harmonie avec ses hésitations, le rattachent à Dieu et l’élèvent au plus haut degré des sentiments chaleureux. [Le sentiment d’une ferme confiance en Dieu] termine le tout. Ce psaume didactique est aussi remarquable par son contenu que par son arrangement. Asaph voit d’abord le bonheur des méchants, puis il reconnaît que ce bonheur disparaît comme une ombre, tandis que celui des bons est inébranlable. »
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