‏ Sir 3

1Les fils de la sagesse sont l’assemblée des justes ; et leur nation est obéissance et amour.
Sir. 3,1 : Leur nation (natio illorum) ; c’est-à-dire la nation que ces fils de la sagesse composent.
2Fils, écoutez le jugement de votre père, et observez-le de telle sorte que vous soyez sauvés,
Sir. 3,2-3 : Le jugement ; les préceptes, les avis, les conseils.
3Car Dieu a honoré le père dans les fils, et cherchant avec soin le jugement de la mère, il l’a affermi sur les fils.
Sir. 3,3 : À honoré le père dans les fils ; en voulant que les fils rendent à leur père l’honneur, le respect, l’obéissance, etc., qui lui sont dus. ― Cherchant avec soin (exquirens) ; ce participe, en vertu d’un hébraïsme, dont nous avons parlé plus haut (voir fin des Observations préliminaires des Psaumes) devient un adverbe qualificatif du verbe suivant il a affermi, en sorte que le sens est : Dieu a affermi le plus soigneusement le jugement de la mère. Ainsi Dieu accorde aussi à la mère l’autorité, la puissance de commander, de réprimer et de punir. D’où il suit que les parents le représentent sur la terre à l’égard des enfants, et qu’ils sont les dépositaires de son autorité supérieure sur eux.
4Celui qui aime Dieu, l’invoquera pour ses péchés, s’en préservera à l’avenir et dans sa prière de chaque jour, il sera exaucé. 5Et comme est celui qui thésaurise, ainsi est celui qui honore sa mère. 6Celui qui honore son père trouvera la joie dans ses fils, et au jour de sa prière, il sera exaucé. 7Celui qui honore son père vivra d’une longue vie ; et celui qui obéit à son père fera la consolation de sa mère. 8Celui qui craint le Seigneur honore son père et sa mère, et il servira comme ses maîtres ceux qui lui ont donné le jour. 9En œuvres, en paroles et en toute patience, honore ton père, 10Afin que vienne de lui sur toi la bénédiction, et que sa bénédiction y demeure jusqu’au dernier jour. 11La bénédiction du père affermit les maisons des fils ; et la malédiction de la mère les renverse jusqu’aux fondements.
Sir. 3,11 : Voir Genèse, 27, 27 ; 49, 4. ― La bénédiction du père affermit la maison, etc. « Curieuse différence entre le père et la mère ! Comme la tendresse maternelle est toujours prête à bénir l’enfant, quel qu’il soit, Dieu n’a pas voulu attacher la prospérité à toutes les bénédictions de la mère : il l’a réservée aux prières du père, dont l’amour est plus juste et plus éclairé ; mais il n’a pas craint d’attacher la ruine à la malédiction maternelle, bien sûr que l’enfant qui force sa mère à le maudire mérite de périr misérablement. » (SAINT-MARC GIRARDIN.)
12Ne te glorifie pas de l’ignominie de ton père ; car ce n’est pas pour toi une gloire que sa confusion ; 13Car la gloire d’un homme vient de l’honneur de son père ; et c’est le déshonneur d’un fils qu’un père sans honneur. 14Mon fils, soutiens la vieillesse de ton père, et ne le centriste pas durant sa vie ; 15Et si son esprit lui fait défaut, supporte-le et ne le méprise pas dans ta force ; car ta charité envers ton père ne sera pas en oubli. 16Car pour avoir supporté les défauts de ta mère, il te sera donné une récompense, 17Et dans la justice te sera bâtie une maison, et au jour de la tribulation on se souviendra de toi, et, comme la glace en un jour serein, tes péchés se fondront.
Sir. 3,17 : Dans la justice ; selon d’autres, à cause de ta justice. ― Il te sera bâti une maison. Dans le style de l’Ecriture, bâtir une maison à quelqu’un, signifie proprement lui donner des enfants, une famille nombreuse. Comparer à Exode, 1, 21 ; Deutéronome, 25, 9 ; Ruth, 4, 11 ; 1 Rois, 2, 35. ― On se souviendra de toi ; c’est-à-dire Dieu se souviendra.
18Quelle mauvaise réputation a celui qui abandonne son père ! et il est maudit de Dieu, celui qui exaspère sa mère. 19Mon fils, accomplis tes œuvres avec douceur, et tu seras encore plus aimé que glorifié par les hommes.
Sir. 3,19 : Tu seras encore, etc. ; littéralement au-dessus de la gloire des hommes tu seras aimé ; tu t’attireras l’estime des hommes, mais surtout leur amour.
20Plus tu es grand, plus humilie-toi en toutes choses, et devant Dieu tu trouveras grâce :
Sir. 3,20 : Voir Philippiens, 2, 3.
21Parce que la grande puissance appartient à Dieu seul ; et c’est par les humbles qu’il est honoré. 22Les choses qui sont au-dessus de toi, ne les cherche pas, et celles qui sont au-dessus de tes forces, ne les scrute pas ; mais celles que Dieu t’a commandées, penses-y toujours ; et dans plusieurs de ses ouvrages ne sois pas curieux.
Sir. 3,22 : Voir Proverbes, 25, 27.
23Car il ne t’est pas nécessaire de voir de tes yeux ce qui est caché. 24Dans les choses inutiles, garde-toi de scruter nombre de fois ; et dans plusieurs de ses ouvrages tu ne seras pas curieux.
Sir. 3,24 : De ses ; c’est-à-dire de Dieu, nommé au verset 22.
25Car un très grand nombre de choses au-dessus du sens des hommes ont été découvertes pour toi. 26Leurs conjectures aussi en ont séduit beaucoup, et leur sens les a retenus dans la vanité. 27Le cœur dur sera malheureux à la fin ; et celui qui aime le péril y périra. 28Le cœur qui marche dans deux voies n’aura pas de succès : et le pervers de cœur y trouvera une pierre d’achoppement. 29Le cœur méchant sera accablé de douleurs, et le pécheur recommencera a pécher.
Sir. 3,29 : Recommencera à pécher ; ou bien péchera encore, de nouveau. Comparer à ce qui a été dit à la fin des Observations préliminaires des Psaumes sur les verbes mis pour des adverbes.
30L’assemblée des superbes sera sans guérison ; car la tige du péché s’enracinera en eux ; et ils ne s’en apercevront pas. 31Le cœur du sage se fait comprendre par sa sagesse, et l’oreille bonne écoutera la sagesse avec la plus vive ardeur.
Sir. 3,31 : L’oreille bonne ; pour l’oreille de l’homme de bien.
32Le cœur sage et intelligent s’abstiendra du péché, et dans les œuvres de justice il aura des succès. 33L’eau éteint un feu ardent ; et l’aumône résiste au péché ;
Sir. 3,33 : Voir Daniel, 4, 24.
34Car Dieu considère celui qui fait du bien ; il s’en souvient dans la suite, et au temps de sa chute, celui-ci trouvera un appui.
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